PRELVDES
DE L'HARMONIE
VNIVERSELLE,
QVESTIONS CVRIEVSES.
aux A&longs;trologues, aux Medecins
& aux Philo&longs;ophes.
Chez HENRY GVENON, ruë S. Iacques,
prés les Iacobins, à l'image S. Bernard.
MONSIEVR
DE BOVRGES
CONSEILLER DV ROY,
& Thre&longs;orier Payeur de Me&longs;
&longs;ieurs les Thre&longs;oriers de Fran
ce à Orleans.
ce Traité auec contentement, puis qu'il
contient le principe des plai&longs;irs les
plus purs, & les plus innocens de ce
monde, & qu'il e&longs;t capable de de&longs;abu
&longs;er tous ceux qui s'imaginent que l'on
connoi&longs;&longs;ance que l'on a de la
& des a&longs;pects des planettes, & des
e&longs;toilles. Vous y trouuerez &longs;embla
blement plu&longs;ieurs cho&longs;es qui
tiennent
vous faites vn e&longs;tat particulier, car la
neu&longs;iéme
pour examiner les plus &longs;çauans Analy
&longs;tes, qui &longs;e vantent de pouuoir re &longs;oudre
toutes &longs;ortes de proble &longs;mes numeri
ques, & vous donnera &longs;uiet de leur
demander vn nombre, dont les parties
aliquotes e&longs;tant a&longs;&longs;emblees fa&longs;&longs;ent le
triple, & le quadruple ou vn autre
nombre qui &longs;oit en rai&longs;on donnée auec
le nombre, dont elles &longs;ont parties ali
quotes; & de &longs;çauoir s'il y a vn autre
nombre que
dites fa&longs;&longs;ent le double, & par quelle
regle, ou par quelleanaly&longs;e
uer tant de nombres &longs;emblables que
l'on voudra. Il e&longs;t certain qu'il y a des
&longs;ent les plus
les a trouués; & que leur e&longs;tandüe
e&longs;t &longs;i va&longs;te, qu'elle arre&longs;te & &longs;urpa&longs;
&longs;e l'entendement des hommes, lequel
neantmoins en peut v&longs;er pour e&longs;tablir
vne nouuelle Philo&longs;ophie. En effet la
pureté des nombres e&longs;t tre&longs;-propre pour
ce &longs;uiet, car elle n'e&longs;t nullement me&longs;lée
auec la matiere, & con&longs;i&longs;te dans vne
&longs;implicité, & dans vne ab&longs;traction
beaucoup plus grande que celle de la
Geometrie qui &longs;uppo&longs;e des poinsts, des
lignes, des &longs;urfaces, & des corps, c'e&longs;t
à dire trois e&longs;peces de dimen&longs;ions. Mais
le nombre est &longs;i pur & &longs;i &longs;imple que &longs;on
principe &longs;e trouue me&longs;me en Dieu, le
quel'est vn, & qui est accompagné
du &longs;acré Ternaire des trois Per&longs;onnes
diuines. Et peut-e&longs;tre qu'il &longs;eroit ay&longs;é
de comparer chaque cho&longs;e à chaque
nombre, &longs;i l'on connoi&longs;&longs;oit la nature
de tous les indiuidus; ce qui &longs;eruiroit
roit oublier, à rai&longs;on du bel ordre que
l'on garderoit dans les rai&longs;onnemens,
dans les conclu&longs;ions & dans les demon
&longs;trations. C'est, MONSIEVR,
ce que vous pouuez con&longs;iderer auec
plai&longs;ir, &longs;i vous en voulez prendre la
peine, laquelle vous &longs;era d'autant
plus agreable, que vous trouuerez vne
plus grande multitude de &longs;pecula
tions tre&longs; rares, & neantmoins tres
fecondes dans l'infinité de l'Algebre,
& dans les aby&longs;mes tres profonds des
nombres. Ie vous offre cependants les
Preludes de la &longs;cience, qui &longs;e &longs;ert des
nombres, comme de tres &longs;olides fonde
mens, &longs;ur le&longs;quels elle e&longs;tablit &longs;es prin
cipes, & dont elle v&longs;e perpetuellement
dans &longs;a maniere de rai&longs;onner, & de
conclurre, af&longs;in que &longs;on harmonie &longs;e
ioigne à celle de vo&longs;tre e &longs;prit, & vous
fa&longs;&longs;e re&longs;&longs;ouuenir de la Vocale, dans la
quelle vous reu&longs;&longs;i&longs;&longs;ez &longs;i he ureu&longs;ement
& de faire entendre vos compo&longs;itions
&longs;ur leurs orgues quand il vous plai&longs;t
de les leur donner. Ce qui fait que i'o
&longs;e me promettre que la lecture de ce li
ure ne vous &longs;era pas de&longs;agreable,
puis que vous prenez tant de plai&longs;ir
à la &longs;cience, qui donne le nom aux plus
belles cho&longs;es, & qui a &longs;erui d'idee à
Pythagore, & à Platon, lors qu'ils
ont voulu e&longs;tablir leur Philo&longs;ophie.
Vous verrez quand il plaira à Dieu, la
piece entiere, qui contiendra peut e&longs;tre
quelqu'vne de vos compo&longs;itions, & la
pre&longs;entera à toute l'Europe, & qui
me &longs;eruira de caution & d'argument
pour demon&longs;trer que i'ay eu rai&longs;on de
vous deder ces Preludes, & de me
dire,
MONSIEVR,
Vo&longs;tre tres humble & tres
affectionné &longs;eruiteur.
F.M.Mer&longs;ene M.
I'Ay donné le nom de Preludes
à ce Liure, parce qu'il a qua&longs;i le
me&longs;me rapport aux traitez de
toutes les autres parties de la Mu
&longs;ique, que ie donneray bien to&longs;t
auec l'ay de de Dieu, que les Pre
ludes du Luth, de l'Orgue, ou des
autres In&longs;trumens ont auec les
differentes pieces, & compo&longs;i
tions qui &longs;uiuent apres. Et com
me ils plai&longs;ent dauantage à plu
&longs;ieurs que ce qui les &longs;uit, il &longs;e
pourra faire que ce Liure ag
greera dauantage à quelques vns,
que ceux qui parleront de ce qui
concerne les differentes parties
de l'harmonie. Quoy qu'il en &longs;oit,
l'on trouuera dans les vns & dans
les autres dequoy &longs;e contenter, &longs;i
& pour la me&longs;me rai&longs;on que ie les
donne. Mais il n'e&longs;t pas be&longs;oin
d'vne plus longue Preface, pui&longs;
que la Table des Que&longs;tions &longs;up
pleera à ce que l'on pourroit
adiouter.
de ce Liure.
I. Qu.
du ciel, on l'Horo&longs;cope d'vn
parfait
II. Que&longs;t.
de l'A&longs;trologie iudiciaire &longs;ont examinés dans
cinq propo&longs;itions.
III Que&longs;t.
l'A&longs;trologie iudiciaire comme vne fable: où
il e&longs;t mon&longs;tré fort amplement qu'elle ne peut
rien predire de probable de la nai&longs;&longs;ance des
hommes, & qu'elle n'a nul fondement a&longs;
&longs;euré.
IV. Que&longs;t.
du parfait Mu&longs;icien doit e&longs;tre &longs;anguin, phlig
matique, bilicux, ou melancholique pour pou
uoir chanter, ou compo&longs;er les plus beaux
airs qui &longs;oient poßibles.
V. Que&longs;t.
capacité d'vn parfait Mu&longs;icien.
VI. Que&longs;t.
doit e&longs;tre le iuge de la douceur des &longs;ons, &
l'entendement.
VII. Que&longs;t.
ou expedient d'v&longs;er du genre chromatic, & de
l'Enarmonic, ou &longs;i l'on doit &longs;e tenir au &longs;eul
Diatonic, & &longs;i l'on &longs;epeut reduire ces trois
genres en Pratique.
VIII. Que&longs;t.
faitement égales e&longs;tant tirées d'vn mouue
ment égal, u d'vne force égale &longs;e romproient,
& en quel lieu elles &longs;e romproient.
IX. Que&longs;t.
ont plu&longs;to&longs;t v&longs;é de Tetrachordes pour e&longs;ta
blir la Mu&longs;ique, que du Pentacherde, &c.
où l'on void plu&longs;ieurs belles remarques &longs;ur le
nombre de
15.
X. Que&longs;t.
les mœurs, comme dit Ari&longs;tote, & pourquoy
ils &longs;ont plus propre à exciter les pa&longs;sions, que
les couleurs, les &longs;aucurs &c.
XI. Que&longs;t.
compo&longs;er les chan&longs;ons pour e&longs;tre les plus excel
lentes de toutes les po&longs;sibles.
Mais il fout remarquer que cette Que
&longs;tion a e&longs;té tronquée, & que nous la
donnerons toute entiere dans le Liure
des beaux chants. S'il ya quelque cho-
lierement que l'on donne le temps des
trois natiuitez, qui &longs;ont
Que&longs;tion, & de determiner &longs;i elles &longs;ont
de&longs;ia pa&longs;&longs;ées, ouquand elles arriueront:
&c' e&longs;t vn excellent proble&longs;me que ie
propo&longs;e à tous les A&longs;tronomes, &
A&longs;trologues du monde.
NOvs auons veu & approuué les traitez
&longs;uiuans du R. P. M. Mer&longs;enne Reli
gieux de no&longs;tre Ordre, à &longs;çauoir
Thcologiques, Phy&longs;iques, & tradution des Mecbani
ques de Galilée, & les Preludes de l'Harmonie& n'y auons rien trouué qui ne &longs;oit conforme
à la vraye Theologie, & aux bonnes mœurs.
En foy dequoy nous auons icy mis nos &longs;eings
Fait en no&longs;tre Conuent de la place Royalle
ce 20. Iuin 1634.
F. FRANÇOIS DE LA NOÜE Minime.
E. MARTIN HERISSE Minime.
Preludes
Page 14 li&longs;ez rai&longs;on.
p.
33 li&longs;e z eu&longs;t & non il
fu&longs;t p. 98. l. 18 o&longs;tez
70 l 9 li&longs;ez Almu
ten. p.
71 l 1. au lieu
84 l.
penultie&longs;me on a obmis 86. l. 8.
li&longs;. 107. l. 3. dans
197. l.
14.
Le lecteur iudicieux peut coriger tout le re&longs;te
PAr lettres du Rov donnees à Paris
le mois d'Aou&longs;t de l'année 1634.
&longs;ignees Perrochel, & &longs;eellees du grand
&longs;ceau de cire iaune, il e&longs;t permis au
P. M. Mer&longs;enne Religieux Minime
de faire imprimer par tel Libraire que
bon luy &longs;emblera
Philo&longs;ophie, de Theologie, & de Mathema
tique. Et deffences &longs;ont faites à toutes
per&longs;onnes de quelque qualité qu'ils
&longs;oient de les faire imprimer, vendre &
di&longs;tribuer pendantle temps de &longs;ix ans à
compter du iour que le&longs;dits liures &longs;e
ront acheuez d'imprimer, comme il
e&longs;t plus amplement porté dans les let
tres dudit Priuilege.
Et ledit P. M.
Mer&longs;enne à con&longs;enty & con
&longs;ent que Henry Guenon ioüi&longs;&longs;e dudit Pri
uilege, comme il e&longs;t plus amplement decla
ré par l'accord fait entr'eux.
DE
L'HARMONIE
l'horo&longs;cope d'vn parfait Mu&longs;icien.
PLVSIEVRS e&longs;timent que
l'on peut predire ce qui doit
arriuer aux hommes par la
connoi&longs;&longs;ance des A&longs;tres: par
ce qu'ils di&longs;ent que les differentes con
&longs;titutions de nos corps, & de nos tem
peramens dependent des planettes, &
des e&longs;toiles qui &longs;e rencontrent à nos
nai&longs;&longs;ances. Or ie veux icy examiner ce
que l'on peut dire de la nai&longs;&longs;ance d'vn
parfaict Mu&longs;icien, qui &longs;oit capable de
de per&longs;onnes &longs;elon les plus excellentes
regles de l'A&longs;trologie. C'e&longs;t pourquoy
ie mets icy la Natiuité que les plus &longs;ça
uans A&longs;trologues de ce &longs;iecle ont iu
gée capable de nous donner vn parfait
Mu&longs;icien. Et puis i'examineray les fon
demens, & les regles de l'A&longs;trologie.
tion du corps du plus excellent Mu
&longs;icien qui pui&longs;&longs;e e&longs;tre.
IL faut
cette figure, que les malefiques ne
&longs;ur les luminaires, ou &longs;ur les autres pla
nettes, & qu'ils ne &longs;e trounent point
dans les angles. Secondement, que
les &longs;ignificateurs de la vie &longs;ont exempts
de leurs mauuais rayons: En troi&longs;ie&longs;me
lieu, que l'a&longs;cendant rend le Mu&longs;icien
fortuné, car il e&longs;t ioint à la Lune, qui e&longs;t
heureu&longs;e en la premiere mai&longs;on, & qui
reçoit le Soleil d'vn quadrat ioint à
vn temperament chaud, & humide,
qui e&longs;t le meilleur, & le plus viuifiant
de tous, dont dépend le teint excellent
du vi&longs;age, & des autres parties du corps
mélées de blanc, & de rouge: A quoy
ils adiou&longs;tent qu'il ne faut pas craindre
que &longs;a vie &longs;uruiue à &longs;a gloire; & qu'elle
&longs;era &longs;uiuie d'vn honneur eternel, dau
tant qu'il appliquera &longs;a Mu&longs;ique à
neur
&longs;eule nous acquiert vn
tel, & vne gloire immen&longs;e dans le Ciel.
Et &longs;i quelqu'vn obiecte que le Soleil
vient au quadrat de
e&longs;t oppo&longs;ee vers la &longs;ixie&longs;me année de
&longs;on âge: Que le Soleil
par l'opo&longs;ition de Il e&longs;t facile de
pondre
cheutes, & ruptures de membres, car
ils &longs;ont empe&longs;chez & &longs;urmontez par la
rencontre de
til de
attendre que le Soleil, ou l'a&longs;cendant
mettent plus de
Deplus
ne rare prudence, pieté, & iu&longs;tice pour
re&longs;i&longs;ter à tous ces mouuemens, & ne
peut y auoir aucune con&longs;tellation &longs;i
heureu&longs;e, dans laquelle il ne &longs;e pui&longs;&longs;e
rencontrer quelque
ayant voulu
no&longs;tre
& pour &longs;a plus grande gloire.
de l'excellence du me&longs;me Mu&longs;icien.
DEs l'entrée de cette natiuité on
voit que
ioints en&longs;emble luy promettent vne
grande inclination à la Mu&longs;ique, & à
&longs;ont particulierement &longs;ignifiées par la
conionction de
la
la conionction de
au trin partil de
tous le rendront courtois, gay, affable,
& d'vn vi&longs;age &longs;erein, & ouuert à tout
le monde, & particulierement grand
amateur de la verité, & de la Religion
Catholique; car
donnent vne particuliere inclination à
la pieté, & la me&longs;me étoile le rend apte
à coniecturer, & à preuoir: Car cette
aptitude vient de
&longs;a nature: Il &longs;era au&longs;&longs;i fort éloquent &
di&longs;ert, & aura vne merueilleu&longs;e facilité
pour inuenter, à cau&longs;e du &longs;extil de
les &longs;ignes mobiles donnent l'inuention,
qui nai&longs;t de la promptitude de l'e&longs;prit.
Il aura vne
dre les &longs;ciences,
ioints partilement &longs;ur le point du mi
lieu du Ciel, & &longs;ont auec les e&longs;toiles
des pieds des Gemeaux, qui donnent
de nouuelles inuentions pour tout ce
que l'on entreprend, comme l'on voin
& des autres.
En fin, &longs;a memoire &longs;era grandement
heureu&longs;e, & a&longs;&longs;eurée, à cau&longs;e du trin
partil de
&longs;es dignitez, & auec l'étoile lumineu&longs;e
d'Aquarius. L'étoile vendangeu&longs;e, &
le bouuier en l'a&longs;cendant, dont la pre
miere e&longs;t de la nature de
& &longs;a memoire: Et le
le rendront &longs;tudieux, parce qu'il e&longs;t au
quadrat reçeu de la
mai&longs;tre&longs;&longs;e de la neufie&longs;me, & en la pre
miere mai&longs;on, &
la troi&longs;ie&longs;me en vn &longs;igne mobile, en a&longs;
pect partil du &longs;eigneur de la geniture,
& autrin de la fortune, il fera plu&longs;ieurs
voyages, beaucoup de dépence pour
conuer&longs;er auec les plus excellents Mu
&longs;iciens qu'il pourra rencontrer, & n'ou
bliera rien de tout ce qui peut rendre la
Mu&longs;ique recommandable parmi les
hommes.
rance, & vne diligence nompareille
pour la lecture de tous les anciens, qui
ontécrit de la Mu&longs;ique, afin d'enrichir,
voix &longs;era &longs;i douce, &longs;i roulante, &longs;i accor
dante & &longs;i agreable, qu'il rauira les e&longs;
prits auec &longs;es chan&longs;ons; car il la rendra
aiguë, quand il voudra par le &longs;extil de
par
la Ba&longs;&longs;e, la Taille, & le De&longs;&longs;us quand il
luy plaira.
airs propres pour exciter à la guerre, &
pour repre&longs;enter le cliquetis des armes,
& les fanfares de la trompette: le trin
de
les cho&longs;es langui&longs;&longs;antes, & funebres, &
pour &longs;ai&longs;ir les cœurs des auditeurs d'v
ne grande tri&longs;te&longs;&longs;e, qu'il pourra telle
ment amolir, que leur plus violante fu
reur, & leur plus ardente colere &longs;era
changée dans les tendres élans d'vne
douce pitié.
Il &longs;era &longs;çauant en toutes les parties de
Mathematique, qui &longs;eruiront pour en
richir la Mu&longs;ique, & fera des vers fort
excellents, qui n'auront rien de l'a&longs;cif,
& qui &longs;eront remplis de pieté: Car la Il
aura vn grand credit parmi toutes &longs;or-
l'épi de la
luy acquiereront l'amitié & la faueut
des Princes, à cau&longs;e du Soleil; des Pre
lats, à cau&longs;e de
&longs;e de la Lune: Il &longs;era riche, & pui&longs;&longs;ant
en benefices, & en dignitez Eccle&longs;ia
&longs;tiques, qu'il
il &longs;era connu des Rois, dautant que
le
belle étoile, & au quadrat receu de la
Lune.
Et parce qu'il e&longs;t hors de &longs;es dignitez,
&
de &longs;on païs, & &longs;era honoré des &longs;iens,
dautant que
voller &longs;a gloire par tout le monde:
auec fomahand, qui &longs;ignifie l'immorta
lité du nom, fera durer &longs;a memoire, &
la fera pa&longs;&longs;er à la po&longs;terité, & &longs;es écrits,
& compo&longs;itions &longs;eront dignes d'e&longs;tre
grauées dans le marbre, ou dans le ce
dre, & lai&longs;&longs;eront vn regret à tous les
Mu&longs;iciens de ne pouuoir faire mieux,
& vn de&longs;e&longs;poir de le pouuoir imiter.
Par con&longs;equent ce Mu&longs;icien aura les
trois cho&longs;es qu'vn ancien de&longs;iroit
pour deuenir &longs;çauant, à &longs;çauoir
qui l'auront deuancé, & tous ceux qui
viendront apres luy.
Or parce qu'il n'y a per&longs;onne pour
grand, & pour excellent per&longs;onnage
qu'il pui&longs;&longs;e e&longs;tre, qui ne &longs;oit &longs;ujet à l'en
uie des
&longs;i quelqu'vn luy reproche qu'il e&longs;t en
clin aux &longs;ales voluptez, à rai&longs;on des a&longs;
pects partils de Ie répons
qu'encore que chacun ait &longs;es imperfe
ctions, & qu'il n'y ait per&longs;onne qui &longs;oit
parfaitement heureux pendant que
nous viuons icy: Neantmoins il pour
ra facilement re&longs;i&longs;ter à cette
à cau&longs;e de
fortifient, & qui luy
de prudence, pieté, & iu&longs;tice.
Voila ce qu'on peut dire de cette na
tiuité
tiquée, ou qui &longs;e pratique maintenant:
d'où l'on peut tirer beaucoup d'autres
iugemens, & conclu&longs;ions: Carie me
&longs;uis contenté de marquer tout ce qui
s'y voit de principal pour rendre vn
homme parfaitement &longs;çauant en Mu
&longs;ique,
precedente.
L'On trouue premierement que ce
luy qui nai&longs;troit &longs;ouz cette figure
cele&longs;te, ne &longs;eroit pas de longue vie, &
qu'il mourroit de mort violante, car la
Lune e&longs;t en l'oppo&longs;é de
puis qu'elle s'y peutioindre dans l'e&longs;pa
ce de 24. heures, & que le Soleil e&longs;t
proche de la te&longs;te d'Hercule, qui e&longs;t
d'vne nature violente: D'abondant,
Mars e&longs;t logé dans la huictie&longs;me, dans
laquelle il &longs;ignifie le genre de mort,
quant l'oppo&longs;é de
ble&longs;&longs;era la Lune, ou l'a&longs;cendant, dont
l'vn vient plu&longs;to&longs;t que l'autre. Et bien
que
ne &longs;uccede pas à ce rayon malefique, &
c'e&longs;t &longs;e promettre le retour du iour pa&longs;
&longs;é que
pa&longs;&longs;ée de neuf ans, pour en empe&longs;cher
vne qui la &longs;uit: Quant au trine de Ve
nus, qui l'accompagne, elle ne le peut
empe&longs;cher:
qu'vne force accidentelle, bien qu'elle
n'e&longs;t pas &longs;i pui&longs;&longs;ante que
mai&longs;on.
Or ce Mu&longs;icien n'auroit pas entiere
ment &longs;on temperament chaud & hu
mide; car le &longs;igne qui monte e&longs;t celuy
qui donne la meilleure condition au
temperament, lors qu'il e&longs;t &longs;ans planet
tes: Quand il s'y en trouue quelqu'vn
elle communique &longs;a nature, de manie
re que le &longs;igne a&longs;cendant de cette nati
uité e&longs;tant froid & &longs;ec, e&longs;t icy nommé
la ba&longs;e du temperament, qui &longs;emble
corriger &longs;on &longs;ignificateur e&longs;tant ioint à
vn planette chaud & humide dans vn
&longs;igne de &longs;emblable nature: ce qui n'y
apporte pas neantmoins grande cho&longs;e,
car il e&longs;t en l'a&longs;pect &longs;extil de
& &longs;ec, & au &longs;igne de me&longs;me qualité, &
e&longs;t trin de Saturne retrograde, qui e&longs;t
froid & &longs;ec, & qui diminuë l'humide
pour augmenter la &longs;eichere&longs;&longs;e; ioint
que la Lune, qui gouuerne les humeurs
e&longs;tant ble&longs;&longs;ée par
ment &longs;a temperature.
Quant à la profe&longs;&longs;ion du Mu&longs;icien,
milieu du Ciel) de la vacation,
&longs;ignificatrice du cœur du Ciel, par con
&longs;equent elle n'e&longs;t pas la principale di&longs;
po&longs;itrice de la vacation, & ne la peut
e&longs;tre qu'en tant qu elle e&longs;t en la ligne
meridionale. Or
le &longs;igne qui occupe cet e&longs;pace, e&longs;t &longs;on
domicile: &longs;çauoir s'il prend la nature
de
&longs;eulement la &longs;ienne, c'e&longs;t la difficulté.
Toutefois cela ne peut re&longs;oudre le dou
te: par exemple, il y a deux per&longs;onnes
qui ont
aux poi&longs;&longs;ons en
&longs;eiller, & ayme grandement la poë&longs;ie,
& &longs;ur tout la Latine mais il n'ay me nul
lement la Mu&longs;ique: l'autre a cette con
jonction dans le 20. degré de
gentil-homme de bon e&longs;prit, mais &longs;ans
lettres, & ne &longs;çait point la Mu&longs;ique, par
con&longs;equant il faut dire, quoy que
le plus fort, ou le plus foible, qu'il ne
fait pas tou&longs;iours des Mu&longs;iciens, ny
auec luy, & qu'il e&longs;t be&longs;oin d'autres
&longs;tellationsOr le &longs;extil de Mars e&longs;t logé
en la huictie&longs;me, & le trin de
grade, quile feroient plu&longs;to&longs;t A&longs;trolo-
En fin la te&longs;te, & la queuë du Dragon
ne
con&longs;equent elle e&longs;t imparfaite.
mation du me&longs;me Horo&longs;cope.
LA premiere partie de l'objection
con&longs;i&longs;te en ce que la Lune e&longs;t en
l'oppo&longs;é de
on peut répondre que la Lune n'ay ant
que douze degrez & demy d'orbe, &
de l'autre de 13. degrez, & demy, il ne
&longs;e peut faire qu'il y ait a&longs;pect: &longs;i l'on ne
vouloit par vne nouuelle A&longs;trologie
o&longs;ter aux a&longs;tres la proprieté des cau&longs;es
&longs;econdes à &longs;çauoir d'e&longs;tre bornez d'vne
certaine &longs;phere d'actiuité, outre laquel
le ils n'agi&longs;&longs;ent plus, & qu'on di&longs;t que
leur force e&longs;t infinie, ou qu'il faille pour
leur
&longs;e ioindre en 24. heures: ce qui n'a ia
mais e&longs;té allegué, ny experimenté par
aucun autheur digne de foy mais pour
quoy plu&longs;to&longs;t en 24. heures, qu'en dou-
nombre: E&longs;t-ce de me&longs;me pour toutes
les autres, comme pour
De plus, encore qu'ils fu&longs;&longs;ent entre
lacez, ou mélez en leur orbe, comme
par exemple, la Lune au vingt-vnie&longs;me
de
entre deux: par exemple, au vingt
deuxie&longs;me de
d'a&longs;pect entre
Peucer, Leonitius, Schonner, Magin
& tous les autres, quand ils parlent de
l'empe&longs;chement, ou prohibition de lu
miere, dont la mai&longs;on e&longs;t euidente, &
facile à deduire. Par
pas en l'oppo&longs;é de
mort
cule n'en peut e&longs;tre cau&longs;e e&longs;tant &longs;eule,
mais
voleurs, ou autres fort legers, qui &longs;ont
tous adoucis, ou o&longs;tez
la Il faut di
re la me&longs;me cho&longs;e de
me; car les malefiques doiuent e&longs;tre
dans les angles, ou bien les luminaires
doinent e&longs;tre ble&longs;&longs;ez par eux. A quoy
on peut adioufter que les morts violen
tes ne &longs;e font qu'aux &longs;ignes de
& que les planettes ne menacent point
de mort en leur mai&longs;on quand ils &longs;ont
empe&longs;chez le moins du monde; à quoy
l'on ne &longs;çauroit contredire, puis que
l'experience en e&longs;t confirmée par Pto
lomée, & par tous les autheurs de la Iu
diciaire: Par
aller à l'encontre des lieux &longs;uccedents,
comme quand
ction: ce que l'on peut voir dans Ptolo
mée, au traitté des directions Apheti
ques: Autrement on ne &longs;çauroit dire
pourquoy l'on ne meurt pas d'vne ma
ladie, ou d'vn autre accident.
Secondement le
cher cet accident, puis qu'elle n'e&longs;t pas
e&longs;trangere en
&longs;ieurs dignitez, & le
que celuy de
nature des a&longs;tres, au&longs;quels il &longs;e ioint:
Or vne force doublée e&longs;t plus grande
qu'vne &longs;imple, comme celle de
d'vn angle,
uée par de&longs;&longs;us
au liure 3. texte 10. du Quadupartit.
La &longs;econde partie de l'objection trai-
pond qu'il ne faut pas iuger du tempe
rament par le &longs;igne qui e&longs;t à
encore qu'il n'ait qu'vn degré, dautant
que les &longs;ignes n
me&longs;mes: Quant à la Lune, elle n'e&longs;t
point empe&longs;chée de
te: D'auantage, il faut remarquer que
nocturne, & dans l'Aquarius.
De plus, il faut con&longs;iderer le
Lune auec &longs;es a&longs;pects, & &longs;es e&longs;toiles;
Et pour bien iuger du temperament, il
faut &longs;çauoir l'aplication des cinquante
deux combinations, toutes par degrez
des quatre premieres qualitez, &longs;uiuant
l'opinion de Ptolomée, & de Cardan.
Quant à la profe&longs;&longs;ion du Mu&longs;icien,
il n'y faut pas mettre
il ne faut pas douter que
qualité de
&
peut voir la nature
té de la nature des planettes.
De plus,
&longs;ion, parce qu'elle e&longs;t en la ligne meri
dienne; mais &longs;eulement à cau&longs;e qu'elle
Or la con&longs;equence de l'objection tirée
de cette natiuité, dans laquelle on voit
les deux con
nulle: car elle e&longs;t tirée de deux propo
&longs;itions particulieres, differentes, & &longs;e
parées: A quoy
les ne &longs;ont pas partiles, ny dans les II,
ny dans le milieu du Ciel, ny dans la
partie Orientale.
Il faut re&longs;pondre à la troi&longs;ie&longs;me par
tie de l'obiection, que la te&longs;te & la
queuë du Dragon &longs;ont comme les ze
ro en chifre, qui ne font qu'augmen
ter la valeur des autres planettes, ou
la diminuer bien peu: Car l'on ne &longs;çau
roit montrer dans aucune Natiuité
depuis la creation du monde iu&longs;ques à
pre&longs;ent, qu'elles ayent fait quelque
cho&longs;e, quand elles ont e&longs;té toutes &longs;eu
les: Et neantmoins qui voudroit ren
contrer le temps de cette con&longs;titution
cele&longs;te, il &longs;eroit contrainct, apres auoir
trouué tout le re&longs;te, de
ou de trois mil ans pour la queuë & la
te&longs;te du Dragon.
tres-parfaict Mu&longs;icien.
LA premiere cho&longs;e qu'il faut con&longs;i
derer
tes les planettes &longs;ont &longs;ur terre, & dire
ctes, & les benefiques aux angles auec
des e&longs;toiles fixes, à &longs;çauoir
l'épy de la
auec vne nouuelle e&longs;toile de la premie
re grandeur, qui e&longs;t de la nature de
& de
du me&longs;me Serpentaire: Car nous la
pouuons au&longs;&longs;i bien &longs;uppo&longs;er que tout le
re&longs;te. Or cette con&longs;titution cele&longs;te
promet vn tres -excellent Mu&longs;icien
d'inclination, de profe&longs;&longs;ion, & d'in&longs;ti
tution, de maniere qu'il n'en nâquit
iamais vn
ou en excellence d'e&longs;prit, ny qui eu&longs;t
ceur en &longs;a conuer&longs;ation, car il &longs;eroit
remply de toutes &longs;ortes de vertus.
Or auant que de faire le iugement de
cette con&longs;titution cele&longs;te, il faut re
marquer qu'elle e&longs;t dre&longs;&longs;ee &longs;uiuant l'o
pinion de Stadius: Et bien que Gauric
die que quand tous les planettes &longs;ont
&longs;ur la terre, que la vie n'e&longs;t pas longue,
neantmoins Garceus, & Iunctin rapor
tent vn grand nombre de Natiuitez, où
tous les planettes &longs;ont &longs;ur la terre,
pour des per&longs;onnes qui ont ve&longs;cu long
temps; & remarquent que ceux qui les
ont ain&longs;i placés, ont quelque cho&longs;e de
tres-excellent par de&longs;&longs;us le commun.
Le Sagitaire e&longs;t en l'a&longs;cendant, qui
donneroit vn temperament chaud &
&longs;ec, s'il montoit tout &longs;eul e&longs;tant de la
mide, & la
pere
aydez des &longs;extils de
dans vn &longs;igne aërien, & l'étoile nouuel
le a&longs;cendante, qui e&longs;t de la nature de
chaud & humide, & par con&longs;equent
&longs;anguin, qui e&longs;t le plus parfait de tous
les temperaments. L'étoile nouuelle
e&longs;t au Sagitaire, prés du lieu où telles
étoiles paroi&longs;&longs;ent, à &longs;çauoir dans la voie
laitée: car celle de la Ca&longs;&longs;iopée, & du
Croi&longs;et, & celle qui parut en 1604. &longs;e
voient en cette ceinture, & ne s'aper
çoiuent en nulle autre partie du Ciel
qu'en celle cy, qui e&longs;t comme le Zo
diaque des Cometes. Elle e&longs;t en
dant
plus grande &longs;ignification, dautant que
les étoiles fixes &longs;ans les planetes, &
hors des angles ne produi&longs;ent pas de
grands effets.
Et neantmoins s'il fu&longs;t né quel qu'vn,
quand l'étoile nouuelle parut dans la
Ca&longs;&longs;iopée, il n'eu&longs;t pas e&longs;té Mu&longs;icien,
dautant que les autres rencontres qui
&longs;ont en cetheme, &longs;ont nece&longs;&longs;aires, dans
mi&longs;e pour &longs;ignifier vn Mu&longs;icien, mais
pour le &longs;ignifier incomparable, &longs;uppo&longs;é
qu'il le fu&longs;t, & pour faire que &longs;es com
po&longs;itions durent beaucoup de &longs;iecles:
Car les étoiles nouuelles bien placées
produi&longs;ent d'admirables effets: C'e&longs;t
pour vne &longs;emblable rai&longs;on que Cardan
voulant imaginer vne figure cele&longs;te
pour la nai&longs;&longs;ance de no&longs;tre Sauueur,
met l'étoile aparuë aux Mages en l'a&longs;
cendant, quoy que mal à propos, puis
qu'il fait monter la Balance.
Or
ment le premier né d'entre les freres, &
donne la grandeur & la beauté: à quoy
&longs;ert au&longs;&longs;i le &longs;extil de
point orizontal: Car l'a&longs;pect prece
dent de quelque planette donne la fi
gure.
placée, & la
ble: à laquelle
maie&longs;té: & ain&longs;i mélez ils donnent la
bien veillance de chacun, de &longs;orte qu'il
ne re&longs;te rien à de&longs;irer: car tous les pla
nettes ayment Venus, excepté
il e&longs;t dans &longs;a pui&longs;&longs;ance, e&longs;tant logé dans
le Taureau, ioint qu'il a &longs;on exaltation
des planettes, excepté de
le Ciel coniointement auec
niere que
dent
Cette Natiuité promet au&longs;&longs;i les bon
nes mœurs: car Iupiter e&longs;t ioint à la Lu
ne, qui e&longs;t mere de la faculté naturelle,
& e&longs;t regardé de bon œil par
gnifie la faculté animale, quand il e&longs;t
bien placé auec la te&longs;te du Dragon.
L'épy de la Vierge, & Venus don
nent vn tres -bon e&longs;prit & tres -ver
tueux, & la debonnaireté, & probi
té, auec vne affection à la Religion, la
quelle e&longs;tant &longs;ignifiée par le Soleil en la
neufie&longs;me, & par
e&longs;tre la Chre&longs;tienne, &longs;uiuant les regles
des A&longs;trologues: Et parce que le
dans la mai&longs;on de Religion, ce Mu&longs;i
cien, dont nous parlons, en doit profe&longs;
&longs;er la pureté, & me&longs;me auoir des vi
&longs;ions, & des reuelations bien nettes.
Il doit encore e&longs;tre tres-heureux, car
Iupiter e&longs;tant en l'a&longs;cendant luy pro
met de grandes riche&longs;&longs;es, qui luy vien
dront de &longs;on art, & de &longs;on trauail. Ce
que confirment les a&longs;pects de
&longs;es riche&longs;&longs;es
& en beaux meubles, qu'en autres po&longs;
&longs;e&longs;&longs;ions.
Quant à &longs;on art,
les &longs;ignificateurs:
te, & la principale; car elle e&longs;t dame
du milieu du Ciel, & gouuerne entie
rement la mai&longs;on de la
que iointe à
Peintre, vn Poëte, vn Parfumeur, vn
Confiturier, & vn Mu&longs;icien: Neant
moins elle &longs;ignifie
fait Poëte, & vn parfait Mu&longs;icien, car
e&longs;tant iointe à l'épy de la
uant en l'angle du Midy, elle e&longs;t &longs;i no
ble qu'elle fait les arts Mechaniques,
&c. C'e&longs;t pourquoy elle ne peut faire
qu'vn Mu&longs;icien. A quoy contribuë la
queuë du Dragon, & les planettes en
gracieux, auecvne nouuelle étoile de la
nature de Venus qui y donne au&longs;&longs;i &longs;on
&longs;ecours: car elle e&longs;t iointe au cœur du
Scorpion. Or Garceus remarque que
&longs;iciens, qui &longs;ont particulierement &longs;i-
bien placée, & que tout le Ciel coniu
re à leur faueur, &longs;oit pour chanter, &longs;oit
pour compo&longs;er, & pour inuenter: car
Venus e&longs;tant logée
donne vne douceur de voix incompa
rable: Ce que confirme l'étoile nou
uelle en l'a&longs;cendent, qui e&longs;t de la natu
re de Venus par participation de Iupi
ter. C'e&longs;t pour quoi la plu&longs;part des
que fera ce Mu&longs;icien, &longs;eront doux, &
graues: Et l'on peut croire qu Orfée
deuoit auoir vne &longs;emblable Natiuité,
s'il e&longs;t vray ce qu'on rapporte de luy,
encore qu'vn tel Mu&longs;icien ne doiue vi
ure que cinquante &longs;ix ans, parce que
quand l'oppo&longs;é de
du Ciel, & au quarré de l'a&longs;cendant,
il le menace de mort.
Mu&longs;icien parfait.
CEtte figure a e&longs;té expre&longs;&longs;ément
di&longs;po&longs;ée en cette maniere pour
e&longs;tre forte en &longs;a &longs;ignification, & pour
éuiter les a&longs;pects parfaits, afin de les
mettre tous dans leurs aplications, ou
defluxions. Or &longs;i l'on de&longs;iroit plu&longs;to&longs;t le
chant actuel de la voix, que la &longs;cience
de bien chanter, Il faudro tmettre la
Lune au 3. du Belier, mais elle ne &longs;eroit
elle e&longs;t au 3. de la
y a des manquemens par tout: Carla
figure qui e&longs;t bonne pour vne cho&longs;e, e&longs;t
mauuai&longs;e pour l'autre. Quelques-vns
tiennent qu'il eu&longs;t fallu rendre Venus
plus pui&longs;&longs;ante que Mercure au milieu
du Ciel, & mettre la Lune dans vn &longs;i
gne plus Saturnien, & fixe pour faire
l'e&longs;prit de Mu&longs;icien plus contempla
tif.
Voila, à mon aduis, tout ce qui &longs;e
peut apporter de meilleur de la part des
A&longs;tres en faueur du parfait Mu&longs;icien:
Mais parce que ie fais profe&longs;&longs;ion de
bra&longs;&longs;er
ie me &longs;uis &longs;erui de la doctrine, & de l'o
pinion des plus excellents mai&longs;tres en
cet art, &longs;ans en dire mon &longs;entiment, ie
veux faire voir dans le di&longs;cours qui &longs;uit
le parti qu'il faut tenir, & ce qu'il faut
croire de ces Natiuitez, & de tous les
Horo&longs;copes qui &longs;e
auoir apporté ce qu'en croit la Sorbo
ne, dont l'on void l'Arre&longs;t, & la Cen
&longs;ure qui &longs;uit.
feßion de ceux quis'cmployent à faire des
Horo&longs;copes & Natiuitez, & croient
neantmoins que les A&longs;tres & influences
cele&longs;tes nous inclinent &longs;eulement, &longs;ans ap
porter aucune neceßité, e&longs;t bonne & licite,
ou bien me&longs;chante ou illicite.
NOVS &longs;oubs-&longs;ignez Docteurs en
Theologie de la faculté de Paris,
Apres auoir meurement con&longs;ideré cet
te que&longs;tion. Auons e&longs;té d'auis que la
dite profe&longs;&longs;ion e&longs;t du tout illicite &
nable
toleree en vne Republique. Car pre
mierement outre la vanité, incertitu
de, & faul&longs;eté d'icelle, que l'experien
ce journaliere nous apprend, elle e&longs;t
expre&longs;&longs;ément condamnée en l'E&longs;critu
re &longs;aincte, en Ieremie Chapitre 10.
&longs;ignis cœli nolite metuere, que timent gen
tes: quia leges populorum vanæ &longs;unt.
dement
&longs;e qui ne conuient qu'à Dieu &longs;eul: qui
hommes auant qu'ils arriuent, en I&longs;aie
Chap. 41.
futurum, & &longs;ciemus quod dij e&longs;tis vos.
&longs;ideré
mains dépendent d'or dinaire de la rai
&longs;on & liberté des hommes, laquelle,
comme en&longs;eignent tous les
e&longs;t de &longs;a
de&longs;&longs;us toutes &longs;ortes de cau&longs;es &longs;econdes,
me&longs;me les Cieux: n'e&longs;tant icelles faites
& crées que pour le &longs;eruice & v&longs;age de
l'homme.
minem, hominem vero propter &longs;e. De &longs;or
te que le&longs;dites, con&longs;tellations &
ces
force &longs;ur le&longs;dits euenemens qui depen
dent d'icelle liberté: & quand elles en
auroient (ce qui toutes fois e&longs;t tres
faux) il ne
logues les peu&longs;&longs;ent recognoi&longs;tre &
moins en porter des iugemens ou en
donner a&longs;&longs;eurance. C'a e&longs;té vn erreur
remarqué par les Peres anciens és Pri
cilliani&longs;tes, comme dit &longs;ainct Gregoire
en l'Homelie 10. &longs;ur les Euangiles, le&longs;
quels ayans tou&longs;iours e&longs;té tenus pour
heretiques, ceux qui font aujourd'huy
en me&longs;merang. A quoy nous
la Cen&longs;ure de no&longs;tre Faculté, donnée
à l'in&longs;tance de Me&longs;&longs;ieurs du Parlement
de Paris, contre vn nommé Mai&longs;tre Si
mon Phares, promeu à l'ordre de Dia
cre, qui &longs;e qualifioit Medecin & A&longs;tro
logue, les liures du quel furent
nellement
bru&longs;lez, en laquelle cen&longs;ure, &longs;e retrou
uent notamment ces mots.
gimus
qu'il y fallut employer beaucoup de
temps)
tentis di&longs;putaumus; po&longs;t multam tandem
variamque doctorum &longs;acrorum, & aliorum
doct orum, eorumdemque grauißimorum au
ctorum lectionem: po&longs;t multos labores, in
vnanimiter &longs;ententiam deuenimus, vt præ
dictam artem, nempe genethliacam, vt in his
& &longs;imilibus libris continetur (&longs;i modò artis
nomine digna e&longs;t) qua qui vtuntur, &longs;æpe
Mathematici, quandoque genethliaci, nouü
quam Chaldæi, interdum A&longs;trologi à &longs;cripto
ribus dicuntur: pror&longs;us vanam, imo nullam
e&longs;&longs;e nulla probabili ratione fulcitam, menda
cem, fallacißimam, &longs;uper&longs;titio&longs;am, diuini
ruptiuam, à Dæmone patre mendacij, humani
generis implacabili ho&longs;te, cui etiam vera di
centi a&longs;&longs;entire nefas &longs;it inuentam iudicaui
mus. Quam cum Diuino Iuri, Canonico at
que Ciuili &longs;ub grauißimarum pænarum
terminatione prohibitam à &longs;ummis Sacre
Theologiæ iuriumque humanorum doctori
bus & à maximis Philo&longs;ophis, efficacißimis
te&longs;timonijs improbatam, imo & quandoque
ab hoc collegio no&longs;tro damnatam viderimus.
Nos etiam ip&longs;i eorum ve&longs;tigia &longs;equuti, dam
nauimus atque damnamus, dicentes & do
ctrinaliter declarantes neminem
ab&longs;que mortalis peccati periculo ea arte vti
po&longs;&longs;e. Datum & actum in no&longs;tra congrega
tione generali, apud Sanctum Mathurinum,
Pari&longs;ius de mane, &longs;uper hoc &longs;pecialiter per iu
ramentum congregata, anno Domini
Sur laquelle cen&longs;ure ledit Mai&longs;tre
Simon Phares fut debouté de &longs;on ap
pel & r'enuoyé pardeuant l'Official de
Lion, pour luy e&longs;tre &longs;on procés faict &
parfaict.
Et quand e&longs;t de ce qu'alleguent cou
&longs;tumierement ceux qui &longs;e me&longs;lent de
ladicte profe&longs;&longs;ion, qu'ils n'entendent
tions ayent pouuoir de forcer & con
traindre les
mais que
& indui&longs;ent. Nous répondons premie
rement que c'e&longs;t vn erreur de pen&longs;er
que les A&longs;tres ayent en &longs;oy la force
cliner
mes, de laquelle, comme nous auons
dit,
ce qu'il ny a que Dieu &longs;eul qui le pui&longs;&longs;e:
& de faict il n'agit point autrement &longs;ur
la volonté que par induction ou incli
nation, &longs;oit efficiente, &longs;oit objectiue, ne
la forçant aucunement, ains la lai&longs;&longs;ant
comme dit le Sage,
Secondement, encore qu'on pourroit
dire que les A&longs;tres nous indui&longs;ent &
enclinent par
cau&longs;ans par leurs influences diuer&longs;es
di&longs;po&longs;itions en nos corps, le&longs;quelles in
dui&longs;ent la volonté à certaines cho&longs;es,
portable, de donner pour cela a&longs;&longs;euran
ce de&longs;dits euenemens: comme par
ple
ches, aux autres qu'ils paruiendront à
de grands honneurs, ou qu'ils mouront
telle femme, pource que ces cho&longs;es &
autres &longs;emblables dependent de bien
d'autres cau&longs;es que de&longs;dites con&longs;tella
tions, comme il e&longs;t a&longs;&longs;ez notoire. De
&longs;orte, que &longs;i l'on peut par le&longs;dits Horo&longs;
copes & con&longs;tellations, porter quelque
iugement (lequel e&longs;t tou&longs;iours fort mal
a&longs;&longs;euré) ce n'e&longs;t
& complexions corporelles: que &longs;i l'on
veut pa&longs;&longs;er plus outre, & en donner a&longs;
&longs;eurance, c'e&longs;t cho&longs;e &longs;uper&longs;ticieu&longs;e, dia
bolique, & qui doit e&longs;tre &longs;euerement
punie par les Magi&longs;trats, & ce d'autant
plus qu'aujourd'huy nous voyons ce
mal en grande vogue: te&longs;moin qu'il ne
&longs;e publie à pre&longs;ent aucun Almanach,
qu'il n'y aye à la fin de tous les quartiers
de Lune, de ces &longs;ortes de progno&longs;tics,
qui &longs;ont cho&longs;es abominables, & d'où il
peut arriuer de grands maux en la Re
publique. Pour les peines de ceux qui
exercent ladite profe&longs;&longs;ion, elles &longs;ont de
deux &longs;ortes, canoniques, & ciuiles: les
canoniques &longs;ont &longs;pecifiees, 26.
cernée contre telles per&longs;onnes, & de
fait Sainct Epiphane au liure de
mitiue Egli&longs;e, Aquila Ponticus, enco
re que d'ailleurs il fut bien merité des
Chre&longs;tiens, fut neantmoins excom
munié, & mis hors l'Egli&longs;e. Pour les
ciuiles elles &longs;ont in&longs;erèes
leficis & mathematicis, l. mathematicos, C.
de Epi&longs;copali audientia,
ment
bannis, & de plus & ma
themat.
FAICT à Paris, ce 22. de May, 1619.
Ain&longs;i &longs;igné, A. DV VAL.
PH. DE GAMACHES.
N. YSAMBERT.
Pui&longs;que i'ay entrepris de parler de
toutes les principales difficultez de la
Mu&longs;ique par rai&longs;on, plu&longs;to&longs;t que par
l'authorité des
çoiue, lors qu'elle e&longs;t accompagnée de
demon&longs;tration il faut examiner les fon
demens, & les maximes de la Iudiciai
re, & mon&longs;trer euidemment qu'elles
me de vraye &longs;emblance: ce que ie fais
dans les 8. Propo&longs;itions qui &longs;uiuent,
par le&longs;quelles l'on verra que l'Egli&longs;e, &
&longs;es Docteurs ont droit de la condam
ner, & d'en deffendre les liures, & l'v
&longs;age.
gie Iudiciaire &longs;ont examinez.
CEtte que&longs;tion contient cinq pro
po&longs;itions, dans le&longs;quelles on ver
ra clairement l'incertitude de l'A&longs;tro
logie Iudiciaire, & tout ce qui luy ap
partient, c'e&longs;t pourquoy ie ne fais point
icy de preambule, afin que l'on ne li&longs;e
rien qui ne &longs;oit vtile.
copes precedents, & que l'on ne peut rien
predire de la perfection d'vn Mu&longs;icien par
la con&longs;titution des cieux.
IL y a &longs;i peu de cho&longs;es certaines dans
l'A&longs;trologie Iudiciaire, qu'il n'e&longs;t pas
que l'on en peut coniecturer &longs;uiuant les
regles, & les preceptes que les Arabes,
les Grecs, & les Latins ont donné: Car
&longs;i nous o&longs;tons les principes qu'elle
de l'A&longs;tronomie, à peine pourra t'elle
e&longs;tablir aucune maxime particuliere:
ce que ie feray voir clairement, apres
auoir &longs;uppo&longs;é ce qu'elle emprunte des
ob&longs;eruations & des Phenomenes de
l'A&longs;tronomie.
Premierement, elle &longs;uppo&longs;e que le
Ciel e&longs;t diui&longs;é en 12. parties, qu'elle ap
pelle
rizon coupe le Ciel en deux Hemi&longs;phe
res égaux, au&longs;&longs;i bien que le Meridien,
qui le diui&longs;e en la partie Orientale qui
monte, & en l'Occidentale qui
de maniere que ces deux cercles diui
&longs;ent le Ciel en 4. parties égales.
Secondement, qu'il y a 48. con&longs;tella
tions, à &longs;çauoir, douze dans le Zodia
que, qui &longs;e diui&longs;ent en &longs;ix &longs;ignes
trionaux
les II, l'Ecreui&longs;&longs;e, le Lion, & la
&longs;ont vers le pole Arctique: & en &longs;ix
Meridionaux, à &longs;çauoir,
piom
le&longs;quels la plus grande partie de l'é
quateur monte &longs;ur no&longs;tre horizon, &
qui ont leur a&longs;cen&longs;ion droite, à &longs;çauoir,
l'Ecreui&longs;&longs;e, le Lion,
le Sagittaire, & &longs;ix autres qui montent
obliquement, à &longs;çauoir, le Capricorne,
le Ver&longs;eau, les
reau, & les II, auec le&longs;quels la moindre
partie de l'équinoctial monte &longs;ur l'hori
zon. Mais les autres diui&longs;ions n'ont que
l'imagination pour leur fondement,
me
ou en
lent
mendans,
ou
&
gras,
vicieux,
&longs;ider à chaque partie du corps: Car
l'experience fait voir qu'vn homme
&longs;tupide & lourd nai&longs;t &longs;ouuent &longs;ouz vn
&longs;igne de bon e&longs;prit, & il ny a pas plus de
rai&longs;on pourquoy le Belier pre&longs;ide à la
te&longs;te, qu'aux mains, ou aux pieds: ny
pourquoy Capricorne pre&longs;ide plu&longs;to&longs;t
aux iarets, qu'aux bras: pourquoy
Capricorne,
gon,
&longs;igne. Il ny a point au&longs;&longs;i de rai&longs;on
en ce qu'ils di&longs;ent de la cheute, &
de l'exaltation des mai&longs;ons, & de
toutes les autres cho&longs;es, qui &longs;ont &longs;em
blables aux fables, & qui ont e&longs;té in
uentées par les Caldées, les Arabes, les
Grecs, & plu&longs;ieurs autres, &longs;ans aucune
demon&longs;tration: C'e&longs;t pourquoy nous
ne rencontrons point d'excellent Ma
thematicien, qui ne &longs;e mocque de tout
ce que les A&longs;trologues di&longs;ent des dou
ze mai&longs;ons du Ciel.
Ie ne veux pas nier que les
& les generations &longs;ublunaires ne dé
pendent en quelque façon de l'influen
ce des A&longs;tres; mais ils ne &longs;çauroient
demon&longs;trer que telle, ou telle partie du
Ciel donne la vie, vn autre l'accroi&longs;&longs;an
ce, la perfection, la domination, & puis
la mort: Car pourquoy la partie Orien
tale pre&longs;ide-t'elle plu&longs;to&longs;t à la nai&longs;&longs;an
ce, qu'à la vigueur: pourquoy la Meri
dionale pre&longs;ide-t'elle aux honneurs, &
l'Occidentale à la mort? Il faudroit
meurt, quand la me&longs;me partie Orien
tale qui s'e&longs;t trouuée à la nai&longs;&longs;ance,
te
quand la partie nocturne de minuit,
qu'ils appellent
me&longs;me lieu, où elle e&longs;toit lors de la na
tiuité; ce qu'ils ne feront iamais: Or ie
veux faire voir que tout ce que di&longs;ent
les plus &longs;çauans
les 12. mai&longs;ons de l'Horo&longs;cope, n'a nul
fondement a&longs;&longs;euré, afin que le parfaict
Mu&longs;icien connoi&longs;&longs;e les erreurs de l'A
&longs;trologie, & les pui&longs;&longs;e combatre quand
il luy plaira: Mais afin que l'on entende
les di&longs;cours qui &longs;uiuent, ie mets icy la
figure de ces douze mai&longs;ons, dont l'or
dre e&longs;t marqué par nombres.
&longs;ont e&longs;tablies par aucune demon&longs;tration,
ou rai, on qui pui&longs;&longs;e per&longs;uader la verité de
ce que les A&longs;trologues di&longs;ent de ces trois
domiciles.
IL faut premierement &longs;uppo&longs;er quo
le Ciel e&longs;t diui&longs;é en douze parties,
ction de l'horizon, & du Meridien, qui
eoupent l'équinoctial en douze parties
égales, dont celle qui e&longs;t du co&longs;té d'O
rient e&longs;t appellée premiere mai&longs;on, ou
di&longs;ent ils, cette partie e&longs;t la plus pui&longs;
&longs;ante pour agir &longs;ur ceux qui nai&longs;&longs;ent:
Ce qui ne peut pas e&longs;tre; car cette
partie bat l'horizon trop obliquement;
Et il &longs;eroit plus à propos de dire que la
partie culminante du Ciel e&longs;t la plus
pui&longs;&longs;ante, puis qu'elle enuove &longs;es in
fluences, & &longs;es rayons plus perpendi
culairement, & qu'elle e&longs;t plus pro
che de celuy qui nai&longs;t, que n'e&longs;t la par
tie Orientale: autrement il faut nier
que les cau&longs;es naturelles
& plus fort par vne ligne plus courte, &
plus perpendiculaire, que par vne plus
longue, & plus oblique, & démentir
toutes les experiences du Ciel & de la
terre: D'où il s'en&longs;uit que cette premie
re mai&longs;on e&longs;t la plus foible des &longs;ix qui
&longs;ont &longs;ur l'horizon, car outre ce que i'ay
dit, elle e&longs;t tou&longs;iours empe&longs;chée par les
vapeurs qui &longs;e leuent vers l'Orient, &
qui &longs;ont &longs;i fortes, & &longs;i gro&longs;&longs;ieres, qu'el-
Delà vient que l'on ne peut allumer du
feu auec vn miroir concaue au matin,
lequel neantmoins bru&longs;le, & allume,
ou fond ce que l'on met deuant, non
&longs;eulement à midy, mais au&longs;&longs;i &longs;ur le &longs;oir,
encore que le Soleil ne &longs;oit pas plus
haut &longs;ur l'horizon, qu'il e&longs;toit au matin,
parce que les vapeurs ne
&longs;ieres. Or &longs;i le Soleil, qui e&longs;t le Prince
des A&longs;tres, & la plus excellente, & plus
pui&longs;&longs;ante partie du Ciel, a &longs;i peu de for
ce a &longs;on leuer, qu'il n'agit iamais plus
foiblement
il pas conclure la me&longs;me cho&longs;e des au
tres planettes, des A&longs;tres, & des parties
des cieux qui &longs;ont à l'Orient. Car les
A&longs;trologues ne peuuent dire auec rai
&longs;on que telles parties agi&longs;&longs;ent plus pui&longs;
&longs;amment, ou plus &longs;ubtilement que le
Soleil, ny ayant rien plus &longs;ubtil, ny plus
pui&longs;&longs;ant que &longs;a lumiere dans toute l'e
&longs;tenduë de la nature corporelle.
Les deux autres mai&longs;ons de cette pre
miere triplicité ne &longs;ont pas mieux e&longs;ta
blies que la premiere, puis qu'elles en
dependent, & qu'elles font vn triangle
équilateral auec elle: Mais pour mieux
entendre cecy il faut remarquer qu'ils
mettent quatre angles, ou principales
parties au Ciel, & qu'ils donnent vne
triplicité à chacune, afin que le Ternai
re, qui repre&longs;ente la Trinité,
le quaternaire, qui repre&longs;ente les crea
tures, produi&longs;e douze, pour les douze
mai&longs;ons, qui ont cinq a&longs;pects influants,
trin, le quadrat & l'oppo&longs;ition, qui &longs;ont
marquez par ces characteres
repre&longs;entant l'vnion, ou la
le binaire, le &longs;extil, ou l'hexagone, qui
comprend deux &longs;ignes, ou la &longs;ixie&longs;me
partie du Ciel: le ternaire, l'a&longs;pect trin,
ou le trigone, qui contient la quatrie&longs;
me partie du Ciel, ou trois &longs;ignes: le
quaternaire, le quadrat, ou le tetrago
ne, qui & la troi
&longs;ie&longs;me partie du Ciel; & le &longs;enaire, l'a&longs;
pect oppo&longs;é, qui contient &longs;ix &longs;ignes, ou
la moitié du Ciel.
Or ils
cipaux, qu'ils appellent angles, afin que
les quatre points, ou parties de la vie, à
&longs;çauoir l'enfance, la ieune&longs;&longs;e, l'âge vi
ril, & la vieille&longs;&longs;e, qui répondent au
commencement, au progrez, à la force,
& au declin des autres corps &longs;uiets à
corruption, &longs;oient gouuernez par les
A&longs;tres, & par les domiciles de l'Horo&longs;
cope.
C'e&longs;t pourquoy ils donnent trois mai
&longs;ons à la premiere triplicité pour les
trois genres de vie que l'homme peut
e&longs;t la vie
l Horo&longs;cope, c'e&longs;t à dire, par la premie
re mai&longs;on, qui e&longs;tablit le premier angle
de l'Orient: la &longs;econde vie e&longs;t la
tuelle,
dont ils iugent par la neufie&longs;me
& la troi&longs;ie&longs;me vie e&longs;t la
qui fait reuiure les parens en leurs en
fans, & en leurs heritiers, dans le&longs;quels
il &longs;emble que leur vie e&longs;t con&longs;eruée,
puis que le fils repre&longs;ente le pere apres
&longs;a mort: Or ils iugent de cette vie par
la cinquie&longs;me mai&longs;on, car ces trois mai
&longs;ons, à &longs;çauoir, la premiere, la neufie&longs;
me, & la cinquie&longs;me, font vn triangle
equilateral pour la premiere triplicité
de l'Horo&longs;cope. Ils appellent cet a&longs;
pect
Ils veulent au&longs;&longs;i que l'on entre de la
neufie&longs;me mai&longs;on en la 8. qui repre&longs;en
te la mort naturelle, dautant que la vie
&longs;pirituelle, qui nous donne l'e&longs;perance
d'vne meilleure vie, nous doit &longs;eruir de
preparation pour attendre la mort cor
porelle: Mais ie ne voy nulle rai&longs;on qui
per&longs;uade que cette premiere triplicité
&longs;oit
me&longs;me triplicité
rayons, & leurs influences &longs;ur vn me&longs;
me corps en me&longs;me moment: Ce qui
ne peut arriuer, dautant que la terre
empe&longs;chera tou&longs;iours les rayons de la
cinquie&longs;me mai&longs;on, quand la premie
re, & la neufie&longs;me &longs;eront &longs;ur l'horizon,
car il n'y a pas moien de voir ces trois
mai&longs;ons en me&longs;me moment, encore
qu'on fu&longs;t monté &longs;ur le Cauca&longs;e, &longs;ur le
Liban, ou &longs;ur la plus haute montagne
de la terre.
Ils pourroient répondre qu'il &longs;e peut
faire quelque reflexion premiere, ou &longs;e
conde de ces trois points, ou de ces trois
mai&longs;ons les vnes aux autres; mais cette
re&longs;ponce e&longs;t &longs;i foible qu'elle &longs;e renuer&longs;e
a&longs;&longs;ez de &longs;oy me&longs;me: C'e&longs;t pourquoy ie
pa&longs;&longs;e outre iu&longs;ques à ce qu'ils ayent
trouué quelques meilleures rai&longs;ons
pour deffendre cette triplicité.
plicité ne &longs;ont pas mieux e&longs;tablies
que la premiere.
IL e&longs;t facile d'appliquer aux trois au
tres triplicitez, ce que nous auons
dit de la premiere, car l'angle du milieu
du Ciel, qu'ils attribuent au lucre, &
aux autres e&longs;peces de biens, à la jeune&longs;
&longs;e, & à l'action, n'a pas plus de corre&longs;
pondance auec la &longs;econde, & la &longs;ixie&longs;
me mai&longs;on, qui font la &longs;econde tripli
cité, que la premiere mai&longs;on auec la
cinquie&longs;me, & la neufie&longs;me. Or il fau
droit
honneurs & les dignitez
à la dixie&longs;me mai&longs;on, les be&longs;tes & les
&longs;eruiteurs à la &longs;ixie&longs;me, & l'or & l'ar
gent à la deuxie&longs;me, qui &longs;ont les trois
&longs;ortes de biens qu'ils e&longs;tabli&longs;&longs;ent, com
me ils auoient fait trois &longs;ortes de vies,
auant que de nous obliger à croire ce
qu'ils di&longs;ent de cette &longs;econde triplicité.
Mais ie ne me peux per&longs;uader que Dieu
A&longs;tres; & croy que plus on s'efforçera
d'établir les douze mai&longs;ons, & leurs
proprietez, & plus on fera paroi&longs;tre
qu'elles n'ont point d'autre fondement
que l'imagination: Car nous
derons
cident, qui e&longs;t la &longs;eptie&longs;me mai&longs;on, e&longs;t
donné à l'âge viril, à l'amour, & au ma
riage: pourquoy la troi&longs;ie&longs;me mai&longs;on
aux freres, & aux parens: Et l'onzie&longs;
me aux amis: car il faudroit mon&longs;trer
pourquoy cette triple conjonction de
corps, de &longs;ang, & d'e&longs;prit, ou d'affe
ction, e&longs;t plu&longs;to&longs;t gouuernée par cette
troi&longs;ie&longs;me triplicité de la &longs;ept 3. & 11.
mai&longs;on, que par vne autre triplicité.
Si cela e&longs;toit veritable, les enfans ge
meaux, & tous ceux qui
me heure, &longs;ouz vn me&longs;me climat, en
me&longs;me longitude, & latitude, comme
ceux qui nai&longs;&longs;ent à me&longs;me heure à Pa
ris, à Con&longs;tantinople, à Am&longs;terdan, ou
en quel qu'autreville, ou prouince, n'au
roient-ils pas me&longs;me femme, me&longs;mes
enfans, me&longs;mes amis, ou du moins en
me&longs;me nombre, & de me&longs;mes qua
litez?
Ie &longs;çay qu'il ne &longs;e peut faire naturel
lement que deux per&longs;onnes nai&longs;&longs;ent en
vn me&longs;me in&longs;tant, &longs;ur vne me&longs;me par
tie de la terre, qui e&longs;t determinée par
les cercles de longitude, ou de latitude:
Mais il arriue des
& en des temps &longs;i voi&longs;ins, que la di&longs;tan
ce n'e&longs;t pas con&longs;iderable, comme ils
fe&longs;&longs;ent
vie, les actions, & la fortune de ceux
qui nai&longs;&longs;ent ain&longs;i, &longs;ont &longs;i differentes
qu'elles mon&longs;trent que toutes les regles
des A&longs;trologues n'ont nulle verité,
me
l'experimenter.
Quant à la quatrie&longs;me, ou derniere
triplicité, elle a l'angle tenebreux de
minuit, qu'ils appellent
tes,
les afflictions, & la mort des parents: la
&longs;econde mai&longs;on de cette triplicité, c'e&longs;t
à dire, la douzie&longs;me de l'Horo&longs;cope, e&longs;t
pour les ennemis, & pour le mal qu'ils
font, c'e&longs;t pourquoy ils l'appellent
de mi&longs;ere. Et la troi&longs;ie&longs;me mai&longs;on de cet
te triplicité, c'e&longs;t à dire la huictie&longs;me
de l'Horo&longs;cope, termine les biens, &
les maux de cette vie par la mort, &longs;i ce
me ie l'e&longs;time tres-faux: Car ils n'ont
ny rai&longs;on, ny experience qui nous con
traigne de &longs;uiure leur opinion, encore
qu'ils &longs;e vantent de mille experiences
qu'ils pui&longs;ent dans les liures, ou qu'ils
di&longs;ent auoir faites: mais ils ne
en faire paroi&longs;tre aucune qui &longs;oit telle
ment reglée que l'on y pui&longs;&longs;e e&longs;tablir
quelque cho&longs;e de certain.
Or &longs;i ces mai&longs;ons ne &longs;ont pas
blies, il s'en&longs;uit que toutes leurs predi
ctions, & toutes les conjectures qu'ils
tirent des douze mai&longs;ons, &longs;ont tre&longs; in
certaines, & qu'ils ne &longs;çauroient rien
dire d'a&longs;&longs;euré de la religion de l'enfant
par la neufie&longs;me, non plus que par la
premiere mai&longs;on: Que la &longs;eptie&longs;me ne
&longs;çauroit en&longs;eigner &longs;i
ny la 5. s'il aura des enfans, &c.
Quand ils auront prouué que les troi
&longs;ie&longs;mes parties du Ciel, qui appartien
nent a l'vne, ou l'autre des triplicitez,
&longs;ont plu&longs;to&longs;t de me&longs;me nature, que cel
les qui &longs;e trouuent en diuer&longs;es triplici
tez: Que le degré d'Orient influe plus
que le poinct vertical du Midy, & plu-
auant, le Mu&longs;icien pourra &longs;uiure leurs
predictions.
Ce qui n'empe&longs;chera pourtant pas
que nous ne tirions quelque profit &longs;pi
rituel de l'ordre qu'ils e&longs;tabli&longs;&longs;ent entre
leurs douze mai&longs;ons, afin que nous imi
tions la &longs;ouueraine Bonté, qui tire le
bien du mal, & la verité du men&longs;onge.
le dis donc que l'ordre des mai&longs;ons,
bile, qui va de l'Orient à l'Occident,
peut repre&longs;enter les mouuemens natu
rels de la partie &longs;en&longs;itiue, ou animale:
Mais quand les mai&longs;ons &longs;ont di&longs;po&longs;ées
&longs;elon le mouuement des planettes, qui
&longs;e fait d'Occident en Orient, com
me elles &longs;ont ordinairement, elles
peuuent repre&longs;enter le mouuement de
la rai&longs;on, qui s'oppo&longs;e à celuy du &longs;ens,
comme i'expliqueray, apres auoir con
clu qu'on ne &longs;çauroit donner le temps
auquel doit nai&longs;tre vn parfait Mu&longs;icien,
par l'ob&longs;eruation des A&longs;tres, puis qu'il
ny a point de certitude dans les regles
de l'A&longs;trologie.
douze mai&longs;ons de l'Horo&longs;cope pour
les cho&longs;es &longs;pirituelles.
IL faudroit faire vn liure entier, &longs;i l'on
vouloit rapporter tout ce qui peut
&longs;eruir aux cho&longs;es &longs;pirituelles dans l'A
&longs;trologie Iudiciaire; ie me contenteray
d'en toucher icy quelque cho&longs;e, afin
que chacun y pui&longs;&longs;e adiou&longs;ter tout ce
qui luy plaira. Les deux manieres que
i'ay rapportées pour la di&longs;po&longs;ition des
douze mai&longs;ons, mon&longs;trent que l'enfant
a deux voyes qu'il peut &longs;uiure, à &longs;çauoir
celle de l'appetit animal, s'il &longs;uit le
mouuement du premier mobile, qui
commence par la douzie&longs;me mai&longs;on
&longs;uiette à toutes &longs;ortes de mi&longs;eres, &
d'ennemis, car il faut combatre le
de
vers l'angle du milieu, ce qui repre&longs;en
te l'ambition de
les honneurs. Or cette douzie&longs;me mai
&longs;on e&longs;t de la me&longs;me triplicité que celle
de la mort des parens, des pri&longs;ons, & de
c'e&longs;t donc là le chemin de l'appetit bru
tal.
L'autre chemin appartient à la rai
&longs;on, & répond à l'ordre des mai&longs;ons, qui
&longs;uit la &longs;ucce&longs;&longs;ion des &longs;ignes du Zodia
que, &longs;elon le propre mouuement que
les planertes ont de l'Occident à l'O
rient: Car il
milité aux riche&longs;&longs;es de la &longs;econde mai
&longs;on, qui appartient à la me&longs;me triplicité
de la dixie&longs;me mai&longs;on. Hiero&longs;me Co
lombe a fait vn traité entier de la nati
uité de no&longs;tre Seigneur, dans lequel il
mon&longs;tre &longs;es vertus, & &longs;es qualitez par
les douze mai&longs;ons de l'Horo&longs;cope, &
par les &longs;ignes qui &longs;e rencontrerent dans
cha&longs;que mai&longs;on à l'heure de &longs;a natiuité:
dans laquelle il a mis la Balance, &
pour l'angle d'Orient, afin de &longs;ignifier
&longs;a ju&longs;tice, & la bonté de &longs;on tempera
ment. Ie lai&longs;&longs;e le Scorpion de la &longs;econ
de mai&longs;on, le Sagittaire, & le
troi&longs;ie&longs;me, le Capricorne, & le
quatrie&longs;me, & les &longs;ignes des autres mai
&longs;ons, dont il parle, dautant que ces ap
plications ne &longs;ont pas dignes d'vn bon
e&longs;prit.
ladies, ni les inclinations que quelqu'vn
aura vices, aux vertus, & aux &longs;ciences,
ni quel &longs;era &longs;on temperament, par les re
gles ordinaires de l'A&longs;trologie Iudiciaire.
CEtte propo&longs;ition e&longs;t contre
niom
peut predire par les a&longs;pects des A&longs;tres
quand la
le ville elle &longs;era, dautant, di&longs;ent ils, que
les Elements &longs;ont parfaitement &longs;uiects
au Ciel, & qu'il faut chercher dans les
cieux la rai&longs;on de tout ce qui &longs;e fait &longs;ur
la terre. Secondement, parce que cer
tains planettes, & a&longs;pects des A&longs;tres
pre&longs;ident, & influent plus particuliere
ment &longs;ur quelques villes, & prouinces,
qui peuuent par apres communiquer
leurs mauuai&longs;es influenc àvn autre lieu,
bien que tels a&longs;pects ayent ce&longs;&longs;é, & que
toutes les &longs;ai&longs;ons ayent gardé leur tem
perament, comme il e&longs;t &longs;ouuent remar
marqué dans les Ephemerides.
Troi&longs;ie&longs;mement, parce que l'expe
rience fait voir que la France, l'Angle
terre, l'Allemagne, l'E&longs;pagne, & plu
&longs;ieurs aurtes Prouinces de l
&longs;uiettes au premier trigone du feu, à
&longs;çauoir au Belier, au Lion, & au
Sagittaire, dont le Soleil, &
&longs;eigneurs. Que le &longs;econd Trigone
terre&longs;tre, le Taureau,
ne auec
&longs;ur l'Inde, &longs;ur les Parthes, & &longs;ur les par
ties plus Meridionales de l'A&longs;ie. Que
le troi&longs;ie&longs;me Trigone aërien, II,
le Ver&longs;eau auec
l'Armenie, la Sarmatie, &c.
que le Trigone de l'eau, l'Ecreui&longs;&longs;e, lo
Scorpion, & les Poi&longs;&longs;ons, auec
uernent
res, & les autres Prouinces de l'Afri
que. A quoy ils adjou&longs;tent que
gendre la pe&longs;te, quand il domine &longs;ur les
Eclip&longs;es de la Lune, ou du Soleil, ou
qu'il les regarde d'vn a&longs;pect oppo&longs;é, ou
quadrat, e&longs;tant dans les &longs;ignes de II,
& le Sagittaire: De maniere que la
tagion
aux &longs;ignes, dans le&longs;quels l'Eclip&longs;e &longs;e
fait, & à la ville qu'on a commencée
&longs;igne. Ce qu'ils e&longs;timent &longs;i veritable,
qu'ils
precis, auquel la maladie doit arriuer,
pourueu qu'ils &longs;çachent de combien le
Soleil, ou la Lune e&longs;toient éloignez de
l'Horo&longs;cope &longs;elon la &longs;ucce&longs;&longs;ion des &longs;i
gnes lors de l'Eclip&longs;e, dautant qu'il
faut conter deux mois pour chaque &longs;i
gne, & que la maladie doit durer
de mois, ou d'années, comme l'Eclip&longs;e
de la Lune, ou du Soleil durera d'heu
res: Mais cette maladie arriuera bien
to&longs;t, &longs;i la conjonction de
&longs;e fait aux étoiles Saturniennes, & &longs;i
&longs;e trouue dans le Belier, dans le Lion,
ou dans le Sagittaire.
Quant à l'inclination des hommes,
S. Thomas me&longs;me aduoue dans le 3.
liure 86. & 92.
que les A&longs;tres nous donnent de diffe
rentes inclinations, & produi&longs;ent en
nous de certaines di&longs;po&longs;itions, comple
xions, & habitudes, de maniere que
e&longs;tant
ne vn excellent e&longs;prit: & en&longs;eigne en la
premiere partie de &longs;a Somme,
115. article 4. que les A&longs;trologues ren-
tant que la volonté &longs;e porte facilement
à faire vne mauuai&longs;e élection, quand
elle &longs;uit l'inclination de l'appetit &longs;en
&longs;uel, qui dépend de l'influence des
A&longs;tres. Il a&longs;&longs;eure au&longs;&longs;i dans &longs;es com
mentaires &longs;ur le &longs;econd liure qu'a fait
Ari&longs;tote de la generation, que l'enfant
viura plus, ou moins, à proportion de
la force que les planettes auront dans
&longs;on Horo&longs;cope; de là vient que quel
ques-vns croyent que
dire tout ce qui arriuera à l'enfant en
toute &longs;a vie, &longs;i l'on connoi&longs;&longs;oit parfaite
ment la force, & la nature des A&longs;tres.
Or ie ne peux &longs;uiure cette opinion,
car bien que les A&longs;tres agi&longs;&longs;ent &longs;ur nous
par leur lumiere, &, peut e&longs;tre, par
quelque particuliere influence, ie no
crois pas qu'on pui&longs;&longs;e predire le iour, ny
l'année, dans laquelle la maladie arri
uera, dautant que nous ne &longs;çauons pas
iu&longs;ques à quel point doit venir l'altera
tion de l'air, & des autres Elemens, la
quelle e&longs;t nece&longs;&longs;aire pour engendrer la
contagion. D'abondant les Trigones
dufeu, de l'air, de l'eau, & de la terre,
ne me &longs;emblent pas e&longs;tre bien e&longs;tablis;
& le Sagittaire gouuernent ils plu
&longs;to&longs;t la France, l'Angleterre, l'E&longs;pa
gne, l'Allemagne, &c. que la Numi
die, & les autres prouinces de l'Afrique?
ils deuroient plu&longs;to&longs;t regir celles-cy,
puis qu'ils montent plus haut, & dar
dent leurs rayons, & leurs influences
plus perpendiculairement &longs;ur leur ho
rizon que &longs;ur le no&longs;tre: Car le Belier
n'a que quarante & vn degré d'éleua
tion à Paris, quand il e&longs;t en &longs;on Midy,
le Lion en a 63. & le Sagit
taire 24. Mais le Lion a 90. de
grez d'éleuation és Prouinces Me
ridionales, & le Belier en a autant
&longs;ouz la ligne équinoctiale: C'e&longs;t pour
quoy ils deuroient plu&longs;to&longs;t pre&longs;ider à
ces parties de la terre, qu'à no&longs;tre Eu
rope, puis qu'ils ont plus de force dans
les Prouinces Meridionales, que dans
les Septentrionales.
Tout ce qu'ils di&longs;ent de la grande
conjonction de
ils donnent 794. ou 800. ans, afin que
chaque Trigone ait
&longs;emble pas plus veritable quant aux
predictions qu'ils en tirent.
Il faut au&longs;&longs;i remarquer qu'ils mettent
dix moindres conjonctions en chaque
Trigone, auant que la grande conjon
ction arriue: & qu'ils di&longs;ent que l'vne
de ces moindres conjonctions &longs;e fift l'an
1623. dans le trigone du feu, le dix-hui
ctie&longs;me iour de Iuillet, & que l'autre
arriuera l'an 1643. le &longs;econd iour de
Mars, dans le vingt-cinquie&longs;me degré
des Poi&longs;&longs;ons, qui appartiennent au tri
gone de l'eau, comme le Lion au
&longs;ixie&longs;me degré dans lequel &longs;e fit l'au
tre conionction. Il e&longs;t tres-facile de
trouuer les autres conionctions, puis
qu'elles &longs;e font de vingt en vingtans,
afin que dix moindres
&longs;e font en chaque Trigone, e&longs;tant mul
tipliées par quatre, qui e&longs;t le nombre
de&longs;dits Trigones, donnent 800. ans
pour le temps qu'il y a d'vne
jonction à l'autre.
Ce que i'ay voulu remarquer, parce
que quelques-vns veulent e&longs;tablir la
Chronologie par le moyen de ces Tri
gones, & &longs;uppo&longs;ent que le monde à
commencé &longs;ouz la premiere grande
conjonction, au commencement du
Trigone du feu; que la &longs;econde s'e&longs;t
& que les fils de Cain inuentoient les
Arts, & les Sciences: Que la troi&longs;ie&longs;
me e&longs;t arriuée au deluge: la quatrie&longs;me
à la &longs;ortie des Hebreux hors de l'Egy
pte: la cinquie&longs;me, quand ils furent
menez captifs &longs;ouz I&longs;aïe, & que les
Olvmpiades, l'an de Nabona&longs;&longs;ar, &
Rome commencerent; & la &longs;ixie&longs;me,
vers la Natiuité de no&longs;tre Seigneur,
l'an du monde 3970. Cecy e&longs;tant po&longs;é,
il faut que la &longs;eptie&longs;me &longs;e &longs;oit faite vers
le temps de Charlemagne: la huictie&longs;
me, quand la nouuelle e&longs;toile parut
l'an 1588. & par con&longs;equent la neufie&longs;
me de ces grandes conjonctions arriue
ra l'an de grace 2382.
Mais il faudroit prouuer que le
a e&longs;té creé au
du feu,
Chronologie, ce qu'on ne fera iamais.
Quant à la natiuité des villes, elle n'a
pointde
qu'ils en dre&longs;&longs;ent, &longs;ur quoy l'on peut li
re Gauric, & les autres qui ont erige
les figures, ou les natiuitez de Rome,
de Milan, de Con&longs;tantinople, & de
plu&longs;ieurs autres villes. Ils n'eu&longs;&longs;ent pas
&longs;ent dre&longs;&longs;é les Horo&longs;copes de la terre,
& des autres Flements, ou de la Lune,
de
&longs;çauroit rien predire d'a&longs;&longs;euré ny des
vns ny desautres.
Parlons maintenant des differentes
inclinations des hommes, dont traite
&longs;ainct Thomas depuis le 82. chap. du
troi&longs;ie&longs;me liure contre les Gentils iu&longs;
ques au 87. &
&longs;a Somme, que&longs;tion 115. art. 4. dont
voicy les paroles,
l'on peut predire l'inclination des hommes par
les A&longs;tres, dautant que la plus grande partie
des hommes &longs;uit les paßions, & les mouue
mens de l'appetit &longs;en&longs;itif, &longs;urqui les cieux
ont quelque pouuoir, carily a peu de &longs;ages qui
re&longs;i&longs;tent à leurs paßions, & qui &longs;uiuent les
mouuemens, & la loy de l'e&longs;prit. Delà vient
que ce grand Docteur de l'école a dit
que les corps cele&longs;tes
&longs;es indirectes, &
humaines, parce qu'ils agi&longs;&longs;ent &longs;ur nos
corps, dont l'entendement, & la vo
lonté ont be&longs;oin pour faire leurs fon
ctions; & qu'il e&longs;t nece&longs;&longs;aire que les
actions de oes facultez &longs;oient empe&longs;-
mal di&longs;po&longs;ez, comme il arriue à l'œil,
qui a la iauni&longs;&longs;e, ou à l'imagination qui
e&longs;t troublée: Car il faut que l'entende
ment &longs;e &longs;erue de l'imagination, qui
munique
perfection aux operations intellectuel
les, comme le verre coloré communi
que la &longs;ienne à la lumiere du Soleil.
Quant à la volonté, elle ne &longs;uit pas &longs;i
nece&longs;&longs;airement les émotions de l'appe
tit concupi&longs;cible, & de l'ira&longs;cible; car
elle peut les corriger, & soppo&longs;er à leur
violence par des
ce que &longs;ainct Paul à remarqué quand il
a dit que l'e&longs;prit re&longs;i&longs;te à la chair: d'où
il appert que les influences cele&longs;tes ont
moins de force &longs;ur la volonté que &longs;ur
l'entendement, qui ne peut corriger
l'imperfection, & la perturbation de
l'imagination, & des autres facultez
qui luy &longs;ont nece&longs;&longs;aires.
Nous pouuons done conclurre que
les Horo&longs;copes, par le&longs;quels nous
mon&longs;tré quelle natiuité doit auoir le
parfaict Mu&longs;icien, ne doiuent pas e&longs;tre
entierement rejettez, puis que le Do
cteur Angelique, & pre&longs;que tous les
predire les inclinations, & la
du corps, & de l'e&longs;prit par les regles que
Ptolomée & les autres ont données:
car ie ne veux pas m'oppo&longs;er à vne opi
nion receuë par de &longs;i
& qui &longs;emble e&longs;tre confirmée par plu
&longs;ieurs experiences. Ie diray
qu'il &longs;emble qu'on ne peut rien predire
d'a&longs;&longs;euré des inclinations, ou de la per
fection de l'enfant, à rai&longs;on de la matie
re, dont &longs;on corps e&longs;t formé: du laict,
& des autres viandes, dont il e&longs;t nourry;
de l'air qu'il in&longs;pire, des diuer&longs;es com
pagnies parmy le&longs;quelles il e&longs;t éleué,
& de mille autres circon&longs;tances, qui
&longs;ont grandement con&longs;iderables, & trop
&longs;uffi&longs;antes pour empe&longs;cher toutes les
eu&longs;&longs;ent vne parfaite connoi&longs;&longs;ance de la
nature, & des effects de tous les A&longs;tres,
laquelle ils n'auront iamais. A quoy
l'on peut adjou&longs;ter qu'il faudroit voir &longs;i
les planettes e&longs;tant dans les me&longs;mes &longs;i
gnes vers le Midy, vers la ligne Equino
ctiale, & vers l'Orient, comme en la
Chine, & au Iapon, ont me&longs;me force,
& produi&longs;ent les me&longs;mes effects que
arriuent par tout le monde, &longs;ouz me&longs;
mes a&longs;pects, & me&longs;mes con&longs;tellations:
car &longs;i cela n'e&longs;t vniforme, il n'y a nulle
certitude dans l'A&longs;trologie Iudiciaire.
Ie veux acheuer ce di&longs;cours par vne
rai&longs;on qui toute &longs;eule peut mon&longs;trer
l'in certitude de l'A&longs;trologie, laquelle
n'e&longs;tant fondée que &longs;ur les experiences
dont &longs;e vantent les A&longs;trologues, elle
&longs;era entierement renuer&longs;ee, &longs;i iamais
l'on n'a pû faire deux &longs;emblables expe
riences.
Or il e&longs;t tres-certain que les A&longs;tres,
ce&longs;t à dire les étoiles, & les planettes,
dont les Horo&longs;copes, & toute l'A&longs;tro
logie tirent leurs vertus, leurs &longs;ignifica
tions, & leurs di&longs;cours, n'ont eu iamais
deux fois vne me&longs;me di&longs;po&longs;ition entre
elles, & n'ont iamais regardé deux fois
la terre d'vn me&longs;me a&longs;pect, & par
&longs;equent
fois leurs influences d'vne me&longs;me
cieux depuis la creation du monde iu&longs;
ques à pre&longs;ent: & con&longs;equemment ils
ne peuuent rien predire d'a&longs;&longs;euré par
A&longs;tres ayent la me&longs;me
ont remarquéevne &longs;eule fois, afin qu'ils
&longs;e &longs;eruent pour le moins de deux &longs;em
blables experiences pour e&longs;tablir la ve
rité de leurs predictions. Que &longs;i l'on de
mande combien il faut de temps pour
faire d'eux &longs;emblables ob&longs;eruations, ie
années; car les &longs;imples periodes, ou
cours de Mars, de lupiter, de Saturne,
& des étoiles, c'e&longs;t à dire les 2, les 12,
les 30, & les 28800. années du cours de
pliant font &longs;ix milions trois cent trente
&longs;ix mille années. I'ay dit
car le
plus grand, &longs;i l'on multiplie le temps
des autres planettes, & de tous leurs
excentriques, epicycles, & autres mou
uemens particuliers, par le nombre des
années &longs;u&longs;dites.
Et à vray dire ie croy que S.
Thomas
n'eu&longs;t iamais donné de &longs;i grands auan
tages aux A&longs;trologues, comme il a fait
aux lieux que i'ay rapportez, s'il eu&longs;t
plus e&longs;tudié à cet art, & s'il eu&longs;t con&longs;i
deré cette rai&longs;on: Mais il s'e&longs;t conten-
& la prouidence de Dieu; Et a lai&longs;&longs;é la
liberté aux Iudiciaires de predire ce
qui dépend des pa&longs;&longs;ions, & du tempe
rament, &longs;ans examiner plus particulie
rement &longs;i cela &longs;e pouuoit faire par l'A
&longs;trologie, ou s'il &longs;urpa&longs;&longs;oit l'indu&longs;trie, &
la connoi&longs;&longs;ance des hommes.
Et s'il eu&longs;t interrogé les plus &longs;çauans
A&longs;trologues du
mandé quelque maxime certaine, &
infaillible de leur art, il eu&longs;&longs;ent confe&longs;
&longs;é ingenuëment qu'il ny en a point. Et
s'ils eu&longs;&longs;ent eu honte de le confe&longs;&longs;er, il
eu&longs;t e&longs;té facile de les contraindre par
l'experience me&longs;me d'aduoüer cette
verité.
L'on verra encore plus clairement
dans la propo&longs;ition qui &longs;uit qu'il n'y a
nulle rai&longs;on qui per&longs;uade la verité do
l'A&longs;trologie, que l'on appelle la Iudi
ciaire, & con&longs;equemment qu'il la faut
o&longs;ter du nombre des Sciences & des
Arts liberaux, car elle fait voir &longs;i eui
demment la vanité des fondemens, &
qu'il e&longs;t mal-ai&longs;é de la lire attentiue
ment que l'on ne &longs;e departe
de leurs maximes pretenduës.
Si l'on con&longs;idere la grande diuer&longs;ité
des macules, ou taches du Soleil, & les
differents effets qui peuuent e&longs;tre pro
duits par leur pre&longs;ence, ou par leur ab
&longs;ence, à rai &longs;on que le Soleil perd beau
coup de &longs;a lumiere lors qu'il en e&longs;t cou
uert, & qu'il e&longs;t beaucoup plus clair, &
plus re&longs;plendi&longs;&longs;ant, quand il n'en a
point, & qu'il a plu&longs;ieurs flambeaux
qui l'accompagnent, dont les vns &longs;ont
au&longs;&longs;i grands que toute la terre, &
moins
&longs;ance, ou
de ces macules, quoy qu'elles
uent plus
ne, l'on &longs;era
pas po&longs;&longs;ible de predire aucune cho&longs;e
par les regles de ceux qui n'ont pas &longs;eu
lement conneu qu'il y eu&longs;t des taches
dans le Soleil, dont Schener a écrit vn
gros volume qui merite d'e&longs;tre leu.
I'adjou&longs;te la propo&longs;ition qui &longs;uit,
i'ay pris le di&longs;cours dans l'Apologie que
Mon&longs;ieur Ga&longs;&longs;endi Theologal de Di
gne m'a fait voir en faueur des atomes
d'Epicure, laquelle contient la Phy&longs;i
que beaucoup plus parfaitement que
nul autre liure que i'aye iamais veu; car
elle comprend tout ce que l'on peut s'i
maginer de plus &longs;ubtil, & de plus excel
lent dans toutes les Hypothe&longs;es des an
ciens, & des Modernes, dont elle peut
ay&longs;ément &longs;uppléer tous les liures: i'e&longs;
pere qu'il la donnera bien-to&longs;t au pu
blic, & que l'on ne &longs;era pas &longs;i ignorant
qu'auparauant, apres qu'on l'aura leuë,
& entenduë.
iettent l'A&longs;trologie Iudiciaire, parce qu'el
le n'a nul fondement, ou principe &longs;olide; &
que toutes les maximes des A&longs;trologues
&longs;ont dignes de ri&longs;ée: & con&longs;equemment
que l'on ne peut rien predire d'a&longs;&longs;euré, ni
de probable de la nai&longs;&longs;ance des hommes
par le moyen des A&longs;tres.
ENcore que ce que i'ay dit cy de&longs;&longs;us
&longs;oit &longs;uffi&longs;ant pour faire paroi&longs;tre la
vanité de l'A&longs;trologie,
jou&longs;te ce di&longs;cours, afin que nul ne s'y
amu&longs;e, & que ceux qui &longs;ont &longs;tudieux,
&longs;es. Or pui&longs;que l'on ne peut &longs;çauoir le
vray point de l'Ecliptique, qui &longs;e leue
&longs;ur l'horizon à l'in&longs;tant que
au monde, il n'e&longs;t pas po&longs;&longs;ible de faire
&longs;on Horo&longs;cope, puis que l'on ignore le
point qu'il faut diriger, & dont il faut
v&longs;er pour determiner le
car &longs;i l'on manque de demie heure, le
progno&longs;tic des années manquera de 7.
D'ailleurs l'enfant &longs;ort par parties du
ventre de la mere, & lors que les pieds
&longs;ortent, la te&longs;te e&longs;t de&longs;ia frappée par les
A&longs;tres, & &longs;uiette au de&longs;tin, auant que
l'on pui&longs;le faire l'Horo&longs;cope des pieds.
A quoy Cardan répond au 2. Chap. du
3. liure du Quadripartit, qu'il faut con
&longs;iderer le temps, auquel commence la
re&longs;piration; mais il dit &longs;eulement cela
pour euiter la difficulté, car vn peu d'air
re&longs;piré ne peut
l'on remarque qu'il y en a qui re&longs;pirent
dans le ventre de la mere.
Mais &longs;ans penetrer &longs;i auant, c'e&longs;t cho
&longs;e a&longs;&longs;eurée que nul A&longs;trologue ne &longs;çau
roit remarquer le peu de temps qui e&longs;t
a entre la nai&longs;&longs;ance de deux enfans iu
meaux, & qu'ils manquent le plus &longs;ou
uent à prendre le vray temps de la nai&longs;
&longs;ance, des iours entiers.
Quant à ceux qui &longs;e &longs;eruent des hor
loges ordinaires, l'experience mon&longs;tre
qu'elles &longs;ont &longs;i differentes que l'on en
prend la comparai&longs;on pour &longs;ignifier le
di&longs;cord, & le de&longs;ordre. Et &longs;i l'on v&longs;e de
l'A&longs;trolable, &longs;uiuant le con&longs;eil de Pto
lomée,
pas l'A&longs;trolabe en main tandis que la
femme e&longs;t en trauail: & le Ciel e&longs;t &longs;ou
uent &longs;i couuert,
que l'on ne voit point le Soleil, ny les
étoiles, dont on n'auoit pas connu les
vrays lieux que iu&longs;ques à pre&longs;ent; &
puis la vraye hauteur du Pole, & la lon
gitude n'e&longs;t connuë qu en fort peu de
lieux. A quoy l'on peut adiou&longs;ter le
méconte qui vient des refractions, la
mauuai&longs;e fabrique, ou la petite&longs;&longs;e des
in&longs;trumens, & mille autres circon&longs;tan
ces des ob&longs;eruations, qui empe&longs;chent
que l'on pui&longs;&longs;e remarquer levray temps
de la natiuité.
Car quant aux 3. manieres qui leur
&longs;eruent pour iu&longs;tifier le temps, dont la
premiere s'appelle
Balance, ou le Trebuchet d'Hermes,
tirent de la 51. &longs;entence du Centiloque
de Ptolomée, où il e&longs;t dit que l'Horo&longs;
cope &longs;e rencontre au me&longs;me &longs;igne, au
quel e&longs;toit la Lune au temps de la
ceptiom
uent tirer de certitude, ny ayant nullo
uer le temps de la nai&longs;&longs;ance par celuy
Et Ptolomée parle &longs;eulement du &longs;igne,
& non du degré, ou de la minute, &
con&longs;equemment ils peuuent s'abu&longs;er
de deux heures, puis qu'vn &longs;igne, qui à
30. degrez, employe deux heures à &longs;e
leuer.
La 2. maniere qu'ils appellent,
modar,
pas meilleure, quoy que Ptolomée
&longs;eigne2. du 3. liure, où il dit
qu'il faut ob&longs;eruer la Lune pleine, ou
nouuelle, qui precede immediatement
la nai&longs;&longs;ance, & voir quel planette à la
principale authotité dans le 6. lieu du
Ciel, dans lequel la conjonction, ou
l'oppo&longs;ition e&longs;t arriuée, afin de remar
qué le degré du &longs;igne, que tient le me&longs;
me planette au temps de la nai&longs;&longs;ance,
& con&longs;equemment dans l'Horo&longs;copt,
& de comparer le nombre de ce degré
auec celuy du degré de l'Orient, & du
milieu du Ciel, car ils veulent que le
nombre de &longs;es degrez &longs;oit égal à celuy
dont il e&longs;t plus proche.
Mais outre que l'experience mon&longs;tre
le contraire, & que cette methode n'a
point d'autre fondement que l'imagi-
les climats differents, où plu&longs;ieurs peu
uent nai&longs;tre à me&longs;me heure, en apres, lo
temps que l'on prend, peut tromper en
mille façons, cemme &longs;çauent tres-bien
ceux qui font les ob&longs;eruations du Ciel.
La troi&longs;ie&longs;me maniere &longs;e prend des
accidens de la vie de celuy, dont on
dre&longs;&longs;e la figure, dautant que Cardan dit
au 158. du 6. des Aphori&longs;mes, que les
Sages ne iugent pas &longs;eulement de l'en
fant par la nai&longs;&longs;ance, mais au&longs;&longs;i de la
nai&longs;&longs;ance par l'enfant; car comme l'on
&longs;e &longs;ert de la nai&longs;&longs;ance pour trouuer le
temps des accidens, qui doiuent arriuer
à l'enfant par le moyen des directions,
des tran&longs;itions, & des profections an
nuelles, de me&longs;me l'on trouue le temps
de la nai&longs;&longs;ance par le&longs;dits accidens.
Mais cette methode ne peut &longs;eruir pour
l'enfant, auquelil n'e&longs;t point arriué do
notable accident, & tout ce qu'ils di
&longs;ent de ces accidens, n'a nulle preuue.
Et bien qu'ils eu&longs;&longs;ent trouué le vray
point de la natiuité, il ne s'en&longs;uit nul
lement qu'ils pui&longs;&longs;ent predire aucune
cho&longs;e, dautant qu'ils diui&longs;ent le Ciel en
12. parties par le moyen des &longs;ix cercles,
&longs;ez, afin qu'ils diui&longs;ent le Zodia que en
12. parties, dont celle qui e&longs;t &longs;ouz l'ho
rizon, & qui commence à &longs;e leuer, e&longs;t
appellée premiere mai&longs;on, & celle qui
&longs;uit &longs;ouz l'horizon, e&longs;t la &longs;econde, &
ain&longs;i con&longs;equemment des autres en al
lant de la main droitc à la gauche. Mais
ils &longs;ont &longs;i differents dans leurs opinions
en ce qui
de l'inter&longs;ection, qu'il n'e&longs;t pas po&longs;&longs;ible
de les accorder: car les vnes couppent
les cercles du Ciel au pole du Zodia
que, les autres au pole du monde, & les
autres aux points, au&longs;quels les Meri
diens couppent l'horizon. Or ceux qui
couppent les cercles aux poles du Zo
diaque, les diui&longs;ent en 12. parties éga
les, ou
appellent demidiurnes, & deminoctur
nes, en 3. parties égales. Les Chaldeans
ont &longs;uiuy la premiere maniere, comme
remarque Sexte Empirique, quoy que
Ptolomée la reiette au chap. 11. du 3.
liure, & apres luy plu&longs;ieurs autres, com
me Firmic, Schonner, & Cardan, qui
la nomment
Gauric &longs;uit la 2. maniere, laquelle
liure de Manile; mais ils diminuënt 8.
degrez au commencement de chaque
mai&longs;on, & de chaque lieu des planet
tes.
Ceux qui couppent les cercles au po
le du monde, accommodent les ares
deminocturnes, & demidiurnes à l'E
quateur par le moyen des deux princi
paux cercles des declinai&longs;ons, qui &longs;ub
diui&longs;ent les quarts de l'Equateur par
d'autres cercles en 3. parties égales;
d'où il arriue qu'ils. diui&longs;ent le Zodia
que d'vne autre façon en 12. parties é
gales. Or Acabicius, & &longs;on commenta
teur Iean de Saxe &longs;uiuent cette ma
niere.
Finalement ceux qui &longs;e &longs;eruent des
&longs;ections de l'horizon, & du Meridien,
diui&longs;ent l'Equateur en 12. parties éga
les, & con&longs;equemment le Zodiaque
en 12. parties inegales, dont les parties
diurnes, & nocturnes oppo&longs;ées &longs;ont &longs;eu
lement égales.
Il arriue la me&longs;me cho&longs;e à ceux qui &longs;e
&longs;eruent du premier vertical au lieu de
l'Equateur; & Iean du Mont Royal
auec Aben Ezra &longs;uit cette maniere, qu'il
nant &longs;uiuie d'vn
logues, quoy que Campan & Gazule
&longs;uiuent l'autre.
Quant aux 12. mai&longs;ons, ils nomment
la premiere
vie, du temperamment, & des acci
dents. La 2.
&longs;on des riche&longs;&longs;es, que l'on acquiert par
indu&longs;trie, la 3.
freres, & des petits voyages. La 4.
profond du Ciel. La 5.
mai&longs;on des enfans. La 6.
tune,
dies, & des &longs;eruiteurs. La 7.
la mai&longs;on du mariage, & des achapts,
&c. La 8.
&longs;on des thre&longs;ors cachez. La 9.
la mai&longs;on de la Religion, des &longs;onges,
& des longs voyages. La 10.
Ciel,
conditions de la vie. L'onzie&longs;me,
bon demon,La 12.
mis, & des pri&longs;ons.
Ils adjou&longs;tent que la 1, 4, 7, & 10. &longs;ont
les angles d'ou dependent les autres en
qualité de &longs;uccedentes, & de cheutes:
quart de
la melancholie: que les 3. autres &longs;ont
pour le Midy, pour l'E&longs;té, & pour la
cholere, & les 3. dernieres pour
& pour les &longs;anguins.
Ie lai&longs;&longs;e mille autres cho&longs;es qui &longs;ont &longs;i
ridicules que ie n'o&longs;e les rapporter: par
exemple, que la premiere mai&longs;on pre&longs;i
de au blanc, la 2. au verd, &c. Car
pourquoy le Ciel e&longs;t-il plu&longs;to&longs;t diui&longs;é
en 12. parties, qu'en 8, 10, 16, 20, ou 60,
parties? En apres cette diui&longs;ion ne &longs;e
roit-elle pas au&longs;&longs;i bonne, ou meilleure,
&longs;i elle &longs;e fai&longs;oit par 12. cercles paralleles
à l'horizon? ou en 12. qui &longs;e coupa&longs;&longs;ent
au vertical, & au point oppo&longs;é? Ets'ils
veulent que le Zodiaque &longs;oit diui&longs;é en
12. parties égales, que ne le diui&longs;ent-ils
tous d'vne me&longs;me diui&longs;ion, afin que ce
qui e&longs;t la premiere mai&longs;on à l'vn, ne &longs;er
ue pas d'vne autre mai&longs;on à l'autre?
A quoy l'on peut adjou&longs;ter que la
mai&longs;on qui e&longs;t toute &longs;ur l'hori&longs;on, doit
plu&longs;to&longs;t e&longs;tre la premiere mai&longs;on que la
12. ou du moins ils deuroient attendre
que la moitié de cette mai&longs;on fu&longs;t le
uée; & la 10. mai&longs;on, qui e&longs;t celle du
vers le couchant, & moitié vers le le
uant, & meriteroit mieux le nom de
premiere que l'autre; ou bien ils de
uroient donner cette prerogatiue à la
mai&longs;on, dans laquelle le Soleil &longs;e ren
contre, puis qu'il e&longs;t le Roy des A&longs;tres.
D'ailleurs, &longs;i la mai&longs;on, qui commen
ce à &longs;e leuer, e&longs;t pour la vie, que celle
qui &longs;e couche, n'e&longs;t elle pour la mert?
pourquoy la 8. mai&longs;on fait elle plu&longs;to&longs;t
mourir? d'où contracte elle vne &longs;i
deLes mai&longs;ons ont elles cette
force, ou cette &longs;ignification du premier
mobile? Comment la me&longs;me partie de
ce Ciel e&longs;t-elle heureu&longs;e, & puis mal
heureu&longs;e &longs;elon les differentes mai&longs;ons?
Pourquoy vne partie de ce Ciel e&longs;t elle
plus mal-heureu&longs;e dans l'vne des mai
&longs;ons que dans les autres.
Ce&longs;t cho&longs;e e&longs;trange que
grands biens dans la premiere, & de
grands maux dans la 12. & qu'il donne
des fols & des roturiers
des dignitez qu'il donne dans la 10. &
des dignitez Eccle&longs;ia&longs;tiques qu'il don
nent dans la cinquie&longs;me.
Lors que quelqu'vn vient au monde
écrit dans la troi&longs;ie&longs;me mai&longs;on, celuy
des parens dans la 4. celuy des fils dans
la 5. celuy de la femme dans la 7. & ce
luy des amis dans l'onzie&longs;me? Qui à
marqué le logis aux grands animaux
dans la 12. e&longs;tans petits dans la 6. quel
Mercure à mis les longs voyages dans
la 9. & les courts dans la troi&longs;ie&longs;me?
Mais
uer quelque verité dans l'A&longs;trologie,
pui&longs;que les principaux Autheurs ne
s'accordent pas en ces mai&longs;ons, qui &longs;er
uent de fondement à la &longs;cience? Car
Ptolomée iuge autrement que les au
tres: & Manile les commence par la
Fortune, & non par l'Horo&longs;cope, dont
elle e&longs;t tou&longs;iours au&longs;&longs;i éloignée, que le
Soleil de la Lune.
Ie lai&longs;&longs;e plu&longs;ieurs diui&longs;ions des &longs;ignes
en chauds, humides, ma&longs;culins, femi
nins, beaux, laids, muets, parlants, &c.
qui &longs;eruent plu&longs;to&longs;t pour faire rire, que
pour in&longs;truire, & qui n'ont &longs;eulement
pas l'ombre de la rai&longs;on, ni de la vraye
&longs;emblance pour leur fondement. Et &longs;i
l'on con&longs;idere les nouueaux de&longs;tins
qu'ils donnent à chaque degré pour
l'on s'e&longs;tonnera que l'ame rai&longs;onnable
d'vn homme pui&longs;&longs;e
ges
ro&longs;cope e&longs;t au premier degré d'Aries, il
&longs;ignifie la nai&longs;&longs;ance des Roys; s'il e&longs;t en
la 2. il &longs;ignifie les larrons; il &longs;ignifie les
borgnes Et afin qu'ils trou
uent leur conte, ils diui&longs;ent encore les
degrez en minutes, & di&longs;ent que le Be
lier pre&longs;ide à la te&longs;te, le Taureau au col,
&c. que le
lier à la France, & particulierement à la
ville de Mar&longs;eille: que la Vierge gou
uerne Paris, le Sagittaire Auignon, &c.
Quant aux mai&longs;ons des planettes, ils
logent la Lune dans l'E&longs;creui&longs;&longs;e, & le
Soleil au Lion, car ils ne leur donnent
qu'vne mai&longs;on, quoy qu'ils en donnent
2. aux autres: par
& la Vierge à Mercure, dont l'vne e&longs;t
pour leiour, & l'autre pour la nuict: &
afin que les planettes ayent quelque re
fuge dans leurs banni&longs;&longs;ements, les lieux
du Ciel oppo&longs;ez à leurs mai&longs;ons leur
&longs;eruent d'exil, comme les lieux oppo
&longs;ez à leurs exaltations leurs &longs;eruent de
cheutes: Car ils exaltent le Or ils ne veu
lent pas que le Lion, & l'A quarius &longs;er
uent
planette.
Et comme s'ils e&longs;toient les fourriers
de l'armée Cele&longs;te, ils marquent les
logis à chaque planette qu'ils exaltent,
ou depriment comme ils veulent, &longs;ans
oublier la te&longs;te & la queuë du Dragon,
qu'ils exaltent dans les Iumeaux, &
le Ver&longs;eau, de &longs;orte que l'on croiroit à
les ouïr parler qu'ils &longs;ont les Roys, & les
&longs;ouuerains mai&longs;tres du Ciel.
Ils di&longs;po&longs;ent encore les degrez des
&longs;ignes par dizaines, qu'ils
afin que les planettes ayent leurs faces:
par exemple, que
degrez d'Aries: que le Soleil ayt les 10.
qui &longs;uiuent, &
10. premiers du Taureau, & ain&longs;i des
autres.
A quoy ils
appelient
moindres planettes: Car
miers degrez d'Aries:
&longs;uiuans:
ain&longs;i des autres. Ie lai&longs;&longs;e maintenant
les Trigones, dont ils departent celuy
nul fondement.
Or ils ont &longs;i peu de iugement qu'ils ne
aux A&longs;teri&longs;mes qui &longs;ont hors du Zodia
que, quoy qu'ils &longs;oient en plus grand
nombre que les autres, & qu'ils ayent
des étoiles tres-grandes, & tres-nota
bles, comme l'on void dans l'horion,
auquel ils attribuent fort peu, en com
parai&longs;on de ce qu'ils donnent au petit
A&longs;ne de l E&longs;creui&longs;&longs;e: car encore qu'il
&longs;oit pre&longs;que inui&longs;ible, ils di&longs;ent neant
moins qu'il e&longs;t tres-pui&longs;&longs;ant pour exci
ter les tempe&longs;tes.
D'ailleurs ils donuent la pui&longs;&longs;ance
d'agir &longs;ur nous aux &longs;ignes du premier
mobile, & non à ceux du firmament,
qui retrogradent peu à peu, & vont au
contraire du mouuement des &longs;ignes du
premier mobile. De là vient que le Be
lier du firmament e&longs;t maintenant dans
les poi&longs;&longs;ons du premier mobile, & qu'il
entrera apres dans l'Aquarius, dans le
Capricorne, &c.
C'e&longs;t dans ce premier mobile qu'ils
e&longs;tabli&longs;&longs;ent leurs Dodecatemories que
diaque, à laquelle &longs;init le nombre des
degrez, où &longs;e rencontre le planette,
apres qu'il à e&longs;té multiplié par 12: par
exemple, &longs;i le planette e&longs;t au 5. degré,
& 5′ du Belier, le dodecatemorie finit
au premier degré des Gemeaux,
quel ils mettent le dodecatemorie du
planette, parce que 5. 5′. multipliez par
12. donnent 61. le&longs;quels e&longs;tant contez
dés le commencement du Belier don
nent le premier degré des II.
Quant à la force des planettes, ils di
&longs;ent que le
&
les; & que
plus ma&longs;les, lors qu'ils ont plus de lu
miere, & qu'ils &longs;ont Orientaux, & di
rects: que le
les autres
Or ils leur departent plu&longs;ieurs de
grez de force, & de dignitez &longs;uiuant les
lieux du Zodiaque où ils &longs;e
Car ils leur donnent 5. degrez de force,
s'ils &longs;ont dans leur mai&longs;on, ils leur on
donnent 4. pour leur
pour leur
nus:
gnité, ils di&longs;ent qu'il e&longs;t
donnent diuers degrez de debilité, à
&longs;çauoir 5.
5. dans &longs;on exil, & 4. dans &longs;a cheute.
Ils appellent l'amas de toures, ou de
plu&longs;ieurs de ces dignitez
Thro&longs;ne royal
au&longs;&longs;i éloigné du
&longs;a mai&longs;on e&longs;t éloignée de leur mai&longs;on,
ils appellent cette dignité
ce. Chaque planette à au&longs;&longs;i vne vertu
particuliere dans chaque &longs;igne; car
apporte plu&longs;ieurs maux dans le Belier,
dans le
nel, &c. dans &longs;a mai&longs;on il depart la fa
ueur, dans celle de
pere: de &longs;orte que s'il e&longs;t direct, il
plit
grade, il le reuoque, & s'il e&longs;t &longs;tation
naire, il le retarde.
Ils comparent encore les planettes
les vns aux autres, afin d'e&longs;tablir leurs
a&longs;pects, dont le
nefiques, le
deux: & prennent leurs dignitez, &
leurs debilitez accidentelles de ces a&longs;
pects, comme ils ont pris leurs dignitez
e&longs;&longs;ent elles des autres con&longs;iderations,
dont nous auons parlé
pect
grez de force; auec le
Lune 2. & auec les malefiques, c'e&longs;t à
dire auec
tou&longs;iours vne moins que le
malefiques a 4. debilitez, & 3. auec le
Soleil: mais les a&longs;pects malefiques des
planettes benefiques n'ont nulle di
gnité.
Or les a&longs;pects ne &longs;ont pas tou&longs;iours
ils &longs;ont &longs;ouuent
precede le vray a&longs;pect, s'appelle
tion,
par le planette le plus vi&longs;te, &longs;e nomme Ils prennent encore d'autres
dignitez, ou debilitez des planettes,
lors qu'ils &longs;ont dans le
cœur du Soleil, c'e&longs;t à dire qu'ils luy
&longs;ont conjoints, & qu'ils &longs;ont
qui arriue tandis qu'ils ne &longs;ont pas éloi
gnez de plus de 6. degrez du Soleil, ou
16. degré.
Ie lai&longs;&longs;e plu&longs;ieurs autres diui&longs;ions des
planettes en
retrogrades, legers, tardifs,afin d'a
jou&longs;ter ce qu'ils e&longs;timent dauantage, à
&longs;çauoir que chaque planette &longs;e re&longs;ioüit
dans &longs;a mai&longs;on, dans laquelle il e&longs;t le
principal &longs;ignificateur, comme e&longs;t
dans la 12;
la 10. le Soleil dans la 9.
dans la 1. & la
En apres ils ont des forces differentes
dans les differentes mai&longs;ons, dans le&longs;
quelles ils &longs;e rencontrent: Car
font la vie courte dans la 1.
donnent longue: le
mendements;
les voyages;
té dans la 2. dans laquelle
nent les riche&longs;&longs;es: le
la faueur, &c.
A quoy ils adiou&longs;tent la te&longs;te, & la
queuë du
caracteres, la partie de la fortune, qu'ils
marquent ain&longs;i
tant depuis le Belier) tombe le nombre
compo&longs;é du degré qui s'éleue, c'e&longs;t à di
re de l'Horo&longs;cope, & de la di&longs;tance du
Soleil à la Lune: car la te&longs;te du Dragon
donne l'honneur dans la 1. la queuë y
ble&longs;&longs;e l'œil, &
reux aux ieux, & aux contracts.
Or le planette qui à le plus grand
bre
gure, & de l'année, lors qu'elle e&longs;t dre&longs;
&longs;ée au commencement du printemps:
& lors qu'il à plus de dignitez dans le
commencement d'vn &longs;igne, il e&longs;t &longs;ei
gneur de la mai&longs;on: & s'il e&longs;t dans le
premier degré, ils le nomment
ten,
& c'e&longs;t &longs;uiuant cette doctrine, qu'ils di
&longs;ent
ro&longs;cope, &c. Ie lai&longs;&longs;e la domination &
l'empire, qu'ils leur
res, &longs;ur les âges, & &longs;ur les e&longs;tats, &c.
comme lors qu'ils di&longs;ent que
à l'agriculture,
guerre, le Soleil aux honneurs,
mour,
voyages.
Parce que ie croy que les fondemens
ques à pre&longs;ent, &longs;ont a&longs;&longs;ez ridicules pour
faire voir leur vanité, & la fau&longs;&longs;eté de
toute l'A&longs;trologie Iudiciaire. Car qu'el
le apparence y à il que le Belier &longs;oit de
la nature du feu, puis qu'il donne tant
de pluyes, & que l'Ecreui&longs;&longs;e &longs;oit de la
nature de l'cau, &longs;ouz lequel nous endu
rons de &longs;i grandes chaleurs?
Peut-on de&longs;irer vn plus
gnage de la folie des A&longs;trologues, que
quand on con&longs;idere les be&longs;tes qu'il met
tent au Ciel pour nous rendre gras, ou
maigres: pourquoy le Belier e&longs;t il plu
&longs;to&longs;t ma&longs;le que le & pourquoy le Belier pre&longs;ide-il plu&longs;to&longs;t
à la te&longs;te que le Lion, ou l'Ecreui&longs;&longs;e?
pourquoy les Poi&longs;&longs;ons
pieds, veu qu'ils n'en ont point, & qu'ils
&longs;ontioints au Belier?
La preference qu'ils leur donnent &longs;ur
la &longs;uitte des années, & &longs;urles villes n'e&longs;t
pas mieux e&longs;tablie, car le Ciel, ou la ter
re e&longs;tant mobiles, vn &longs;igne n'influë pas
ville, que &longs;ur l'autre, qui à me&longs;me lati
tude, & neantmoins ils a&longs;&longs;uietti&longs;&longs;ent
vne Prouince entiere à vn &longs;igne, & les
tres &longs;ignes.
Certainement il n'y à nulle rai&longs;on
pourquoy vn planette a plu&longs;to&longs;t vne
mai&longs;on de la figure, que toutes les mai
&longs;ons, puis qu'il n'y à nul iour dans le
quel chaque planette ne &longs;e rencon
tre dans toutes le&longs;dites mai&longs;ons. En
apres &longs;i le Lion e&longs;t la mai&longs;on du Soleil,
pourquoy le &longs;igne prochain n'e&longs;t-il cel
le de
pourquoy le Soleil, & la Lune n'ont-ils
chacun qu'vne mai&longs;on, puis que les au
tres planettes en ont chacun d'eux?
pourquoy la mai&longs;on de la Lune humi
de n'e&longs;t elle pas dans le Ver&longs;eau oppo&longs;é
au Lion? & qu'elle a, peut-e&longs;tre, e&longs;té
crée à l'oppo&longs;ite du quoy que Firmi
cus croye que le Soleil a e&longs;té crée au 15.
du Lion, &
ne peut e&longs;tre, puis que
loigner du Soleil que de deux &longs;ignes.
Les exaltations &longs;ont &longs;emblablement
mal e&longs;tablies, puis que les
gent
car il n'y à nulle apparence d'exalter
dans la mai&longs;on de
Taureau, &longs;igne terre&longs;tre, dans lequel
Quant aux
fondez, car &longs;i le Belier e&longs;t la mai&longs;on de
tiers pour les decanats de deux autres
planettes; & pourquoy banni&longs;&longs;ent-ils
en donner la premiere partie à le lai&longs;&longs;e les fins, ou
les termes, puis qu'ils &longs;ont encore plus
ridicules.
Mais il n'e&longs;t pas nece&longs;&longs;aire de refuter
les po&longs;itions des A&longs;trologues, d'autant
qu'elles &longs;e de&longs;trui&longs;ent elles -me&longs;mes:
Car &longs;i
& que
le, il faut dire que l'écarboucle bru&longs;le,
& que la chaurefroidit: &longs;i
vient quel on ne &longs;enr point &longs;a chaleur
à l'Hyuer, lors qu il e&longs;t a
l'on n'experimente point le froid de
à l'E&longs;té?
Or il faut remarquer que
pa&longs;le, comme croyent les ignorans, qui
ne parlent que par liure, & par preoc
cupation, dont ils ne &longs;eront plus trom-
qu'il e&longs;t tres-lui&longs;ant. Certainement il
ny à nulle rai&longs;on pour laquelle
&longs;e dire qu'il y a des planettes malefi
ques, & d'autres benefiques, ny me&longs;u
re aucune, dont ils pui&longs;&longs;ent me&longs;urer la
quantité, ou la qualité de leurs digni
tez, ou de leurs foible&longs;&longs;es; & ce qu'ils
di&longs;ent des a&longs;pects a e&longs;té pris &longs;ur les dif
ferentes figures de la Lune, qu'elle fait
paroi&longs;tre &longs;uiuant les differents rapports
qu'elle a auec le
plu&longs;to&longs;t 5 a&longs;pects que 7. que 9. que 13.
ou 15 & Kepler adiou&longs;te le
Voyons maintenant comme ils trou
uent le temps, auquel les accidens doi
uent arriuer à l'enfant, ils &longs;e &longs;eruent de
la
annuelles, Or la dire
ction &longs;e fait entre-deux points du Zo
diaque de la figure, dont l'vn e&longs;t le
gnificateur, Ils
font le &longs;ignificateur mobile, afin qu'il
approche peu à peu du pro metteur im
mobile, & que l'effect arriue lors qu'il
l'aura atteint, parce qu'il e&longs;t promis. Or
ils dirigent, & content le progrez du
quateur, &longs;ur lequel les deux points &longs;u&longs;
dits &longs;e r'encontrent par le moyen des
cercles de declinai&longs;on: car diriger n'e&longs;t
autre cho&longs;e que chercher l'arc de l'é
quateur, qui e&longs;t entre le &longs;ignificateur,
& le prometteur.
Quant au progrez, il fait vn degré
dans vne année, 5. minutes dans vn
mois, & 10 &longs;econdes dans vn iour, afin
que cet arc en&longs;eigne
apres la nai&longs;&longs;ance c'e&longs;t à dire à qu'el an
née de l'enfant, l'effect doit arriuer.
Mais il faut diriger des points diffe
rents &longs;elon les
cerche: par exemple, le
de la vie, & pour les dignitez: la Lune
pour les affections de l'e&longs;prit; l'Horo&longs;
cope pour la &longs;anté, & pour les voyages,
le milieu du Ciel pour les amis, la
pour les riche&longs;&longs;es; & pour &longs;çauoir com
bien l'enfant doit viure, l'on prend vn
point, que l'on appelle
&longs;eur, Setgneur de la vie, Hylech, Alchocoden,
Aphete, &c.
plus grand nombre de dignitez, & vn
moindre nombre de debilitez dans les
lieux
7. ou 9. mai&longs;on.
Or l'on prend ordinairement le Soleil
pour les nai&longs;&longs;ances qui &longs;e font de iour,
& la Lune pour celles de la nuict; &
lors qu'il ne &longs;e rencontre nul planette
dans le&longs;dits lieux, l'on &longs;e &longs;ert principa
lement de l'Horo&longs;cope: & pour trou
uer la mort, l'on dre&longs;&longs;e
rete,
par exemple à
malefiques, ou au di&longs;po&longs;iteur de la 8.
mai&longs;on. Ce&longs;te direction e&longs;t appellée
des &longs;ignes, comme il arriue quand on
v&longs;e de l'Horo&longs;cope, ou du milieu du
Ciel, &c. &
contre l'ordre des &longs;ignes,
ue à la
La
gure que l'on fait, lors que le Soleil &longs;e
rencontre au me&longs;me point du Zodia
que où il e&longs;toit à la nai&longs;&longs;ance. Car &longs;i
l'Horo&longs;cope de cette figure regarde
celle de la nai&longs;&longs;ance d'vn bon a&longs;
pect, l'enfant &longs;e portera bien toute
l'année; & &longs;i l'a&longs;pect e&longs;t mauuais, il &longs;e
portera mal: &longs;i les planettes ont vne
contraife
à la natiuité, l'enfant court vn grand
peril; & &longs;i la Lune &longs;e trouue au lieu, où
vieille.
La
que fait la pointe, ou l'angle de chaque
mai&longs;on, & chaque point de la natiuité
par le Zodiaque: or ces points font cha
que année 30. degrez, afin que la pro
fection recommeuce de 12. en 12. ans,
dans le&longs;quels ils iugent bien, ou mal de
l'enfant &longs;elon les bons, ou mauuais a&longs;
pects, qui-&longs;e
& qu'ils predi&longs;ent tous les ans, dont le
4. e&longs;t dangereux, parce que l'Horo&longs;co
pe arriue à la 4. mai&longs;on, qu'il regarde
d'vn a&longs;pect
a&longs;pect oppo&longs;é. En apres il paruient à la
7. qu'il regarde d'vn a&longs;pectoppo&longs;é, &
le milieu du Ciel d'vn a&longs;pect quadrat.
Ie lai&longs;&longs;e tout ce qu'ils di&longs;ent des an
nées
Septenaires ou
lent
le rai&longs;on pourquoy la Lune pre&longs;ide à la
premiere année,
Or ils font recommencer la Lune au
8. Septenaire, qu'ils appellent dange
reuy, parce que
pire de chaque planette.
La
nette: par exemple la Lune, pa&longs;&longs;e par
les lieux de la figure, où e&longs;toit
ou l'Horo&longs;cope, ou par le lieu, qui e&longs;toit
Trin, ou quadrat à ou Trin
à l'vn, & quadrat à l'autre,
croyent qu'il arriue de notables chan
gemens dans ces pa&longs;&longs;ages,
pour determiner le temps, & particu
lierement le iour, & l'heure. Car l'effect
e&longs;t plus grand &longs;elon les differens pa&longs;&longs;a
ges, & rapports, qui &longs;e rencontrent en
tre tous ces points.
Ce &longs;ont là les principaux
de l'A&longs;trologie Iudiciaire, dont la va
nité e&longs;t &longs;i euidente, qu'il &longs;uffit de les
auoir expliquez pour les refuter. Car
pourquoy la direction &longs;e fait-elle plu
&longs;to&longs;t &longs;ur l'Equateur que &longs;ur l'écliptique,
qui e&longs;t le lieu principal des planettes?
pourquoy plu&longs;to&longs;t contre la &longs;uitte, que
&longs;elon la &longs;uitte, & l'ordre des &longs;ignes?
pourquoy donnent-ils &longs;eulement vn
degré à chaque. année?
&longs;i l'homme vi
uoit 360. ans, ils auroient quelque con
jecture, dont ils &longs;ont entierement de&longs;ti
tuez: car qu'elle apparence y à il que ce
point de la natiuité retienne &longs;a force, quelle
tiom
de la 60. année auec celuy de la natiui
té; & quelle apparence y a-il que le de
&longs;tin de cette année depende du rapport
de ces a&longs;pects? ces points &longs;e conoi&longs;&longs;ent
ils l'vn l'autre? pourquoy la reuolution
ne &longs;e fait-elle au&longs;&longs;i bien des autres pla
nettes, & particulierement des fortu
nes, ou infortunes au&longs;quelles ils attri
buent de &longs;i grandes vertus, comme elle
&longs;e fait du Soleil? pourquoy
30. degrez à chaque année, & pour
quoy ne redui&longs;ent -ils le Zodiaque à
l'Equateur dans la profection?
Les
cules, puis qu'ils font regir chaque pla
nette à chaque Septenaire, ou &longs;epmai
ne d'années, & qu'ils ne s'accor dent pas
eux-me&longs;mes &longs;ur ce &longs;uiect. Car Ptolo
mée donne 4. ans d'empire à la Lune,
10. à
12. à
à Saturne.
Quant aux
les A&longs;trologues promettent les
de toutes cho&longs;es: par exemple, s'il &longs;'a
git du mariage, Venus & la Lune &longs;ont
gnificateur parlent tou&longs;iours des fem
mes; & lors qu'ils ont con&longs;ideré les au
tres
les fins, &c. ils di&longs;ent &longs;i l'enfant &longs;era
veuf, s'il épou&longs;era vne femme riche, ou
pauure, & &longs;i elle doit viure peu, ou
temps
Ie lai&longs;&longs;e les autres mai&longs;ons, par le&longs;
quelles ils predi&longs;ent &longs;i
pentier, Maçon, Aduocat, &c. afin de
dire vn mot des elections, par le&longs;quel
les ils tiennent qu'ils ne faut pas pren
dre medecine, lors que la
lier,
rejetter, à rai&longs;on que ces &longs;ignes rumi
nent: que les Nauires ne doiuent pas
partir, lors que
parce qu'il pre&longs;ide aux Pyrates. Ils veu
lent au&longs;&longs;i que l'on con&longs;idere &longs;i le &longs;igne
qui monte, s'il e&longs;t fixe, ou mobile, auant
que de planter les arbres, de peur qu'ils
&longs;e déracinent; que l'on o&longs;te l'enfant de
la mammelle, lors qu'vn &longs;igne humain
monte, quand on le veut rendre deli
cat, & &longs;i on veut qu'il ayme la chair,
lors que le Lion monte: que &longs;ouz l'E
creui&longs;&longs;e il aymera le poi&longs;&longs;on, ce qui ar-
mais il aymera les legumes &longs;ouz la pre
miere partie du Capricorne, du Belier,
& du Taureau.
Lors qu'on luy donne vn mai&longs;tre, ils
veulent que
Lune en &longs;on croi&longs;&longs;ant; que la Lune &longs;oit
en a&longs;pect &longs;extil auec le
Seigneur de la 10. mai&longs;on, lors qu'on
va &longs;alüer vn Prince, ou vn Roy: que
l'on aille à la cha&longs;&longs;e &longs;ouz vn &longs;igne mobi
le, dans lequel il n'y ait point de planet
te retrograde: que l'on e&longs;&longs;aye les habits
&longs;ouz vn &longs;igne mobile, dans lequel la
&longs;e rencontre, de peur que les ve&longs;temens
durent plus long-temps que le corps.
Ie lai&longs;&longs;e la natiuité des Villes, & les
pre&longs;ages qu'ils en tirent, car ils &longs;ont &longs;i
pion, & le
Rome, comme l'on peut voir dans So
lin; &
du Soleil, que de 28. degrez. Ie lai&longs;&longs;e
&longs;emblablement les elections de l'heu
re pour grauer les cachets, & les Tali&longs;
mans, & mille autres re&longs;ueries, quinç
peuuent entrer dans vn bon e&longs;prit.
Certainement les excellens per&longs;on-
&longs;trologie, comme l'on peut voir dans
Ciceron au 2. liure de la diuination; &
plu&longs;ieurs croyent que Ptolomée n'e&longs;t
pas l'Autheur du Quadripartir, ou qu'il
a &longs;eulement fait vn abregé des re&longs;ue
ries des Ægyptiens, afin de &longs;atisfaire à
la curio&longs;ité de quelques vns de&longs;esamis:
Car quelle apparence y a-il qu'il n'ayt
o&longs;é traiter de la Phy&longs;ique, à rai&longs;on de
&longs;on incertitude, comme il témoigne
dans la preface de &longs;on Almage&longs;te, &
qu'il ayt traicté de l'A&longs;trologie qui n'a
pas &longs;eulement de la probabilité pour
e&longs;tablir &longs;es fondements?
Delà vient que Cardan a&longs;&longs;eure dans
&longs;on Epi&longs;tre &longs;ur le Quadripartit, que les
Autheurs, dont Ptolomée a pui&longs;e &longs;on
liure, ont e&longs;té des impo&longs;teurs, qui ont
tout corrompu; ce que l'on peut &longs;em
blablement dire de Cardan, d'Origan,
& de tous les autres, puis qu'ils n'ont
pas plus de rai&longs;on qu'eux.
Or il y a gran de apparence que les
hommes, qui ont voulu paroi&longs;tre plus
tes ces fables, afin de gaigner de l'ar
gent, ou d'acquerir l'amitié, & la fa-
nulle rai&longs;on, ils ont eu recours aux ex
periences: par exemple, que Nigidius
ayant veu la natiuité d'Augu&longs;te, il luy
predit qu'il &longs;eroit &longs;eigneurde l'Vniuers?
&longs;eroit mangé des chiens; que Pic de la
Mirandole e&longs;t mort l'an 32. de &longs;on âge,
à rai&longs;on de la direction de l'Horo&longs;cope
au corps de Mars, comme remarque
Gauric.
Ie lai&longs;&longs;e plu&longs;ieurs autres experiences,
dont ils &longs;e
rans, puis que iamais nul A&longs;trologuen'a
fait les ob&longs;eruations nece&longs;&longs;aires pour
e&longs;tablir des regles &longs;ur ce&longs;ujet, car il fau
droit pour le moins auoir 2. experien
ces de 2. enfans, qui fu&longs;&longs;ent nez &longs;ouz vn
me&longs;me a&longs;pect du Ciel, ce qui n'e&longs;t en
core iamais arriué: par exemple, les
Chaldeans
natiuité, dans laquelle l'Horo&longs;cope ayt
e&longs;té le premier degré du Belier, le So
leil e&longs;tant au commencement de l'E
creui&longs;&longs;e, la Lune au 20. du Ver&longs;eau, &
veu 2. fois les planettes en me&longs;me a&longs;
pect, en me&longs;me latitude, & aux me&longs;-En apres,
ils n'ont point connu les planettes, qui
&longs;ont à l'entour de
les taches du Soleil, qui peuuent varier
les effects qu'ils promettent.
D'ailleurs, encore que ce&longs;t art eu&longs;t
e&longs;té veritable en Ægypte, il ne &longs;eroit
pas veritable en ce climat, ny dans la
&longs;phere parallele, où nul degré de l'é
clyptique ne &longs;e leue, ny ne &longs;e couche,
& où
&longs;eruir d'Horo&longs;cope, de milieu du Ciel,
ou d'autre mai&longs;on. En apres, il y a tou
&longs;iours quelque partie de l'éclyptique
dans la Zone froide, quine &longs;e leue ia
mais, & qui e&longs;t tou&longs;iours ca chée &longs;ouz
l'horizon, & quel que partie qui e&longs;t tou
&longs;iours &longs;ur l'horizon, & qui ne &longs;e couche
iamais: de &longs;orte que cet art ne peut &longs;er
uir qu'entre les Tropiques, c'e&longs;t à dire
dans la Zone torride, & dans les tem
perées.
A quoy l'on peut adiou&longs;ter que tout
ce que l'on diticy des A&longs;tres, &longs;e trouue
autrement au dela de l'E quateur, où le
Belier e&longs;t le commencement de l'Au
tomne, & où le Lion gele, au lieu qu'il
nous bru&longs;le: Car &longs;'ils répondent que la
tie du monde pour le Belier, & le Ca
pricorne pour l Ecreui&longs;&longs;e, &c. il faut
qu'ils confe&longs;&longs;ent que les exaltations, &
les cheutes des planettes, & toutes
leurs autres fantai&longs;ies &longs;'en
Mais il n'e&longs;t pas nece&longs;&longs;aire d'aller par
dela la ligne pour
demens de nullité & d'erreur, pui&longs;
que nous experimentons que le me&longs;me
climat produit des cho&longs;es &longs;i differentes
en me&longs;me temps.
En apres que peuuent-ils répondre
aux Topinamboux, qui
& dont les femmes engendrent par de
là 90.ans: & où tout ce qu'ils di&longs;ent des
riche&longs;&longs;es, des femmes, &c. e&longs;t tres-faux,
puis qu'ils ont toutes cho&longs;es en com
mun, & qu'ils n'ont point d'Arts, ni de
me&longs;tiers &longs;emblables aux no&longs;tres?
Certainement &longs;i l'on con&longs;idere la di
uer&longs;ité des manieres de viure qui &longs;ont
au monde, & la confu&longs;ion des
qui arriuent durant la guerre, & qui
n'arriueroient pas durant la paix, l'on
confe&longs;&longs;era que toute l'A&longs;trologie e&longs;t ri
dicule, & qu'elle ne contient autre
cho&longs;e que des fables.
Quant aux experiences, dont ils &longs;e
vantent, Ciceron au liure 2. de la Di
uination, & Sextus ab Heminga auec
plu&longs;ieurs autres s'en mocquent, & ce
luy-cy mon&longs;tre par 30. natiuitez
mes
Henry II. mourut à 40. ans accomplis,
d'vne ble&longs;&longs;eure qu'il receut dans l'œil,
la 4. figure de Sextus, quoy que Gauric,
& Cardan luy promi&longs;&longs;ent l'Empire, à
rai&longs;on du Soleil, de la Lune, & de
l'Horo&longs;cope.
Rodolphe Camerarius s'e&longs;t au&longs;&longs;i trom
pé à la mort d'Henry IV. qu'il auoit
predite deuoir arriuer
d'Octobre, comme l'on peut voir dans
&longs;a 76. natiuité, car il le menace du dan
ger de &longs;a vie l'an 59. 4. mois, & 21.iour:
cr il e&longs;toit né l'an 1553. le 24. Decem
bre, deux heures apres minuit; & la rai
&longs;on qu'il en apporte e&longs;t que le Soleil ar
riuoit par la direction au corps de
l'Horo&longs;cope au
lieu du Ciel au
Ie lai&longs;&longs;e plu&longs;ieurs autres cho&longs;es qui
&longs;ont &longs;i fau&longs;&longs;es dans leurs experiences,
qu'ils ne &longs;çauroient les lire &longs;ans rougir
nulleregle dans toute l'A&longs;trologie, qui
n'ayt e&longs;té inuentée
aucune rai&longs;on. Et les erreurs que Car
dan a fait dans &longs;a propre natiuité, font
a&longs;&longs;ez voir leur ignorance: car il met
au 21. des II, qui e&longs;toit dans le 18. &
dans le 23. de la Balance, qui e&longs;toit
le vingt &longs;ixie&longs;me.
Il &longs;e trompe d'vn &longs;igne entier dans la
figure de Iean Checi, lors qu'il place
& Tycho remarque dans la 777. page
de la nouuelle étoile, que Cardan fait
nai&longs;tre Lurher l'an 1483. à 10. heures du
matin, & que Gauric le fait nai&longs;tre l'an
&longs;uiuant à vne heure, encore qu'il &longs;oit
nay à onze heures, & que l'vn & l'autre
&longs;e &longs;oient trompez de 12. iours: Car il
nâquit le 10. de Nouembre, & non le
22 comme ils di&longs;ent, & neantmoins ils
trouuent leur conte, & accommodent
les accidents de &longs;a vie à leur natiuité
feinte, & fau&longs;&longs;e: de &longs;orte qu'il faut e&longs;tre
plus &longs;tupide que la plus lourde be&longs;te du
monde pour croire, & pour s'amu&longs;er à
leurs regles.
Ce qu'il &longs;emble que Cardan ayt
neu6. du liuze
il 10. cho&longs;es veritables de 40. que l'on
predit; il pouuoit dire qu'a peine s'en
rencontre-il vne vraye de 4000.
Or il aduouë pour le moins que le
men&longs;onge e&longs;t 4. fois plus grand que la
verité, & luy me&longs;me &longs;e trompe gran
dement dans la natiuité d'Edoard VI.
Roy d'Angleterre, qu'il met la premie
re des 12. qu'il fait: car il luy predit des
maladies à l'an 23. 34. & 55. & neant
moins il mourut à 16. ans, quoy que
Cardan eu&longs;t employé cent heures à
dre&longs;&longs;er cette natiuité.
Il faut encore remarquer qu'ils de
mandent tou&longs;iours &longs;i l'enfant, dont on
leur parle, e&longs;t vn ma&longs;le, ou vne femelle,
&longs;i les parens &longs;ont riches, ou pauures, &
qu'ils répondent ambiguëment, & en
general, afin que &longs;i ce qu'ils di&longs;ent n'ar
riue pas, ils pui&longs;&longs;ent expliquer chaque
cho&longs;e à leur
menteries &longs;ont &longs;i éuidentes qu'ils ne
peuuent les pallier, ils di&longs;ent qu'on à
failly à prendre la vraye heure de la na
tiuité, qu'il la faut corriger, & qu'il faut
v&longs;er d'vne autre maniere de
Ie lai&longs;fe plu&longs;ieurs autres échapatoi-
me
cette fable vient de la &longs;tupidité de ceux
qui &longs;e lai&longs;&longs;ent abu&longs;er trop ay&longs;ément:
Ce qui arriue lors qu'ils &longs;ont portez d'a
mour, de haine, de de&longs;e&longs;poir, ou d'au
tres pa&longs;&longs;ions, qui leur font croire que
&longs;il arriue quelque cho&longs;e de ce que l'A
&longs;trologue a predit, que &longs;on arre&longs;t e&longs;t
diuin.
Mais lors qu'ils con&longs;idereront que le
Soleil, & les autres A&longs;tres ne lui&longs;ent
pas dauantage pour les Roys que pour
les bergers, & qu'ils roulent au&longs;&longs;i bien
pour tous les animaux que pour eux,
quoy que le de&longs;tin des be&longs;tes &longs;oit bien
éloigné du leur, ils auront honte d'a
uoir e&longs;té de &longs;i legere croyance, & ne &longs;'a
mu&longs;eront pas à ce que di&longs;ent les Hi&longs;to
riens tant anciens que modernes, qui
ont e&longs;té curieux de rama&longs;&longs;er les bruits
qui courent, & qui donnent &longs;ouuent
des contes pour des hi&longs;toires, parce
qu'ils &longs;çauent que ces cho&longs;es là &longs;ont
des &longs;ont leuës auec plai&longs;ir, & attention.
L'on peut voir dans Plutarque qu'O
ctaue & Marius &longs;'e&longs;tant fiez aux A&longs;tro-
di&longs;ent mille cho&longs;es aux Princes pour les
&longs;later,
pire à Augu&longs;te, quoy que cela ne peu&longs;t
arriuer que par la mort de Ce&longs;ar, & de
Pompée, à qui ils auoient promis vne
longue vie, au rapport de Ciceron dans
le 2. de la diuination.
Où il faut remarquer, que Scaliger
maintient dans &longs;a preface &longs;ur Manile,
qu'Augu&longs;te n'e&longs;t pas nay &longs;ouz le Capri
corne Horo&longs;copant, mais plu&longs;to&longs;t &longs;ouz
le &longs;igne oppo&longs;é; Quoy que s'en &longs;oit,
combien en voit-on qui nai&longs;&longs;ent &longs;ouz
l'vn, & l'autre &longs;igne, & qui neantmoins
ne &longs;ont ny Princes ny Roys, mais de
pauures vignerons? delà vient que Car
dan n'a pas promis vn Empire à Co&longs;me
de Medicis dans &longs;a 4. figure, encore
qu'il ayt vne natiuité &longs;emblable à celle
d'Augu&longs;te, mais &longs;culement la pruden
ce; & bien qu'il &longs;e &longs;oit luy-me&longs;me fait
mourir de faim, afin de n'e&longs;tre pas con
uaincu de men&longs;onge dans le iugement
de &longs;a natiuité, comme remarque Scali
ger dans ladite preface, il n'a pourtant
peu predire la mort de Iean Bapti&longs;te &longs;on
fils, qui receut vn coup d'arquebu&longs;e
&longs;onné &longs;a femme, comme a remarqué
Sixtus ab Heminga dans &longs;a derniere
natiuité. Quant à Pic de la Mirando
le, il e&longs;t mort e&longs;tant âgé de 31. an: Et
neantmoins Gauric confe&longs;&longs;e qu'il luy
auoit &longs;eulement predit la mort auant
36. ans.
Mais ie ne croy pas que l'on pui&longs;&longs;e
parler plus amplement de cetart pre
tendu &longs;ans abu&longs;er dela patience des le
cteurs. C'e&longs;t pour quoy il faut pa&longs;&longs;er à
des di&longs;cours plus vtiles, & imiter les Me
decins, qui tirent les alexipharmaques
du poi&longs;on, & la Theriaque de la Vi
pere.
Ie de&longs;ire que tout le di&longs;cours que i'ay
fait de l'A &longs;trologie &longs;entende
de celle que l'on nous a donnée iu&longs;ques
àpre&longs;ent, &longs;ans des principes qui pui&longs;&longs;ent
contenter l'e&longs;prir, car ie ne veux pas
nier que
de cho&longs;es par la contemplation, & le
rapport que les corps cele&longs;tes ont auec
la terre, lors que Dieu en aura donné la
plaira. Et peut-e&longs;tre qu'il ne &longs;e fait
dans les
ture qui ne
&longs;titutiom
par leurs rencontres, & a&longs;pects, &longs;oit de
uant, &longs;oit à l'heure que les cho&longs;es arri
uent; mais parce que cela n'e&longs;t pas cer
tain, & que nous n'auons nul moyen
de le &longs;çauoir, c'e&longs;t perdre le temps que
de faire des Horo&longs;copes pour trouuer
la qualité du temperament, de l'e&longs;prit,
ou des autres cho&longs;es que l'on de&longs;ire &longs;ça
uoir.
Tous les di&longs;cours
pas nece&longs;&longs;aires pour les Geometres, qui
ne doutent pas qu'vne centaine de
delles
d'vne
cent pieds en quarré, ont plus de force
&longs;ur celui qui e&longs;t au milieu de ladite
bre
mament &longs;ur les hommes, puis que les
chandelles l'éclairent, & l'échauffent
dauantage, &
que le&longs;dites étoiles, ou que Saturne,
Iupiter, Mars, Venus, & Mercure. Ce
qu'il faut &longs;emblablement conclurre de
la Lune, qui n'a pas plus de force &longs;ur
nous qu'vn flambeau de cire qui nous
éclaire au&longs;&longs;i fort, & au&longs;&longs;i long-temps,
Mais parce que tout le monde ne &longs;e
tente
que celuy-cy, il a fallu l'e&longs;tend
au long.
Si les A&longs;trologues con&longs;iderent que
&longs;ouz l'Equateur, ils n'ont nulle rai&longs;on
qui les fauori&longs;e pour mettre
du
Ver&longs;eau, ou dans la Balance, que dans le
Belier, & que toutes leurs hypothe&longs;es,
&, leurs diui&longs;ions
noctial, ou &longs;ouz les poles, & qu'ils
iamais fait aucune ob&longs;eruation &longs;i exa
cte qu'ils en voulu&longs;&longs;ent, ou qu'ils en
peu&longs;&longs;ent répondre au&longs;&longs;i a&longs;&longs;eurément
que d'vn principe de Geometrie, ou de
quelqu'autre &longs;cience, i'e&longs;pere qu'ils
quitteront cet art, lequel e&longs;t capable
de rendre les hommes les plus &longs;ages du
monde les plus infames de la terre.
I'e&longs;pere faire voir dans vn autre lieu
que la terre enuoye plus d'in&longs;luences
&longs;ur la Lune, & &longs;ur les autres planettes
qu'elie n'en reçoit de toutes les étoiles,
& qu'elle n'e&longs;t tout au plus redeuable
qu'au Soleil: d'où l'on conclurra par de
nouuelles rai&longs;ons, que la Iudiciaire n'a
point encore de principes qui nous
&longs;oient connus: & que &longs;i ce qui arriue
&longs;ur la terre, depend des A&longs;tres, la con
noi&longs;&longs;ance en e&longs;t tellement re&longs;eruéc à
Dieu, que les hommes ne peuuent rai
&longs;onnablement la de&longs;irer, ny l'e&longs;perer
iu&longs;ques à ce qu'il luy plai&longs;e de la leur
reueler.
cien doit e&longs;tre &longs;anguin, phlegmatique, bi
lieux, ou melancholique, pour e&longs;tre capable
de chanter, ou de compo&longs;er les plus beaux
airs qui &longs;oient poßibles.
IL e&longs;t tres-difficile de pouuoir tolle
ment rencontrer &longs;ur ce &longs;ujet que l'on
cho&longs;e que l'on en pui&longs;&longs;e dire, l'on ne
peut produire de demon&longs;trations ceo
metriques pour prouuer quel doit e&longs;tre
le temperament d'vn parfait Mu&longs;icien:
car encore que ce temperament fu&longs;t
po&longs;&longs;ible, neantmoins la difficulté de
meure tou&longs;iours, qui con&longs;i&longs;te à &longs;çauoir
quel il doit e&longs;tre pour compo&longs;er les plus
beaux chants qui &longs;e pui&longs;&longs;ent faire, ou
pour les chanter auec toute la
qui &longs;e peut imaginer.
Quelques-vns croyent que le melan
cholique e&longs;t le plus propre de tous pour
la Theorie de la Mu&longs;ique, dautant qu'il
fait ordinairement de &longs;erieu&longs;es refle
xions, qui &longs;ont nece&longs;&longs;aires pour acque
rir la connoi&longs;&longs;ance de la parfaite Com
po&longs;ition, laquelle &longs;uppo&longs;e de profondes
meditations &longs;ur toutes les parties de la
Philo&longs;ophie, & des Mathematiques.
A quoy ils adioûtent que la terre pre
domine dans le melancholique, qui &longs;e
porte auec vne plus grande inclination
à la compo&longs;ition, & à l'ordonnance des
tons, que le cholere, le &longs;anguin, ou le
phlegmatique. Ie lai&longs;&longs;e maintenant le
temperament parfaitement naturel,
Or le cholerique tenant des qualitez
du feu, e&longs;t plus propre pour la de&longs;tru
ction, à cau&longs;e de &longs;on actiuité, qu'il n'e&longs;t
pour la compo&longs;ition: Le &longs;anguin e&longs;t
&longs;emblable à l'air, lequel ayant vn corps
fort, rare, & &longs;ubtil, ne peut contribuer
que bien peu de cho&longs;e à la
& le phlegmatique, qui e&longs;t rapporté à
l'eau, n'a pas le corps a&longs;&longs;ez &longs;olide, & ne
peut pas beaucoup ayder à la compo&longs;i
tion, à rai&longs;on de &longs;on flus or dinaire, qui
ne permet pas que l'e&longs;prit s'arre&longs;te aux
hautes pen&longs;ees, & aux &longs;peculations qui
&longs;ont nece&longs;&longs;aires pour ce &longs;ujet.
Mais la terre ayant &longs;on corps ferme,
& &longs;olide, e&longs;t plus propre que les autres
elemens pour la compo&longs;ition des cho
&longs;es, c'e&longs;t pour quoy elle e&longs;t preferable à
la lumiere vacillante du feu, à la tran&longs;
parance de l'air, & à la blancheur cou
lante de l'eau; car la con&longs;titution cor
porelle, qui e&longs;t cau&longs;e de &longs;a noirceur, luy
donnevne inclination naturelle à la
po&longs;ition
pre pour l'inuention, & pour la compo
&longs;ition de la Mu&longs;ique.
Au contraire le cholerique e&longs;t trop
bien di&longs;po&longs;ées pour arranger les &longs;ons, &
pour faire de beaux airs. Le &longs;anguin e&longs;t
&longs;emblablement trop leger, & trop in
con&longs;tant; & le phlegmatique n'a pas l'i
magination bien temperée à cau&longs;e de
&longs;es froides humeurs, & des &longs;uperfluitez
qui incommodent &longs;es organes, c'e&longs;t
pourquoy ils concluent que le tempe
rament melancholique e&longs;t le plus pro
pre pour la Mu&longs;ique; ce qu'ils confir
ment par les voyelles de l'alphabet,
qu'ils appliquent aux quatre tempera
mens; car, di&longs;ent-ils, la voyelle, E, e&longs;t
la plus propre de toutes pour la compo
fition des con&longs;ones; dautant qu'elle les
fait pre&longs;que toutes, à rai&longs;on de la matie
re, qui répond à la terre, n'y ayant que
H, & K, qui &longs;ont formees par la voyel
le A, (laquelle a fort peu de matiere à
l'égard de l'E,) & Q, qui e&longs;t formé
par V; car I & O e&longs;tans trop &longs;ubtiles &
deliés, ne compo&longs;ent aucune con&longs;one.
Ils attribuent V, au &longs;anguin, parce
qu'elle a le corps &longs;i rarefié, qu'elle n'a
peu compo&longs;er qu'vne con&longs;one. Ils don
nent l'I, au cholerique, & l'A, au phleg
matique, qui ne peut paruenir à la par-
yant pas &longs;a matiere a&longs;&longs;ez &longs;olide pour
per&longs;i&longs;ter dans le trauail de la Theorie,
& dans la &longs;peculation de la Mu&longs;ique,
comme fait le melancholique, qui a vn
particulier rapport à la voyelle E, qui
compo&longs;e B, C, D, G, M, N, P, R, S,
T & Z, c'e&longs;t pourquoy il medite perpe
tuellement, & fait des reflexions qui
&longs;ont propres pour paruenir à la parfai
cte
le les autres temperamens ne peuuent
arriuer &longs;i ai&longs;ément.
Et &longs;i nous pa&longs;&longs;ons de la Theorie, &
de la compo&longs;ition des beaux airs à la
Pratique, ils di&longs;ent que le
cholerique, & le &longs;anguin y &longs;ont plus
propres que les deux autres,
la Mu&longs;ique n'e&longs;t qu'vn jeu diuer&longs;ement
me&longs;uré, qui &longs;ert pour &longs;oulager, & pour
de&longs;ennuyer l'e&longs;prit: or les &longs;anguins &
les choleriques &longs;e portent plus facile
ment à l'exercice des chants, & à tou
tes &longs;ortes de recreations, que les phleg
matiques, ou les melan choliques, qui
ont leurs organes, & particulierement
leurs voix beaucoup plus gro&longs;&longs;ieres, &
plus chargées d'impuretez, à raifon de
pe&longs;chent le roulement desvoix harmo
nieu&longs;es.
De là vient que le melancholique,
& le phlegmatique chantent rarement
en comparai&longs;on des &longs;anguins & des
choletes, qui &longs;ont plus déchargez d'im
puretez, à cau&longs;e de l'humidité & de la
chaleur qui predominent en eux, & qui
par con&longs;equent ont plus d'inclination
à chanter pour &longs;e re&longs;ioüir dans les di
uer&longs;es rencontres: car chacun &longs;uit le
mouuement de &longs;on temperament,
me
&longs;uit le mouuement des ennuis, & de la
tri&longs;te&longs;&longs;e, qui luy &longs;ont ordinaires, & qui
&longs;ont fort e&longs;loignez des chants & de la
joye.
C'e&longs;t pourquoy les Hebrieux qui
rapportent quatre de leurs e&longs;prits, ou
de leurs lettres aux quatre &longs;u&longs;dits tem
pram ens, approprientleur
apre, & tres-rude au melancholique,
car il &longs;e prononce des narines, & du go
&longs;ier, comme &longs;i l'on prononçoit
Le phlegmatique a vne grande quan
tité d'eau corporifiée, & par con&longs;e
quent il approche de la gro&longs;&longs;iereté du
froids & tardifs de l'eau, ce que les He
brieux ont repre&longs;enté par leur e&longs;prit,
ou par leur lettre
beaucoup plus dure & plus rude que la
lettre
Le &longs;anguin &longs;uit les mouuemens &longs;ub
tils de l'air, qui le font chanter plus &longs;ou
uent, c'e&longs;t pourquoy les Hebrieux luy
attribuënt la lettre
plus doucement & plus mollement que
les deux autres
tout ce que l'on rapporte de ces lettres,
ou des e&longs;prits des lettres & des accents,
e&longs;t fabuleux, & n'a point d'autre fonde
ment que la fantai&longs;ie de quelques igno
rans, qui veulent que l'on croye qu'ils
&longs;ont &longs;çauans dans vn certain genre de
Cabale, qui n'e&longs;t que dans leur imagi
nation.
Finalement le cholerique e&longs;t plus
propre pour bien chanter que tous les
autres, à rai&longs;on des qualitez du feu qui
&longs;e trouuent dans le temperament bi
lieux, & qui font que le cholere roule
plus nettement les chan&longs;ons, dautant
qu'il n'a point d'empe&longs;chement du co
&longs;té de la matiete melancholique, ny de
propre pour les rheumes, & pour les ca
therres. C'e&longs;t pour quoy les Hebrieux
ont donné leur doux
rament cholerique, car cette lettre &longs;e
prononce &longs;i facilement, & &longs;i
qu'elle e&longs;t pre&longs;que imperceptible.
Il e&longs;t donc euident qu'ils donnent le
premier rang au bilieux, le &longs;econd au
&longs;anguin, le troi&longs;ie&longs;meau phleg matique,
& le quatrie&longs;me au melancholique,
quand il e&longs;t que&longs;tion de chanter: mais
ils en exceptent le cinquie&longs;me tempe
rament, qu'ils comparent à la quinte
e&longs;&longs;ence, ou au Ciel: auquel les He
brieux attribuent leur
tins la voyelle O, dautant que ce tem
perament contient les quatre autres en
eminence, comme le
tes les lettres de l'alphabet, &
principe contient &longs;es effects La voyelle
O e&longs;tant ronde contient toutes &longs;ortes
de figures, & les &longs;urpa&longs;&longs;e, comme le
cinquie&longs;me temperament, (auquel le
parfait
té, que les Medecins appellent
dus
tres.
Quelques autres croyent que le tem
pera ment &longs;anguin e&longs;t le plus propre
pour faire & pour chanter les airs, dau
tant qu'il e&longs;t le plus ioyeux, & qu'il a
vne plus grande
qui reçoit & qui porte les chants iu&longs;
ques à l'oreille: mais puis que le chant,
dont nous parlons icy, doit e&longs;tre agrea
ble à tout le monde, &longs;i le &longs;anguin e&longs;toit
propre pour le faire, ou pour le chan
ter, pourquoy les viandes, qui &longs;ont
agreables, & propres aux &longs;anguins, ne
&longs;ont elle pas au&longs;&longs;i propres, & agreables
à toutes &longs;ortes de
que âge, &longs;ai&longs;on, ou Prouince qu'ils pui&longs;
&longs;ent &longs;e rencontrer; ce qui e&longs;t contraire
aux loix, & aux preceptes des Mede
cins: car on donne vne autre viande
aux vieillards, qu'aux enfans, & vne
autre aux pituiteux, qu'aux bilieux.
D'ailleurs, la Mu&longs;ique e&longs;tant vn ou
urage de l'imagination rempli de cha
leur, & de &longs;echere&longs;&longs;e, il ne &longs;e peut faire
que le &longs;anguin &longs;oit propre pour compo
&longs;er le chant dont nous parlons. A quoy
l'on peut adiou&longs;ter que le
&longs;anguin n'e&longs;t pas le plus porté à l'excez
du plai&longs;ir que la Mu&longs;ique apporte, car
pre à la Metriopatie, &longs;i l'on excepte la
pa&longs;&longs;ion d'amour: par con&longs;equent enco
re que le temperament &longs;anguin &longs;oit le
meilleur de tous les autres, pour ce qui
appartient aux actions animales, il
n'e&longs;t pas le meilleur pour les actions de
l'e&longs;prit.
De là vient que les Naturali&longs;tes di
&longs;ent que les
benins, gracieux, raillards, & de longue
vie, mais &longs;tupides & d'vn e&longs;prit pe&longs;ant,
& qu'ils ont moins de viuacité que les
bilieux, & &longs;ont moins adui&longs;ez, & indu
&longs;tricux que les melancholiques; il ne
&longs;'en&longs;uit donc pas que le temperament
&longs;anguin &longs;oit le plus propre pour com
po&longs;er les airs de Mu&longs;ique, bien qu'il &longs;oit
le meilleur, & le plus propre pour les
actions de la vie.
Or cette contrarieté d'opinions fait
voir qu'il e&longs;t trop difficile de trouuer le
temperament de l'excellent Mu&longs;icien,
dont nous parlons: neantmoins puis
qu'Apollon a e&longs;té tenu des
le Dieu de la Medecine, voyons &longs;i elle
nous pourra donner ce temperament,
pui&longs;que la complexion n'e&longs;t autre cho-
quatre &longs;imples qualitez elementaires,
à &longs;çauoir de la chaleur, de la froideut,
de l'humidité, & de la &longs;iccité; ou pour
mieux dire, vn mélange du chaud, du
froid, du &longs;ec, & de l'humide.
Il faut donc premierement remar
quer que tous les temperamens peu
uent e&longs;tre reduits à deux chefs: car tou
te &longs;orte de temperament e&longs;t temperé,
ou
temperamens:
e&longs;t vicieux, car il empe&longs;che les actions
en trois manieres, dautant qu'elles &longs;ont
ou deprauées, ou diminuées, ou abo
lies. Le
Grecs,
dus,
elemens, de maniere qu'vne qualité ne
&longs;urmonte point l'autre. Le &longs;econd e&longs;t
appellé
n'a pas vne égalle portion des elemens;
mais c'e&longs;t luy qui rend tous les corps
propres, & habiles pour exercer leurs
operations, & &longs;e trouue en toutes &longs;ortes
de per&longs;onnes plus ou moins temperées,
&longs;elon leur âge, leur habitude, leur pays,
Quant au premier temperament,
Auicenne, Auerroës, & les auttes Ara
bes, di&longs;ent qu'il ne &longs;e peutrencontrer,
ne peut e&longs;tre compo&longs;é de qualitez qui
&longs;oient égaies, & contraires;
Galien e&longs;t de contraire aduis dans le li
ure 1.2. & 3. Car
il maintient que cette égalité &longs;e
tre
des doigts d'vn homme temperé à iu
&longs;tice, ce&longs;te peau n'e&longs;tant chaude & hu
mide comme la chair, ny froide & &longs;eche
comme le nerf, mais comme vn nerf
charneux; car puis qu'elle e&longs;t l'organe
du toucher, elle doit e&longs;tre exempte de
toutes qualitez e&longs;trangeres, afin qu'elle
iuge parfaitement des qualitez qui &longs;e
commun ayant receu les images des
qualitez par le moyen de la peau, que
les Grecs appellent
ge, car les &longs;ens exterieurs ne iugent pas
de leurs objets, cette action e&longs;tant trop
&longs;ubtile, & trop releuée pour eux: mais
il e&longs;t nece&longs;&longs;aire que les organes des &longs;ens
&longs;oient bien di&longs;po&longs;ez; autrement le &longs;ens
arriue à ceux quiont la jauni&longs;&longs;e, & qui
voyent les objets &longs;emblables à la tein
ture de la cornée; c'e&longs;t pourquoy &longs;i le
&longs;ens du toucher n'e&longs;toit parfaitement
temperé, il ne pourroit faire vn fidelle
rapport au &longs;ens commun du froid, du
chaud, & des autres qualitez.
Or pour mieux entendre cecy, il faut
remarquer qu'il y a deux &longs;ortes de tem
peramens à poids, l'vn
vne égalité de portions elementaires;
c'e&longs;t à dire, qu'vn homme temperé en
cette façon, auroit vn pied cube de feu,
& autant d'air, & d'eau, &longs;uppo&longs;é qu'il
cu&longs;t vn pied cube de terre en &longs;a compo
&longs;ition, ou dans &longs;a ma&longs;&longs;e &longs;anguinaire, qui
contient les quatre premieres qualitez;
ou bien chaque partie pe&longs;eroit autant
l'vne que l'autre, encore que leurs
deurs
s'il y auoit vne liure de &longs;ang, il y auroit
vne liure de phlegme, de bile, & de
melancholie, qui feroient quatre liures
pour toute la ma&longs;&longs;e du &longs;ang.
Tous les Medecins a&longs;&longs;eurent que ce
temperament ne &longs;e peut trouuer,
tant
corder, qu'ils ne m'en eu&longs;&longs;ent donné de
bonnes rai&longs;ons: car il ne &longs;e faut pas ima
giner que la qualité, qui répond au feu
dans le &longs;ang, ou dans le temperament
de l'homme, &longs;oit vn feu di&longs;&longs;ipant &
de&longs;trui&longs;ant, &longs;emblable à no&longs;tre feu arti
ficiel, mais il e&longs;t pur & cele&longs;te, tel que
nous l'imaginons dans l'éther, ou dans
les Cieux.
L'autre temperament
appellé
qualitez des elements temperez, tel
qu'il &longs;e reneontre dans la peau de la
main, comme i'ay dit, & au
qui &longs;e fait d'vne complexion chaude &
humide, dans vne froide & &longs;eiche,
nece&longs;&longs;aire de pa&longs;&longs;er par le milieu bien
temperé pour arriuer à l'autre extremi
té; ce que ie ne leur accorde pas au&longs;&longs;i,
car il &longs;e trouue quantité de cho&longs;es qui
peuuent pa&longs;&longs;er d'vne extremité à l'au
tre, &longs;ans pa&longs;&longs;er par le milieu: Par exem
ple, on pa&longs;&longs;e d'vn &longs;on donné à l'Octaue,
à la Quinte, à la Tierce, & la Douzie&longs;
me, auecles flu&longs;tes, les trompettes, les
Orgues & les voix, &longs;ans pa&longs;&longs;er par les
&longs;ons du milieu, comme i'ay remarqué
qui &longs;e font par le cercle, & par &longs;a tan
gente, comparez aux angles faits par la
me&longs;me tangente, & par le diametre, ou
par le diametre auec le cercle. Mais ie
ne veux pas m'étendre plus
&longs;ur ce &longs;ujet, afin de venir à la
qu'ils tirent de ce qui a e&longs;té dit, à &longs;ça
uoir que le parfait Mu&longs;icien doit auoir
le temperament
Galien en&longs;eigne au &longs;econd liure des
Temperamens, & au premier liure
&longs;anitate tuenda,6. que celuy qui e&longs;t
tres-temperé, e&longs;t tres-prudent, tel que
doit e&longs;tre le parfait Mu&longs;icien.
De plus, celuy qui a acquis le degré
de perfection, e&longs;t courtois, amiable &
affable; il n'e&longs;t trop cholere, ny trop
gay, ny trop tri&longs;te: il e&longs;t doux, humble,
patient au trauail, ayant vne modera
tion dans &longs;es mœurs, & en &longs;es actions,
qui e&longs;t proportionnée à la beauté de
&longs;on corps, ou à la
perament.
Les autres complexions ont leurs
vices, & leurs imperfections: car le &longs;an
guin e&longs;t trop gay, & ne demande qu'à
tire & à &longs;auter, comme Galien a remar-
qu'Hipocrate a fait des humeurs: le
bilieux e&longs;t trop courageux, trop fa&longs;
cheux, & trop cholere: le melancho
lique e&longs;t &longs;oupçonneux, difficile à appai
&longs;er, & à corriger, & trop tri&longs;te & crain
tif, comme dit Hipocrate en &longs;es Apho
ri&longs;mes: le pituiteux e&longs;t pare&longs;&longs;eux, a&longs;
&longs;oupy, & oublieux, le phlegme
pas propre pour rendre vn
nieur, à rai&longs;on de &longs;a froideur, & de &longs;on
humidité; c'e&longs;t pourquoy toutes ces
quatre complexions e&longs;tans vicieu&longs;es,
comme témoignent les âges, les
& les pays au&longs;quels les humeurs domi
nent, il faut choi&longs;ir le temperament
pondus,
&longs;i nous voulons trouuer vn parfait Mu
&longs;icien; car encore que chaque humeur
ait quelque cho&longs;e qui pui&longs;&longs;e &longs;eruir à la
perfection du Mu&longs;icien, neantmoins
chacune a
comparée à la perfection du tempera
ment
en éminence tout ce qui peut y auoir
de perfection dans les autres.
Or apres auoir parlé du temperament
qui e&longs;t requis pour faire vn parfait Mu-
ble; & partant &longs;uppo&longs;er qu'il &longs;e rencon
tre trois &longs;ortes d'humeurs dans le corps
humain, dont les vnes &longs;ont alimentai
res, comme celles qui &longs;ont contenuës
dansles veines, & qui font la ma&longs;&longs;e du
&longs;ang; les autres &longs;ont des excremens
vtiles,
d'autres v&longs;ages de&longs;tinez par la nature;
car la bile e&longs;t contenuë dans la ve&longs;icu
le, qui e&longs;t attachée au foye, pour &longs;eruir
à faire vuider les excrements; & la me
lancholie e&longs;t dans la rate pour y e&longs;tre é
labourée, & de là portée dans l'e&longs;to
mach par le conduit que l'on appelle,
Il y a vn autre humeur &longs;ereux, qui e&longs;t
inutile pour la nourriture, mais il e&longs;t
tres-nece&longs;&longs;aire pour détremper le &longs;ang
trop épais, qui ne pourroit autrement
e&longs;tre porté dans les veines capillaires.
Les autres humeurs &longs;ont contre na
ture, & cau&longs;ent les maladies, dont l'vne
e&longs;t la melancholie, qui prouient d'vne
chaleur pourri&longs;&longs;ante, & tournée en
cendre; l'autre e&longs;t engendrée de la cho
lere vitelline, & la 3. du phlegme pour
Le phlegme contre nature e&longs;t celuy
qui e&longs;t aigre, ou &longs;alé dans les veines, le
quel e&longs;tant hors des veines, e&longs;t &longs;ubtil,
ou vi&longs;queux, ou vitreux, ou gyp&longs;eux.
La cholere qui &longs;'engendre és veines
&longs;'appelle
pa&longs;tel, & e&longs;t appellée
encore vn autre qui e&longs;t rouge. Cecy
e&longs;tant po&longs;é, voyons la perfection des
humeurs alimentaires qui font la ma&longs;&longs;e
du &longs;ang, qui e&longs;t compo&longs;ée de quatre
parties, comme nous mon&longs;tre le laict
compo&longs;é de quatre &longs;ub&longs;tances, à &longs;ça
uoir du beurre, qui retient deux
&longs;tances
du fromage, & du petit laict: & l'exem
ple du vin rapporté par Galien, car la
fleur repre&longs;ente la cholere, qui e&longs;t la
plus &longs;ubtile des humeurs, & qui paroi&longs;t
tou&longs;iours au de&longs;&longs;us de couleur d'or, &
lui&longs;ante.
La lie repre&longs;ente l'humeur
lique
cau&longs;e de &longs;a pe&longs;anteur, car elle e&longs;t la lie
du &longs;ang. La verdeur, ou aquo&longs;ité du vin
e&longs;t &longs;emblable au phlegme: & la pure li
queur du vin repre&longs;ente le &longs;ang: par où
humeurs, qui con&longs;i&longs;te dans leur cou
leur, &longs;aueur, v&longs;age & autres &longs;emblables
proprietez. Or leur proportion peut
e&longs;tre connuë par la &longs;aueur, qui e&longs;t dou
ce au
me, & aigre &
melancholique: Car l'experience fait
voir que &longs;i &longs;ur vne chopine, ou &longs;ur vne
liure de quelque liqueur douce,
iou&longs;te huict onces de liqueur fade, qua
tre de liqueur aigre, & vne d'amere, &
qu'on fa&longs;&longs;e boüillir le tout auec vn feu
moderé corre&longs;pondant àno&longs;tre chaleur
naturelle, douce, & benigne, & plu
&longs;to&longs;t &longs;emblable à l'elixation, qu'à l'a&longs;
&longs;ation, qu'il &longs;e fera vne liqueur douce
de ces liqueurs me&longs;lées en&longs;emble; par
con&longs;equent il &longs;e doit trouuer vne telle
proportion dans la ma&longs;&longs;e du &longs;ang com
po&longs;ée de doux, d'in&longs;ipide ou fade, &
d'amer ou d'aigre.
Cecy e&longs;tant po&longs;é, toutes les Con&longs;o
nances des Pythagoriciens, qui &longs;e trou
uent dans le nombre quaternaire, &longs;e
contrent
d'vn parfait Mu&longs;icien, car la double
Octaue e&longs;t d'vn à quatre, la Douzie&longs;me
Quinte de deux à trois, & la Quarte de
trois à quatre, de maniere que ce tem
perament e&longs;t Harmonique.
Or ceux qui trouuent que le tempe
rament &longs;anguin e&longs;t le plus excellent &
le pl
&longs;oit que les chan&longs;ons doiuent e&longs;tre &longs;an
guines & jouiales, ou bilieu&longs;es & cho
leriques, ou melancholiques, tri&longs;tes &
phlegmatiques, di&longs;ent que le tempera
ment &longs;anguin e&longs;t fait d'vne égale tem
perature des quatre humeurs &longs;ur le&longs;
quelles le &longs;ang domine; de maniere que
celuy qui aura ce temperament, &longs;era
comme neutre & &longs;urnageant, & con&longs;e
quemment capable de faire de beaux
chants &longs;ur toutes &longs;ortes de &longs;uiets: Mais
le bilieux &longs;e plai&longs;t à vne Mu&longs;ique bru&longs;
que, &longs;oudaine & aiguë, le melancholi
que à la graue & à la tri&longs;te; ce qu'on re
marque à la Mu&longs;ique du Caurroy, qui
e&longs;toit d'vn temperament melancholi
que. Ie &longs;çay qu'il y a des Mu&longs;iciens qui
font & qui chantent toutes &longs;ortes de
chan&longs;ons, bien qu'ils ne &longs;oient pas &longs;an
guins: Mais on peut dire qu'ils ont cet
te perfection, & ce&longs;te inclination de
à la troi&longs;ie&longs;me & quatrie&longs;me
ou que les influences des Cieux ont
tribué
d'excellens Mu&longs;iciens, Poëtes, Ora
teurs, Iuri&longs;con&longs;ultes, &c. de toutes &longs;or
tes de temperamens. Nous pouuons
neantmoins rapporter ce&longs;te grande dif
ference d'e&longs;prits au principe metaphy
&longs;ique de l'indiuiduation, dont nous ne
&longs;çauons point d'autre rai&longs;on, ou d'autre
cau&longs;e efficiente que la
Mais &longs;i nous nous tenons dans les bor
nes & dans les regles des
nous pouuons dire que chaque Mu&longs;i
que a &longs;a perfection; par exemple, que
la bilieu&longs;e a la &longs;ienne, fans faire com
parai&longs;on des vnes aux autres; car tel e&longs;t
rauy par vn chant melancholique, qui
ne &longs;e plai&longs;t point aux chants gays, &
ioyeux.
L'on peut au&longs;&longs;i parler dutempera
ment d'vn Mu&longs;icien, &longs;uiuant les prin
cipes de l'Alchymie (encore que ie ne
veuille pas icy di&longs;puter de la verité de
&longs;es principes) car le fel répond à la ter
re, & à la melancholie: c'e&longs;t pourquoy
l'A&longs;ne e&longs;tant melancholique au qua-
de &longs;ec, qu'il n'a des autres principe
Au
me degré: car il a plus de feu, & de &longs;o
phre: le Loir e&longs;tant d'vn temperame
humide, & froid, a plus d'eau & de me
cure, & la Perdrix e&longs;tant &longs;anguine,
vn temperament chaud & humid
dautant qu'elle a plus d'air, & de &longs;ou
phre.
Mais pour parler des hommes à pr
portion, il faut remarquer que comn
il y a quatre &longs;ortes d'humeurs & de t
peramens dans les hommes, que ch
que temperament peut e&longs;tre encore d
ui&longs;é en trois degrez: par exemple le b
lieux peut auoir vn, deux, ou trois d
grez de bile, dont l'vn tient plus de
nature du feu en &longs;on excez: le &longs;econ
en &longs;a mediocrité, & le troi&longs;ie&longs;me en
remi&longs;&longs;ion, ou en &longs;on affoibli&longs;&longs;ement, l
quel aproche du
comme le troi&longs;ie&longs;me degré du &longs;angu
e&longs;t proche du premier degré du phle
matique, & le troi&longs;ie&longs;me du phlegm
tique e&longs;t qua&longs;i le premier du
lique.
Cecy e&longs;tant po&longs;é, nous pouuons di
la Mu&longs;ique e&longs;t le &longs;ulphureux temperé
de parties égales de Mercure, & de Sel,
pourueu que le &longs;oulphre &longs;oit en plus
grande quantité, ou du moins qu'il ayt
vne plus grande vertu, afin que le tem
perament de celuy qui doit auoir vne
tres-excellente voix, &longs;oit analogue, &
proportionné aux chordes des
mens
d'acier: c'e&longs;t pourquoy les trompettes
&longs;ont d'airain, afin de rendre vn &longs;on plus
clair, plus éclattant, & plus agreable.
Quant au Mercure, & au phlegme, il
rend la voix ca&longs;&longs;e, &longs;ourde & foible,
me
de poi&longs;&longs;on, lequel e&longs;t froid, & humide:
& le &longs;el, ou la terre la rend trop &longs;eiche,
& trop rude, comme il arriue aux la
boureux, & aux autres ouuriers qui &longs;e
nourri&longs;&longs;ent d'aliments fort gro&longs;&longs;iers.
Voila vne bonne partie de ce que l'on
peut dire du temperament du Mu&longs;i
cien, par les principes de la Medeci
ne, & de l'Alchymie: mais
ce
ciens de toutes &longs;ortes de
preuuent autre cho&longs;e que la foible&longs;&longs;e,
& les tenebres de l'e&longs;prit humain.
Les A&longs;trologues &longs;e promettent de
pouuoir trouuer ce temperament en
e&longs;tabli&longs;&longs;ant le theme, ou la po&longs;ition du
Ciel, &longs;ouz laquelle doit nai&longs;trc le Mu
&longs;icien pour e&longs;tre parfait en &longs;on art: mais
nous auons mon&longs;tré cy-deuant qu'ils
&longs;e trompent, au&longs;&longs;i bien que les Phy&longs;io
nomes, & les Chiromanciens, qui di
&longs;ent que ce Mu&longs;icien auroit vne certai
ne configuration de vi&longs;age, & certaines
lignes dans les mains, qui &longs;ignifiroient
&longs;a perfection en l'art de Mu&longs;ique.
Neantmoins i'ay voulu rapporter ce
que l'on peut dire &longs;ur ce &longs;uiet, afin que
l'on voye iu&longs;ques où &longs;e porte l'imagina
tion des hommes, & que l'on
&longs;e
L'on peut adiou&longs;ter 4. autres hu
meurs, dont parle Auicenne, aux pre
cedentes, à &longs;çauoir celle qui n'a point
de nom, laquelle n'e&longs;t autre cho&longs;e que
le &longs;ang, qui &longs;'approche de la partie du La 2. e&longs;t
appellée
la precedente, qui &longs;ort des veines ca
pillaires pour arro&longs;er ladite partie; &
lors que cette ro&longs;ee commence à &longs;atta
cher à la partie, qui &longs;e nourrit, elle e&longs;t
nommée
elle &longs;'appelle
change en la partie: de &longs;orte que les
Medecins appellent ces 4. humeurs,
&longs;uiuent les 4. premieres, dont &longs;e fait la
ma&longs;&longs;e du &longs;ang.
Or ils tiennent que toutes les e&longs;peces
de fiéure hectiques s'attachent à ces 4.
dernieres humeurs, & que la 4. e&longs;pece,
qu'ils appellent
tierement la chaleur naturelle, & l'hu
mide radical, qui &longs;e rencontre particu
lierement
condes humeurs.
Quant aux 4. premieres, il e&longs;t
que chacune a &longs;a fiéure particuliere,
qui e&longs;t
le e&longs;t dans le &longs;ang, comme elle e&longs;t quo
tidienne dans le phlegme, tierce dans
la bile, & quarte dans la melancholie.
Ie lai&longs;&longs;e vne infinité de differentes fié-
gé de ces 4. humeurs, & tout ce que
l'on peut dire de l'idio&longs;yncra&longs;ie des Mu
&longs;iciens, parce que ie ne voy pas que par
cette voye l'on pui&longs;&longs;e determiner aucu
ne chò&longs;e du temperament qu'ils doi
uent auoir pour e&longs;tre parfaits en leur
art, qui dépend le plus &longs;ouuent de l'é
ducation, de la longue habitude, & du
grand trauail. Neantmoins l'on peut
lire ce qui e&longs;t dit de cette idio&longs;yncra&longs;ie,
dans la 559. page des
le texte de la Gene&longs;e.
Il e&longs;t tre&longs;-ay&longs;é de conclurre de tour
le di&longs;cours precedent, que le tempera
ment, & les humeurs ne dominent pas
tellement à la rai&longs;on, qu'elle ne demeu
re dans &longs;a liberté, & qu'elle n'en pui&longs;&longs;e
&longs;urmonter les vices, & les
car il e&longs;t au&longs;&longs;i ay&longs;é de corriger le tempe
rament, ou l'inclination, qui porte au
larrecin, ou à quelqu'autre mauuai&longs;e
action, comme il e&longs;t ay&longs;é au Mu&longs;icien
melancholique de compo&longs;er des
& des airs gays; ce qu'il fait par les ra-
tre le &longs;ens, & l'e&longs;prit contre le tempe
rament. Or l'art de bien viure a des
regles qui &longs;ont du moins au&longs;&longs;i bien e&longs;ta
blies que celles des compo&longs;itions de
Mu&longs;ique, & qui donnent vne &longs;i grande
lumiere à la rai&longs;on, qu'elle peut
ter
humeurs, dautant que les regles dont
elle v&longs;e, viennent de Dieu, qui adjou&longs;te
la force de &longs;a grace, & de &longs;on a&longs;&longs;i&longs;tance
à la clarté de &longs;es loix; dont on peut ex
pliquer ce ver&longs;et du P&longs;alme 4.
e&longs;t &longs;uper nos lumen vultus tui domine, dedi
&longs;ti lætitiam in corde meo.
d'vn parfaict Mu&longs;icien.
LEs &longs;ciences ont iuré entr'elles vne
inuiolable &longs;ocieté, il e&longs;t qua&longs;i im
po&longs;&longs;ible de les &longs;eparer, car elles &longs;ouf
frent plu&longs;to&longs;t que l'on les déchire; & &longs;i
quelqu'vn s'y opinia&longs;tre, &longs;on trauail ne
luy en arrache que des lambeaux im-Elles ne viennent
pourtant pas toutes en&longs;emble, mais el
les &longs;e tiennent tellement par la main,
qu'elles &longs;e &longs;uiuent d'vn ordre naturel
qu'il e&longs;t dangereux de changer, parce
qu'elles refu&longs;ent d'entrer
elles &longs;ont appellees. Et
voir que quand on en veut retenir vne
par force, qu'elle demeure tou&longs;iours
tournée du co&longs;té des autres, & qu'elle
les appelle au &longs;ecours, en mépri&longs;ant tel
lement celuy qui luy fait
le ne daigne pas &longs;eulement luy donner
vne œillade agreable. De là vient que
plu&longs;ieurs &longs;e &longs;ont tourmentez en vain,
qui ne &longs;çachans à qui s'en prendre, &longs;e
&longs;ont accu&longs;ez eux me&longs;mes, plu&longs;to&longs;t que
le de&longs;ordre qui les a reduits aux termes
de n'auoir iamais peu obtenir les bon
nes graces de Minerue. Neantmoins il
n'e&longs;t pas nece&longs;&longs;aire de les affectionner
toutes égallement, car peu de gens y
reü&longs;&longs;i&longs;&longs;ent, d'autant que la vie des hom
mes e&longs;t trop courte pour vne telle en
trepti&longs;e; de là vient que la plu&longs;part de
ceux qui s'y &longs;ont engagez, ne les ont
qua&longs;i peu reconnoi&longs;tre, tant s'en faut
qu'ils ay ent eu loi&longs;ir de penetrer leurs
ueraine beauté. Ce qui a fait iuger aux
plus adui&longs;ez, qu'il e&longs;toit plus à propos
d'en choi&longs;ir vne particuliere &longs;elon &longs;on
inclination, en faueur de laquelle l'on
peu&longs;t inuiter toutes les autres, comme
compagnes in&longs;eparables.
Et veritablement il &longs;eroit à de&longs;irer
que chacun en v&longs;a&longs;t de la &longs;orte, c'e&longs;t à
dire qu'apres les teintures vniuer&longs;elles
des &longs;ciences, l'on s'appliqua&longs;t à la partie
que l'on affectionne le plus. Il y a
temps
degré bien haut, &longs;i nos deuanciers, &
nos peres eu&longs;&longs;ent mis cecy en pratique;
& nous ne perdrions pas le temps aux
premieres difficultez, qui &longs;e pre&longs;entent
miers &longs;iecles qui les ont remarquées.
Nous aurions l'experience des Pheno
menes a&longs;&longs;eurez, qui &longs;eruiroient de prin
cipes à vn &longs;olide rai&longs;onnement: la ve
rité ne &longs;eroit pas &longs;i
mée; la nature auroit quitté la plu&longs;part
de &longs;es enuelopes, l'on verroit les mer
ueilles qu'elle
diuidus: la lumiere &longs;eroit au&longs;&longs;i claire à
tez &longs;en&longs;ibles &longs;eroient au&longs;&longs;i familieres à
l'e&longs;prit, qu'aux pui&longs;&longs;ances qui en &longs;ont
capables: & nous aurions vn
dement
monie, qu'ils &longs;eroient flexibles à toutes
nos pen&longs;ées.
Or ie ne &longs;uis pas le premier Autheur
de ces plaintes, il y a long-temps qu'el
les &longs;e font oüir, & qu'elles re&longs;onnent
dans la bouche de tout le monde, quoy
que per&longs;onne n'y remedie, car encore
que l'on en reconnoi&longs;&longs;e bien la faute,
nul ne la veut reparer: &
de l'homme preuenu du de&longs;ir, & de
bitiom
attachement particulier pour écumer
le general au&longs;&longs;i vi&longs;te que les autres, dau
tant que l'vnique appas de &longs;on e&longs;tude
e&longs;t l'eclat, qu'il ne trouue pas dans la re
cherche des principes, qu'il inge diffi
cile, & trop vetillarde: Et bien qu'ils
&longs;oient la retraitte de la verité, la de&longs;
cente en e&longs;t trop &longs;eabreu&longs;e: la plu&longs;part
des hommes &longs;ont bien ai&longs;es de trouuer
œuure faite, mais peu &longs;y veulent appli
quer, & plu&longs;ieurs croyent que cette re
cherche e&longs;t inutile, ou ridicule: au&longs;&longs;i
ou quatre, qui n'ayent eu ces con&longs;ide
rations, & qui
tes. Pour moy ie ne veux pas les faire
en vain, c'e&longs;t pourquoy ie me joints
volontiers au moindre nombre que i'e
&longs;time le meilleur, & le plus vtile: ceux
qui ne manqueront pas tout à fait de
rai&longs;on, iugeront &longs;i i'en ay eu, & &longs;i mes
&longs;e à la perfection de la Mu&longs;ique, que
i'ay particulierement embra&longs;&longs;ée, enco
re que ie l'aye rencontrée fort impar
faicte. Sí quelqu'vn a la me&longs;me affe
ction, il en pourra tirer plus de profit
que moy: car il la trouuera
leur ordre, & auec plus de grace, pour
ueu qu'il la con&longs;idere dans l'idee que
i'en trace icy
apprendra les cho&longs;es qui &longs;ont nece&longs;&longs;ai
res à cette &longs;cience, que nos peres ont re
ueree, comme diuine. De là
ont accu&longs;é de &longs;acrilege ceux qui la pro
fanoient: il y reconnoi&longs;tra &longs;es
& &longs;a beauté, laquelle empe&longs;chera de
&longs;ormais qu'elle &longs;oit mépri&longs;ée: il &longs;çaura
les lieux d'où elle les emprunte, & les
moyens qu'elle tient pour s'en parer,
circon&longs;tances, il la rende digne des
loüanges de Dieu.
I'entends donc par la Mu&longs;ique,
&longs;cience des &longs;ons & de l'harmonie,
quelle ie de&longs;ire premierement que le
Mu&longs;icien ait de l'inclination, car on ne
reü&longs;&longs;it guere aux cho&longs;es qui ne plai&longs;ent
pas. Il faut au&longs;&longs;i qu'il ait vn e&longs;prit &longs;ub
til, & docile, parce que les difficultez y
&longs;ont ab&longs;tru&longs;es, & qu'il faut apprendre
de plu&longs;ieurs. Il doit e&longs;tre pa&longs;&longs;ablement
ver&longs;é aux lettres humaines,
la Grammaire, la Rhetorique, l'Hi
&longs;toire, & la Chronologie, & particu
lierement en la Poë&longs;ie, car les vers &longs;ont
principalement faits pour chanter: la
Grammaire polit les paroles, la Rheto
rique leur pre&longs;te &longs;es figures & &longs;es mou
uemens; les fables l'enrichi&longs;&longs;ent, &
l'hi&longs;toire leur donne de l'authorité: &
puis il e&longs;t bien &longs;eant à vn homme d'ho
norable profe&longs;&longs;ion, de &longs;çauoir quels ont
e&longs;té les inuenteurs de la Mu&longs;ique, les
beaux effects que l'Antiquité en a ad
mirez, & la di&longs;tinction des temps au&longs;
quels ces cho&longs;es &longs;ont auenuës, ce qu'il
apptendra de la Chronologie: car ou-
à tout homme qui embra&longs;&longs;e les lettres à
quelque de&longs;&longs;ein que ce &longs;oit, elles rele
ueront la Mu&longs;ique, & mettront le Mu
&longs;icien d'autant plus en credit, que l'on
verra &longs;a &longs;cience mieux appuyée de tou
tes les connoi&longs;&longs;ances, dont les hommes
ont tou&longs;iours fait vn particulier e&longs;tat:
au lieu qu'ayant e&longs;té, comme on la void
encore à pre&longs;ent, reduite à la routine
de trois ou quatre mi&longs;erables accords,
accompagnez &longs;ouuent d'vne voix de
&longs;agreable, & mercenaire, elle e&longs;toit de
uenuë
n'ayant point &longs;ouuent d'autre retraite
que parmy les cho&longs;es qui &longs;eruent aux
infames plai&longs;irs.
Ie de&longs;ire encore qu'il &longs;oit con&longs;ommé
en toutes les parties de la Philo&longs;ophie,
à &longs;çauoir dans la Dialectique, dans la
Phy&longs;ique, dans la Morale, & dans la
Theologie, car &longs;ans l'intelligence des
principes, des di&longs;tinctions, & des analy
&longs;es, le bon rai&longs;onnement luy manque,
&longs;ans lequel il ne peut auoir la connoi&longs;
&longs;ance des cho&longs;es naturelles, qui luy e&longs;t
tellement nece&longs;&longs;aire, que &longs;ans elle il
n'entendra iamais la nature du &longs;on, veu
tes &longs;ortesde corps, qu'eux me&longs;mes &longs;ont
differents, comme du bois, des metaux,
des pierres, & des autres matieres dont
on fait les in&longs;truments; à quoy &longs;eruent
au&longs;&longs;i les diuers
litez de l'air, & des autres cho&longs;es liqui
des, qui &longs;ont le vehicule du &longs;on & de la
voix. D'où l'on peut ai&longs;ément conclu
re, qu'il e&longs;t obligé à la &longs;peculation de
toutes les cho&longs;es naturelles, à &longs;çauoir
des corps &longs;en&longs;ibles, & des in&longs;en&longs;ibles en
toutes leurs differences, non
decine, dont il doit apprendre quelles
&longs;ont les organes de la voix, quelles en
&longs;ont les maladies, & comme il la faut
con&longs;eruer, & la guerir.
Et parce que &longs;on principal de&longs;&longs;ein
con&longs;i&longs;te à adoucir les pa&longs;&longs;ions, à rame
ner les e&longs;prits à la droice rai&longs;on, & à ex
citer les affections de &longs;es auditeurs à la
pieté, & au &longs;eruice diuin, comment en
viendra-il à bout &longs;ans la Morale, & &longs;ans
la Theologie, dont la premiere luy ap
prend les diuers mouuemens de l'e&longs;prit
&longs;en&longs;itif, & du rai&longs;onnable, & l'autre luy
ge
expres l'a voulu receuoir des hommes
en ce&longs;te maniere.
La nece&longs;&longs;ité qu'a la Mu&longs;ique des &longs;up
putations, & des rai&longs;ons qui la con&longs;ti
tuent, l'attachent in&longs;eparablement aux
Mathematiques, qui outre cela luy
fourni&longs;&longs;ent la nature des
le redoublement des &longs;ons, & pour le re
renti&longs;&longs;ement des voix, c'e&longs;t pourquoy
elle a droit d'ordonner des ba&longs;timens
propres aux concerts: ce qui l'oblige
encore à l'Architecture, & par con&longs;e
quent à la Pourtraicture, tant pour ce
la, que pour de&longs;&longs;eigner les nouueaux
ter en corrigeant les vns, & adiou&longs;tant
aux autres, & pour
tes, & des machines hydrauliques, &
pncumatiques, qu'il rendra capables de
toute &longs;orte d'harmonie.
Il e&longs;t donc ecrtain que pour acquerir
la perfection de la Mu&longs;ique, il n'y a rien
que l'e&longs;prit ne doiue mettre en be&longs;on
gne de toutes les cho&longs;es qui &longs;e peuuent
&longs;çauoir & pratiquer: & bien qu'il &longs;oit
tres-difficile que ce&longs;te
neantmoins à propos que l'on connoi&longs;
&longs;e par ce de&longs;&longs;ein, en quoy elle con&longs;i&longs;te,
afin que l'on ta&longs;che d'en approcher le
plus que l'on pourra; & que ce&longs;te &longs;cien
ce ne &longs;oit plus &longs;i mépri&longs;ée comme elle a
e&longs;té iu&longs;ques à pre&longs;ent; mais qu'e&longs;tant
couronnée de toutes les fleurs qui luy
appartiennent, elle &longs;oit honorée &longs;elon
&longs;a beauté, & capable d'entrer chez les
Princes & les Roys, &
le &longs;oit digne d'e&longs;tre pre&longs;entée au Sou
uerain Autheur de toutes cho&longs;es.
de la douceur des &longs;ons, & des conceres,
ou &longs;i cet office appartient à
l'entendement.
CEtre que&longs;tion n'a pas e&longs;té meuë
d'aujourd huy, elle a donné de la
peine aux plus grands hommes du
de
&longs;toxene, Ptolomée & à plu&longs;ieurs au
tres, dont les vns ont deferé le iuge-
tres aux &longs;ens, & les autres ont conioint
le &longs;ens à la rai&longs;on. Ceux qui di&longs;ent que
le &longs;ens de l'oüie doit e&longs;tre le iuge de la
Mu&longs;ique, &longs;'appuyent &longs;ur ce rai&longs;onne
ment. Si l'office, di&longs;ent-ils, de iuger des
&longs;ons appartenoit à l'ame
à la rai&longs;on, elle iugeroit tou&longs;iours de la
me&longs;me façon, d'vn me&longs;me concert, &
tous les hommes trouueroient les con
certs d'vne me&longs;me
ames &longs;ont égales, n'y ayant nulle autre
difference entre les e&longs;prits des hom
mes, que celle qui vient des organes, &
du temperament vniuer&longs;el de tout le
corps, & du particulier, & &longs;pecifique de
chaque partie d'iceluy. Or le
le dépend point des organes, car quel
que mauuais temperament qu'on aye,
a partie de l'ame que les Grecs appel
ent
qu'e&longs;t la &longs;plendeur à la lumiere, & à la
yndere&longs;e, ce qu'e&longs;t le Pilote au Naui
c) iuge tou&longs;iours équitablement, com
ne nous experimentons aux propo&longs;i
ions vniuer&longs;elles de la Philo&longs;ophie na
urelle, & de la Morale, car tous les
nes
&longs;tre vaut mieux que le non e&longs;tre; qu'il
e&longs;t nece&longs;&longs;aire que Dieu &longs;oit tres-par
faict; que rien ne &longs;e peut faire &longs;oy-me&longs;
me; que ce qui e&longs;t limité & finy, a e&longs;té
fait; que l'ordre e&longs;t plus excellent que
le de&longs;ordre, & mille autres &longs;emblables
propo&longs;itions, qui &longs;ont reconuës vniuer
&longs;ellement par tout le monde, &longs;ans qu'il
&longs;oit nece&longs;&longs;aire de les apprendre. Il fau
droit donc au&longs;&longs;i quand les
bons, que tous ceux qui les entendent,
les iugea&longs;&longs;ent bons; ce qui n'arriue pas,
car ce qui plai&longs;t à l'vn, déplai&longs;t à l'autre.
Il y en a me&longs;mes à qui les bruits confus
plai&longs;ent dauantage que les con&longs;onan
ces, & qui ayment mieux entendre le
bruit des Canons, ou le
des mou&longs;ches, que la plus grande dou
ceur des meilleurs concerts. De dire
que l'on doit e&longs;timer ces hommes là
barbares & brutaux, & maintenir qu'ils
n'ont pas l'e&longs;prit bien faict, ce n'e&longs;t pas
répondre, car nous ne &longs;çauons pas &longs;i au
contraire ils ont l'e&longs;prit &longs;i excellent &
&longs;i &longs;ubtil, que le peu de perfection qu'il y
a dans nos concerts les ble&longs;&longs;e, ou &longs;i c'e&longs;t
quelque particuliere
meilleures que les con&longs;onances; &longs;ui
uant le dire ou le prouerbe commun,
à &longs;çauoir, que ce qui e&longs;t rare e&longs;t excel
lent; il e&longs;t donc in certain &longs;i on les doit
appeller mon&longs;tres d'imperfection, ou
prodiges de perfection, car on n'a point
encore demon&longs;tré que l'e&longs;prit qui e&longs;t
tellement proportionné aux di&longs;&longs;onan
ces, & aux &longs;ons a&longs;pres, & rudes qu'il s'y
pui&longs;&longs;e plaire, ne &longs;oit pas &longs;i excellent que
celui à qui les &longs;ons aigres, & les di&longs;cords
déplai&longs;ent: & comme ce qui e&longs;t a&longs;pre
&longs;ignifie &longs;ouuent vne grande chaleur, on
pourroit dire que l'e&longs;prit qui &longs;e plai&longs;t à
l'a&longs;preté & à la rude&longs;&longs;e des &longs;ons, a vne
grande viuacité & vne grande force.
Ie pourrois confirmer l'excellence de
ces e&longs;prits en
quelques-vns de mes amis que ie &longs;çay
ne prendre nul plai&longs;ir à l'harmonie vo
cale, ou
bon e&longs;prit, qu'ils &longs;oient d'vn bon
perament
ceur en leurs mœurs, & en leur conuer
&longs;ation qu'elle e&longs;t preferable aux plus
douces harmonies.
D'abondant ceux qui joüent du luth,
te qui e&longs;t iu&longs;te &longs;elon la rai&longs;on, n'e&longs;t pas
&longs;i agreable que quand elle e&longs;t affoiblie:
& l'orgue me&longs;me ne &longs;uit pas la rai&longs;on
de la quinte du monochorde: de &longs;orte
qu'il faudroit que la quinte du &longs;ens fut
moindre que celle de l'entendement;
& ceux qui &longs;uiuent les rai&longs;ons, & qui &longs;e
confe&longs;&longs;ent que la quinte du &longs;ens & des
in&longs;trumens e&longs;t fort agreable, & qu'elle
ne cede point à celle qui e&longs;t pre&longs;crite
par les nombres qui &longs;eruent d'idées à la
rai&longs;on. En troi&longs;ie&longs;me lieu, les &longs;ons ne
&longs;eruent pas d'object à l'e&longs;prit, mais à
l'oreille, car la verité & les cho&longs;es intel
lectueles, & vniuer&longs;elles &longs;ont le propre
object de l'entendement, comme les
cho&longs;es corporelles, materielles, & par
ticulieres, le &longs;ont des &longs;ens exterieurs,
or il appartient à chaque faculté de iu
ger de &longs;on obiect, de là vient qu'on dit
que l'entendement e&longs;t des cho&longs;es vni
uer&longs;elles, & le
meEn ef
fect nous experimentons en rai&longs;onant,
que l'entendement n'a point de pro
pres e&longs;peces des
court qu'en general, en leur appliquant
quelques idées & notions vniuer&longs;elles,
qu'il prend d'ailleurs, ou qui luy &longs;ont
données dés le moment de &longs;a creation:
& qu'apres auoir bien trauaillé à la re
cherche de la nature, & de l'e&longs;&longs;ence des
cho&longs;es particulieres, il e&longs;t contraint d'a
uoüer qu'il ne &longs;çait rien, ou tout au plus
qu'en general & confu&longs;ément, & doit
tou&longs;iours recourir & de&longs;cendre à ceq
luy font connoi&longs;tre les &longs;ens, à qui la rai
&longs;on e&longs;t redeuable de ce qu'elle com
prend, comme elle témoigne aux mala
dies & indi&longs;po&longs;itions qui arriuent aux
&longs;ens, e&longs;tant contrainte de rendre hom
mage àl'oreille àl'œil, &c. & de demeu
rer oy&longs;eu&longs;e au&longs;&longs;i long-temps comme
elle e&longs;t priuée de leur &longs;ecours.
D'ailleurs nous voyons que ceux qui
ont perdu l'e&longs;prit, ou qui n'en ont ia
mais eu, comme les fols, & les idiots, iu
gent de la Mu&longs;ique, & &longs;e plai&longs;ent plus
aux con&longs;onances, qu'aux di&longs;&longs;onances,
& neantmoins il &longs;emble qu'ils ne &longs;e &longs;er
uent que des &longs;ens, puis qu'ils n'ont ia
mais eu l'v&longs;age de la rai&longs;on: au&longs;&longs;i n'a on
peu
nant du &longs;ens & non de la rai&longs;on, car
nous di&longs;ons que la con&longs;onance &longs;e fait
de deux &longs;ons qui &longs;e font en me&longs;me
& qui &longs;ont agreables à l'oüie, & que la
di&longs;&longs;onance &longs;e fait de deux autres &longs;ons
qui &longs;ont de&longs;agreables à l'oreille: &
on concederoit que le &longs;ens exterieur de
l'oüie ne pout iuger des &longs;ons, neant
moins ce iugement appartiendroit à l'i
magination, qui e&longs;t au&longs;&longs;i bien dans les
be&longs;tes que dans les hommes, car com
me l'ame &longs;en&longs;itiue a &longs;es
rieurs, qu'elle exerce par le moyen des
organes vi&longs;ibles, au&longs;&longs;i a elle &longs;es actions
interieures, dont l'vne e&longs;t le di&longs;cerne
ment, l'approbation, ou le
obiects &longs;en&longs;ibles qui luy &longs;ont agreables,
ou de&longs;agreables &longs;elon le rapport, ou la
di&longs;proportion qu'elle a auec eux. Car
pui&longs;que chaque e&longs;pece d'appetit re
quiert vne connoi&longs;&longs;ance de me&longs;me
re
&longs;en&longs;itif, par lequel ils &longs;e plai&longs;ent, ou &longs;e
fa&longs;chent de ce qui leur e&longs;t vtile, & de
lectable, ou de ce qui leur nuit, & leur
déplai&longs;t, il e&longs;t nece&longs;&longs;aire qu'ils ayent
vne connoi&longs;&longs;ance & vne lumiere qui
ne peut apperceuoir &longs;on obiect, ny &longs;e
porter vers luy par amour, ou par de&longs;ir,
ou &longs;e re&longs;ioüir de &longs;a po&longs;&longs;e&longs;&longs;ion, s'il n'e&longs;t
conduit & éclairé par la lumiere de l'i
magination, dont elle a plus grand be
&longs;oin que les pieds n'ont be&longs;oin des yeux
pour marcher a&longs;&longs;eurément.
Nos Mu&longs;iciens, ou ceux qui compo
&longs;ent les chan&longs;ons, ou les motets, nous
confirment cette opinion, n'ayant au
tre rai&longs;on à alleguer pourquoy ils v&longs;ent
d'vn pa&longs;&longs;age, d'vne
interualie plu&longs;to&longs;t que d'vn autre, que
de dire qu'ils ont trouué que ces pa&longs;&longs;a
ges &longs;ont agreables à l'oüye: iugeans &longs;eu
lement par la connoi&longs;&longs;ance des &longs;ens, ou
de l'imagination: & &longs;'il &longs;e rencontroit
quelqu'vn à qui la tierce mineure, ou
maieure, ou la &longs;econde, & la &longs;eptie&longs;me
fu&longs;&longs;ent plus agreables que la quinte, ou
l'octaue, il faudroit dire, nonob&longs;tant
quelque rai&longs;on & Theorie qu'on eu&longs;t,
que les premiers interualles
con&longs;onances plus agreables que les &longs;e
condes en comparai&longs;on de celuy à qui
celles là plairoient dauantage. Ce qui
&longs;ont
plus de contentement d'e&longs;tre meus, ou
alterez de la
nos di&longs;&longs;onances, & d'entendre les in
terualles que nous iugeons in capables
d'entrer dans l'harmonie, qu'ils n'en re
çoiuent du chatoüillement que font
nos con&longs;onances: ce qu'on a remarqué
de quelqu'vn qui preferoit le hanni&longs;&longs;e
ment des cheuaux à la Mu&longs;ique.
Que &longs;'il y en auoit plu&longs;ieurs à qui la
me&longs;me cho&longs;e artiua&longs;t, &longs;ans doute nous
trouuerions des rai&longs;ons pour prouuer
que ce que nous appellons maintenant
di&longs;&longs;onance, deuroit e&longs;tre appellé con
&longs;onance, ce qui fait veoir que la rai&longs;on
&longs;uit le iugement des &longs;ens, & qu'elle &longs;e
ploye comme on veut pour &longs;'accomo
der à eux, comme fai&longs;oit la regle Le&longs;
bienne à toutes &longs;ortes de lignes, & d'ou
urages, car &longs;i la rai&longs;on regloit les &longs;ens, il
faudroit qu'elle tint ferme comme la
regle de Polyclete, & que nous fi&longs;
&longs;ions tou&longs;iours le me&longs;me iugement d'v
ne me&longs;me cho&longs;e, pendant qu'elle de
meure en me&longs;me e&longs;tat, ce qui n'arriue
pas &longs;ouuent.
Ceux au contraire qui tiennent que
l'entendement e&longs;t le &longs;eul iuge, di&longs;ent
qu'en renuer&longs;ant toutes ces rai&longs;ons leur
opinion &longs;'e&longs;tablit d'elle me&longs;me: Car il
e&longs;t bien certain qu'à celuy qui a perdu
l'v&longs;age de la rai&longs;on, tous les &longs;ens &longs;ont
inutiles pour iuger, & que c'e&longs;t &longs;e fein
dre vne &longs;tatuë de bronze, qu'vn
&longs;ans entendement, qui le fait &longs;eul e&longs;tre
homme. Car de dire que les hommes
iugeroient tous de me&longs;me façon d'vn
me&longs;me concert, &longs;i le iugement depan
doit de la rai&longs;on, parce que nos ames
&longs;ont égalles, & que le iugement ne dé
pend point des organes, comme l'on
experimente aux propo&longs;itions de la
Philo&longs;ophie naturelle & morale, c'e&longs;t
argumenter &longs;ophi&longs;tiquement: Car le
iugement pour iuger des cho&longs;es vniuer
&longs;elles n'a que faire des &longs;ens, non plus
que le Iuge pour e&longs;tre bon Iuge n'a
que faire d'Auocats, ny de Procureurs,
car pour cela il luy &longs;uffit d'auoir le cha
ractere de Iuge, & la con&longs;tante & per
petuelle volonté de rendre àvn chacun
ce qui luy appartient: mais pour iuger
le different d'entre Titius, & Meuius,
il a be&longs;oin d'vn Aduocat qui l'in&longs;trui&longs;e
ont chacun pour obtenir leur
& des Procureurs pour
&longs;e, & propo&longs;er
ces &longs;elon les formes v&longs;itées: au&longs;&longs;i pour
iuger de ce concert, ou de cet autre, le
iugement a be&longs;oin que l'on luy rappor
te quel e&longs;t ce concert, ou cet autre: &longs;ur
ce rapport il fait &longs;on
port &longs;e fait par le &longs;ens parfait.
Quant à ceux que l'on dit qui ne &longs;e
plai&longs;ent point à la Mu&longs;ique, ou qui &longs;e
plai&longs;ent plus à d'autres bruits qu'aux
con&longs;onances, cela vient de ce qu'ils
n'ont iamais donné d'accez à la Mu&longs;i
que dans leur e&longs;prit, ny a&longs;&longs;ez
pour la gou&longs;ter, ayant l'e&longs;prit occupé à
d'autres pen&longs;ées, & remply d'autres de
&longs;irs, le&longs;quels ne lai&longs;&longs;ent entrer dans l'a
me aucune cho&longs;e qui n'y contribuë,
me
re, ou ceux qui &longs;ont acharnez au gain,
& enclins à l'auarice, ou ceux qui
voient
perte, ou ruine, ne s'émeuuent pour
aucun &longs;on, &longs;i les vns n'entendent vn ca
non, vn tambour, ou
les autres compter de l'argent, les au-
fu&longs;ion: & ce qu'ils entendront contrai
re ou
pa&longs;&longs;ion, ne leur touchera nullement
l'e&longs;prit, & n'en feront aucun iugement:
ce qui mon&longs;tre que c'e&longs;t &longs;eulement la
rai&longs;on qui iuge, puis qu'il faut plu&longs;to&longs;t
que la rai&longs;on &longs;oit &longs;aine, & non malade
pour iuger, que le &longs;ens, lequel quoy
que &longs;ain ne peut iuger, &longs;i la rai&longs;on e&longs;t
malade: la plus agreable Mu&longs;ique du
&longs;oldat &longs;era donc le &longs;on des tambours, &
des Canonades: de l'auare, le &longs;on de l'ar
gent, du ma&longs;&longs;on, le bruit des marteaux:
de l'Apothicaire ou parfumeur, le &longs;on
des mortiers de &longs;a boutique: du meu
nier, le claquet de &longs;on moulin: de l'A
uocat, la confu&longs;ion d'vn barreau: du
menui&longs;ier & du charpentier, le coup de
maillet, & le bruit de la &longs;cie parce qu'ils
ont tous l'e&longs;prit porté là. Mais &longs;i quel
quefois l'e&longs;prit &longs;e met en repos, & qu'il
quitte, ou qu'il remette &longs;es pa&longs;&longs;ions à
vn autre temps, &longs;i la Mu&longs;ique &longs;e pre
&longs;ente, il la lai&longs;&longs;e entrer doucement, &
s'en trouue touché
pire
qu'elle les rebutte quand il luy plai&longs;t, Ce que
vns ils
cie, & vn rayon de la rai&longs;on Archetype,
qui fait dans le corps humain ce que
Dieu fait dans le monde, ce qui e&longs;t ve
ritable en quelque façon, car elle porte
l'image de la Diuinité, & commande
au corps comme à vn petit
il y a en effect des
des comme du finy à l'infiny.
Il faut donc confe&longs;&longs;er que la rai&longs;on
e&longs;t nece&longs;&longs;aire pour iuger de la nature, &
de la difference des &longs;ons, comme Pto
lomée a prouué dans le premier cha
pitre de &longs;onpremier liure de la Mu&longs;ique
contre les di&longs;ciples d'Ari&longs;toxene qui
donnoient trop au &longs;ens, bien qu'il leur
faille accorder quelque cho&longs;e en ce &longs;u
iet, a&longs;in qu'ils agi&longs;&longs;ent coniointement
auec la rai&longs;on, comme il mon&longs;tre au&longs;&longs;i
contre l'aduis des di&longs;ciples de Pyta
gore.
Or il e&longs;t &longs;i veritable que la rai&longs;on e&longs;t
nece&longs;&longs;aire pour iuger des
ne pouuons connoi&longs;tre &longs;ans &longs;on ayde,
&longs;i ce que nous oyons doit e&longs;tre appellé
&longs;on, ou concert: car les animaux, à qui
roient égaux, &longs;i nous n'auions la rai&longs;on,
ne font point de reflexion &longs;ur les
ou les pa&longs;&longs;ions de leurs &longs;ens exterieurs,
ou intetieurs, & ne &longs;çauent ce que c'e&longs;t
que couleur, odeur, ou &longs;on, ny s'il y a
quelque difference entre ces obiects,
au&longs;quels ils &longs;ont plu&longs;to&longs;t emportez,
qu'ils ne s'y
&longs;e fait par la force de l'impre&longs;&longs;ion que
les obiects differents font &longs;ur leurs or
ganes, & &longs;ur leurs &longs;ens, car ils ne peu
uent di&longs;cerner &longs;'il e&longs;t plus à propos d'al
ler boire, ou manger, que d'aller faire
autre cho&longs;e, & ne boiuent, ne
ny ne font autre cho&longs;e, que quand la
pre&longs;ence des obiets, ou l'imagination
brutalle les nece&longs;&longs;ite, & les tran&longs;porte
à leurs obiets, &longs;ans qu'ils pui&longs;&longs;ent re&longs;i
&longs;ter à telles impre&longs;&longs;ions, & &longs;ans qu'ils
connoi&longs;&longs;ent ce qu'ils font, &longs;oit bien, ou
mal, ce qui nous arriueroit comme à
cux, &longs;i nous
car ils n'ontde lumiere que ce qu'il leur
en faut pour prendre leur nourriture, &
pour nous &longs;eruir aux v&longs;ages au&longs;quels
Dieu les a de&longs;tinez.
Il faut donc conclurre nonob&longs;tant les
faueur des &longs;ens, que la rai&longs;on & l'oüie
&longs;ont nece&longs;&longs;aires pour iuger de l'harmo
nie, & du different des &longs;ons; ce qui &longs;e
fait neantmoins auec telle condition,
que l'oüie reçoit toutes les
&longs;ons, le iugement de&longs;quels e&longs;t re&longs;erué à
la rai&longs;on, de qui elle tient la iu&longs;te&longs;&longs;e des
con&longs;onances, des interualles, &c. mais
la rai&longs;on emprunte de l'oüie ce qu'elle
auoit reçeu
cher de la verité des interualles, & des
termes du graue, de l'aigu & des autres
proprietez & differences des &longs;ons par
&longs;uite les vrais interualles, & les exactes
differences des &longs;ons par la force du rai
&longs;onnement, & par les differentes com
parai&longs;ons qu'elle fait des vns auec les
autres.
En effect, c'e&longs;t la rai&longs;on qui recher
che les cau&longs;es du
le &longs;ens n'en reçoit que l'impre&longs;&longs;ion,
la rai&longs;on doit iuger, puis qu'elle en con
&longs;idere les cau&longs;es & la nature, & qu'elle
e&longs;t &longs;imple, & vniuer&longs;elle, n'épou&longs;ant
que laverité, quelque part qu'elle la
contre
& &longs;e trompent facilement à cau&longs;e du
matiere, s'ils ne &longs;ont conduits & mam
tenus dans l'ordre par la rai&longs;on. De là
vient que comme l'œil prend le cercle
qu'on fait par hazard &longs;ans compas, pour
vn cercle parfait, quand il approche de
la perfection, iu&longs;ques à ce que la rai&longs;on
en fa&longs;&longs;e vn parfait, qui fait paroi&longs;tre le
défaut & l'imperfection du premier,
que l'oüie croit &longs;emblablement que les
interualles con&longs;onants, ou di&longs;&longs;onants
&longs;ont paifaits, quandils approchent de la
perfection, mais elle e&longs;t contrainte de
confe&longs;&longs;er leur imperfection, quand la
rai&longs;on donne les parfaits, car il e&longs;t plus
facile de iuger de cette perfection que
de la trouuer, comme il e&longs;t plus facile
de iuger d'vn combat, que de combat
tre, ou de la cour&longs;e, que de courir, &c.
Or encore que les &longs;ens
la veritable difference des cho&longs;es qui
leur &longs;eruent d'obiect, & qu'ils ne &longs;e
pent
derent de
tent lors qu'elles &longs;ont grandes & en pe
tit nombre, neantmoins ils &longs;e
puis qu'elle
plus grande, quand les parties &longs;ont plus
petites & en plus grand nombre: car
plus elles &longs;ont petites, moins elles &longs;ont
remarquables: par exemple, quand on
propo&longs;e vne ligne droite, le &longs;ens iuge
&longs;i vne autre e&longs;t plus
te, en les comparant, & les appliquant
l'vne à l'autre, ou en les
parties égales, ou en les doublant & fai
&longs;ant &longs;eulement vne comparai&longs;on pour
cet effect; que s'il la faut tripler ou di
ui&longs;er en trois, il e&longs;t plus difficile,
tant
de &longs;orte que les differences &longs;ont
plus difficiles à e&longs;tre remarquées que
les diui&longs;ions, & les parties &longs;ont en
plus grand nombre, particulierement
quand il faut
à vne, comme il arriue à la proportion
&longs;eptuple, ou au nombre diui&longs;è en &longs;ept,
qui n'a point de moitié, à cau&longs;e qu'il e&longs;t
impair, & qu'il ne contient nulles par
ties qui nous en rendent la connoi&longs;&longs;an
ce plus ai&longs;ée, comme &longs;ont les parties du
nombre 8, dont nous trouuons faci
lement la moitié, & puis la moitié de
que faire de con&longs;iderer la huictie&longs;me
partie, ou la rai&longs;on octuple, mais &longs;eule
ment les moitiez de plu&longs;ieurs nombres
inegaux, à &longs;çauoir les moitiez de 8. de
4. & de 2. qui nous menent iu&longs;ques à
l'vnité: mais c'e&longs;t tou&longs;iours la rai&longs;on
qui iuge, car &longs;i c'e&longs;toit le &longs;ens exterieur
il faudroit qu'il iugea&longs;t ou deuant que
d'auoir &longs;enty, ou en &longs;entant, ou apres
auoir &longs;enty: de iuger auparauant, il e&longs;t
impo&longs;&longs;ible, car
apparent idem iudicium. De iuger en &longs;en
tant, il e&longs;t impo&longs;&longs;ible, car tout iuge
ment &longs;e doit faire par reflexion, & la
reflexion pre&longs;uppo&longs;e vn ordre de
il faudroit donc qu'il iugea&longs;t apres, or
&longs;urquoy iugeroit-il apres, veu qu'il n'a
rien de pre&longs;ent, & qu'il manque de me
moire & d'imagination. Ce n'e&longs;t donc
pas le &longs;ens exterieur qui iuge, ny l'inte
rieur, que l'on appelle
pource que les me&longs;mes inconueniens
luy arriueroient qu'au &longs;ens exterieur,
il s'en&longs;uit donc que c'e&longs;t la rai&longs;on &longs;eule
qui iuge. Or &longs;i l'on applique à l'ouic ce
qui a e&longs;té dit des nombres & de la veuë,
qui di&longs;cerne facilement quand vne li-
autre ligne, il faut conclurre que com
me la veuë, ou la rai&longs;on iugeant des
cho&longs;es vi&longs;ibles, a be&longs;oin d'vne regle
pour iuger &longs;i vne ligne e&longs;t parfaitement
droite, & d'vn compas pour iuger exa
ctement du cercle, & de &longs;es parties, que
l'oüie a be&longs;oin de certaines regles pour
e&longs;tablir les parfaites
leurs interualles, & tout ce qui leur ap
partient, car l'oüie n'e&longs;t pas plus &longs;ubtile,
ny plus habile que la veue, qui &longs;ur pa&longs;&longs;e
tous les autres &longs;ens par la promptitude
& l'excellence de &longs;on action.
Laregle, dont &longs;e &longs;ert la rai&longs;on pour
dre&longs;&longs;er les &longs;ons, & pour trouuer exacte
ment les interualles & leur difference,
&longs;e doit appeller Regle, ou
nique, car ce&longs;t l'office du Mu&longs;icien de
con&longs;eruer ou de trouuer les rai&longs;ons de
ladite regle, qui
&longs;uiuant le &longs;entiment de la plus grande
partie des hommes; comme celuy de
l'A&longs;tronome e&longs;t de con&longs;eruer, ou d'e
&longs;tablir les hypothe&longs;es des mouuemens
cele&longs;tes, apres auoir ob&longs;erué tous les
Phenomenes qui paroi&longs;&longs;ent ordinaire
ment.
Car il appartient aux hommes &longs;ça
uans qui employent leur vie, & leur
e&longs;tude à la contemplation, de mon&longs;trer
que les œuures de la nature &longs;ont bien
ordonnées, & qu'il n'y a rien qui &longs;oit
confus, ou qui &longs;e fa&longs;&longs;e par hazard, par
ticulierement dans ce qui concerne la
veuë & l'oüie, qui approchent plus de
la rai&longs;on, que les autres &longs;ens, & qui nous
&longs;eruent pour apprendre les &longs;ciences, &
pour loüer, contempler & admirer les
œuures de Dieu, & l'excellence, & la
grandeur de l'ouurier.
Quant aux autres obiections qui &longs;e
font en faueur de l'oreille, ou des autres
&longs;ens, elles font
e&longs;t nece&longs;&longs;aire pour la Mu&longs;ique,
qu'il faut que les &longs;ons aillent à l'e&longs;prit
par &longs;on moien: mais &longs;i to&longs;t qu'il les a
nus
&longs;ont contre la rai&longs;on, & qui l'offen&longs;ent,
& admet ceux qui &longs;ont &longs;uiuant la rai
&longs;on harmonique, & en fait vn art, & ne
cau&longs;es pour le&longs;quelles certains inter
plus agreables que les autres; ce qu'il
fait &longs;i parfaitement, qu'il &longs;e nece&longs;&longs;ite
e&longs;t veritable: comme lors qu'il dit, que
ce qui e&longs;t plus &longs;imple, & mieux ordon
né e&longs;t plus facile à comprendre que ce
qui e&longs;t compo&longs;é & confus; de là vient
qu'il e&longs;t plus facile de diui&longs;er vne ligne
en deux parties égales qu'en trois, ou
en cinq, &c. dautant que deux e&longs;t plus
&longs;imple que trols, &c. & que l'on com
prend mieux la figure d'vn quarré, que
d'vn heptagone, & que, pour ne &longs;ortir
de no&longs;tre &longs;uiet, vn chant &longs;imple fait &longs;eu
lement de trois ou quatre tons, &longs;e com
prend mieux, qu'vn plus diuer&longs;ifié. Ie
&longs;çay neantmoin's que l'e&longs;prit e&longs;t quel
quefois plus content lors qu'il contem
ple quelque cho&longs;e de plus difficile,
me
re le triangle, ou quelqu'autre figure
plus &longs;imple, & plus facile, dont i'expli
que la rai&longs;on dans vn autre lieu.
Il faudroit maintenant répondre à
chaque objection que i'ay faite pour
prouuer que les &longs;ens doiuent e&longs;tre les
iuges de leurs obiects, mais chacun le
peut faire, car il &longs;uffit d'auoir répondu
en general.
Chromatic, & de l'Enharmonic, ou &longs;i l'on
doit &longs;e contenter du Diatonic; &
&longs;i l'on peut reduire œs trois genres
en Pratique.
CEux qui n'ayment pas la nouueau
té, & qui me&longs;urent toutes cho&longs;es
qu'il n'e&longs;t pas expedient de chanter En
harmoni quement, pui&longs;que l'v&longs;age e&longs;t
contraire, & que tous les &longs;iecles ont
fait voir que le genre Diatonic e&longs;t &longs;uf
i&longs;ant pour
Et &longs;i Timothée, qui e&longs;toit le plus &longs;ça
le &longs;on pays pour auoir adiou&longs;té vne
nouuelle corde aux in&longs;trumens, ils
peuuent dire que ceux là doiuent e&longs;tre
voix n'v&longs;ent pas.
Car &longs;i la doctrine de Socrate e&longs;t veri
table, la tranquillité des Republiques,
& la paix, & la guerre dependent tello
ment des cordes, ou des &longs;ons de la Mu
&longs;ique, que les loix &longs;alterent au change
ment des cordes, & des tons, dont les
vns con&longs;eruent la temperance, & les
bonnes mœurs, & les autres introdui
&longs;ent le vice, le luxe, & les
quifont à la fin dechoir, & perir les Re
publiques.
Mais la meilleure rai&longs;on &longs;e prend de
la nature, qui ne donne pas les degrez
de la Chromatique, ou de l'Enharmo
nique, comme ceux de la Diatonique.
Car la trompette ne fair pas le &longs;emitoa
mineur, nv la die&longs;e Enharmonique,
comme elle fait les tons & le &longs;emiton
majeur; & les degrez de ces 2. genres
ne viennent pas de la difference des
Con&longs;onances, comme font les degrez
Diatoniques, qui &longs;eruent à pa&longs;&longs;er d'v
ne con&longs;onance à l'autre; ce qui prouue
que ces &longs;euls degrez &longs;uiuent l'intention
de la nature, qui approuue les &longs;euls de
&longs;on, comme à la plus grande perfection
de la Mu&longs;ique.
D'ailleurs, puis que la Mu&longs;ique e&longs;t
vn ieu d'e&longs;prit, & qu'elle a e&longs;té inuen
tée pour la recreation, & pour preparer
l'ame à de plus hautes pen&longs;ées, & à des
&longs;peculations plus &longs;erieu&longs;es, elle ne doit
pas e&longs;tre &longs;i difficile qu'elle donne trop
de peine & de trauail aux auditeurs au
trement elle les rendroit ineptes aux
exercices plus difficiles, & plus releuez,
qui doiuent &longs;uiure immediatement
apres; or le degré Enharmonique ne
peut e&longs;tre compris &longs;ans vne
tention d'e&longs;prit, dautant qu'il con&longs;i&longs;te
dans la comparai&longs;on de 125 à 128. qui
e&longs;t &longs;urtriparti&longs;&longs;ante cent vingt cinq, &
con&longs;e quemment fort difficile à conce
uoir.
Et &longs;i l'on veut trauailler vtilement, il
vaut beaucoup mieux employer le
à la recherche des cho&longs;es qui peuuent
&longs;eruir au bien du public, ou des parti
culiers, qu'aux degrés Enharmoniques,
qui &longs;ont inutiles, & qui &longs;eroient peut
e&longs;tre, cau&longs;e que pour 7.ou 8. heures que
les Chantres, & les ioüeurs
Mu&longs;ique, ils en perdroient pour le
moins deux fois autant.
Et puis ces petits degrez Chromati
que, & Enharmoniques &longs;ont &longs;i char
mans, & &longs;i la&longs;cifs qu'ils enerueroient
le courage des auditeurs, comme l'on
peut iuger par les &longs;emitons majeurs, qui
approchent de leur delicate&longs;&longs;e, & de
leur mole&longs;&longs;e, & par le trop frequent
v&longs;age de la Mu&longs;ique, qui rend les hom
mes la&longs;ches, & effeminez; de là vient
qu'il &longs;uffit de dire qu'vn homme e&longs;t
Mu&longs;icien pour le decrediter,
ce
xercice rend qua&longs;i l'homme inutile, &
in epte à toute &longs;orte de vertu.
Il faut neantmoms conclurre qu'il e&longs;t
expedient, & nece&longs;&longs;aire d'v&longs;er de ces 3.
genres, pour chanter
trouuer tous les degrez Diatoniques
tant confonans, que di&longs;&longs;onans, com
me il &longs;era facile de conclurre, apres
auoir con&longs;ideré les tables, qui contien
nent tous les degrez de ces 3. genres, &
leur v&longs;age.
Or ceux qui reiettent le genre Chro
matic, & l'Enharmonic, ne los enten-
font hors du propre lieu, où &longs;e rencon
tre le demiton majeur Diatonique de
MI à FA, appartiennent au
matique. Quant aux degrez Enhar
moniques, l'explication de&longs;dites tables
fait voir qu'ils &longs;ont nece&longs;&longs;aires pour
trouuer les con&longs;onances iu&longs;tes en plu
&longs;ieurs endroits de la main, ou de l'éche
le de Mu&longs;ique, & du clauier des Or
gues, & des Epinettes.
Car encore que le temperament
des Orgues, & des autres in&longs;truments
approche &longs;i pres de la iu&longs;te&longs;&longs;e des ac
cords, qu'il ne ble&longs;&longs;e pas l'oreille, qui
&longs;ouffre
& les quartes augmentées des in&longs;tru
mens, l'on n'en reçoit pourtant pas tant
de
e&longs;toient parfaits.
Et quand il n'y auroit point d'autre
contentement que celuy de l'e&longs;prit, qui
contemple la rai&longs;on des con&longs;onances,
& des di&longs;&longs;onances, il e&longs;t a&longs;&longs;ez
faire embra&longs;&longs;er ces 3. genres, & pour
prouuer que la con&longs;ideration n'en e&longs;t
pas inutile.
Mais c'e&longs;t vne cho&longs;e e&longs;trange que l'on
dontils fuyent la lumiere, comme les
hiboux fuyent les rayons du Soleil, par
ce qu'ils ont &longs;i grande peur que l'on ne
découure leur ignorance, qu'ils ayment
mieux bla&longs;mer la Theorie, & dire qu'el
le e&longs;t inutile, & qu'elle ne &longs;ert de rien à
la pratique de la compo&longs;ition, que d'en
embra&longs;&longs;er la verité, qui &longs;urpa&longs;&longs;e autant
la pratique, que le Ciel &longs;urpa&longs;&longs;e la terre.
Or malgré qu'ils en ayent, ils v&longs;ent
&longs;ouuent du demiton mineur dans leurs
chan&longs;ons, particulierement quand ils
montent de la premiere note du troi
&longs;ie&longs;me mode par degrez conioints, iu&longs;
ques à la Quarte, car ils hau&longs;&longs;ent le
qui fait la Tierce mineure contre le
d'vn demiton mineur, par le moyen de
la Die&longs;e, afin que le chant en &longs;oit meil
leur, & que le
re contre le dit Ils en v&longs;ent encore
toutes & quantesfois qu'ils pa&longs;&longs;ent de
la Tierce mineure à la maieure, & de la
&longs;exte maieure à la mineure.
Mais afin qu'ils comprennent plus
ay&longs;ément la nece&longs;&longs;ité de ces 3. genres,
il faut remarquer que les interualles
Chromatiques, & Enharmoniques,
der aux Diatoniques; & que
trouuer toutes les con&longs;onances iu&longs;tes
contre chaque note, ou corde Diato
nique, &longs;oit auec les voix, ou &longs;ur les in
&longs;trumens, &longs;ans l'ayde de ces degrez
Chromatiques, & Enharmoniques,
comme l'onverra &longs;i clairement dans les
3. tables qui contiennent ces 3. genres,
qu'il n'e&longs;t pas nece&longs;&longs;aire de nous arre
&longs;ter plus long-temps &longs;ur ce &longs;uiet.
I'adiouteray &longs;eulement que la Theo
rie de ces genres ne &longs;eroit pas inutile,
encore qu'ils ne peu&longs;&longs;ent &longs;eruir à la pra
tique, ni aux compo&longs;itions, d'autant
que la perfection de l'entendementne
con&longs;i&longs;te pas dans la Pratique. Mais dans
la contemplation; & que ce qui tombe
dans la Pratique, e&longs;t beaucoup moins
excellent, que ce qui n'y peut tomber,
car encore que Dieu &longs;oit admirable
la creation des e&longs;tres corporels, & des
intellectuels, il e&longs;t neantmoins plus ad
mirable infiniment dans la contempla
tion de &longs;oy-me&longs;me, c'e&longs;t à dire, de l'E
&longs;tre &longs;ouuerain, qui ne pe ut e&longs;tre fait ni
roduit en pratique; & les
receuront vne plus grande perfection,
templant ce qu'ils ne peuuent faire, &
ce qui ne peut tomber &longs;ouz la pratique,
qu'en con&longs;iderant ce qui e&longs;t dans leur
pui&longs;&longs;ance, ou dans celle de Dieu.
De là vient que la Theorie e&longs;t plus
excellente que la pratique, qui n'e&longs;t au
tre cho&longs;e que le plus gro&longs;&longs;ier, & le plus
materiel de la Theorie, & dont la plus
grande perfection n'arriue pas iu&longs;ques
au degré le plus bas de la &longs;peculation,
de &longs;orte que la pratique e&longs;t à l'égard de
la Theorie, ce que la terre e&longs;t au regard
du Ciel, & ce que les creatures &longs;ont au
re&longs;pect du Createur. Car celle-la dé
pend de celle-cy, comme le rayon dé
pend du Soleil, la chaleur du feu, l'ar
tizan, & le ma&longs;&longs;on de l'architecte, l'i
mage de &longs;on prototype, & les e&longs;tres ma
teriels des idées éternelles.
Il e&longs;t impo&longs;&longs;ible que les &longs;ons, ou les
concerrs apportent quelque degré de
perfection à l'e&longs;prit, s'il ne les épure
premierement par la rai&longs;on, & &longs;il ne les
dépoüille de leur matiere, pour les
intelligibles, & dans l'e&longs;tat de leur per
fection.
Mais il n'y a nulle rai&longs;on, dont il ne
tire quelque auantage, & quelque nou
ueau degré de l'vmiere, qui luy peut
&longs;eruir de degré pour monter à la Sou
ueraine lumiere, & à la rai&longs;on indepen
dente, dont il at tend &longs;a derniere perfe
ction.
L'on peut donc conclurre de ce di&longs;
cours, que la connoi&longs;&longs;ance de ces trois
genres, & de leurs rai&longs;ons e&longs;t plus ex
cellente que toute la pratique de la
Mu&longs;ique, & con&longs;equemment qu'il en
faut plus faire d'e&longs;tat, pui&longs;que les cho
&longs;es n'ont point de plus
ce, ny me&longs;me de plus grande vtilité à
no&longs;tre égard, que celles dont elles per
fectionnent la plus noble partie de no
&longs;tre e&longs;tre, à &longs;çauoir l'entendement, par
lequel nous &longs;ommes en quelques ma
niere égaux aux Anges, & &longs;emblables
à Dieu.
Mais ces pen&longs;ées, & ces idées &longs;ont
peut -e&longs;tre trop &longs;ubtiles pour entrer
dans l'e&longs;prit de ceux qui preferent le
corps à l'e&longs;prit, la terre au Ciel, l'vtile à
l'honne&longs;te, la pratique à la Theorie, &
les &longs;ons materiels à leurs rai&longs;ons: c'e&longs;t
pourquoy ie lai&longs;&longs;e cette con&longs;ideration
dont la premiere e&longs;t fondée &longs;ur ce que
l'on ne peut v&longs;er du genre Enharmoni
que dans les chan&longs;ons; Mais ie fais voir
ailleurs que l'on &longs;'en peut &longs;eruir, & qu'il
e&longs;t entierement nece&longs;&longs;aire pour les
po&longs;itions
Diatoniques.
Quant à Timothée, il faut croire que
l'hi&longs;toire en e&longs;t fabuleu&longs;e, ou que ceux
qui l'ont écrite, ont entendu quelque
nouuelle loy, qu'il vouloit introduire
contre la cou&longs;tume receuë, & approu
uée, car les Anciens v&longs;ent &longs;ouuent
d'Enigmes, & de metaphores pour ex
primer leurs pen&longs;ées. Or comme il ne
faut qu'vne &longs;eule corde
ga&longs;ter vn concert entier, de me&longs;me la
&longs;eule propo&longs;ition, ou l'introduction d'v
ne nouuelle loy, qui renuer&longs;e la cou&longs;tu
me des peuples, e&longs;t capable de faire dé
choir les Republiques, & de perdre les
Royaumes, & les Empires, qui &longs;ont
e&longs;tablis &longs;ur l'vni&longs;&longs;on que fait la volonté
du peuple auec celle du Prince. Ce
que l'on peut confirmer par l'experien
ce de plu&longs;ieurs nations, qui &longs;e &longs;ou&longs;le
uent, lors que l'on veut leur impo&longs;er
qui leur &longs;emble &longs;i di&longs;&longs;onante, qu'ils ont
plus de peine à l'endurer que n'ont les
Mu&longs;iciens à &longs;ouffrir des di&longs;cords dans
l'harmonie: quoy que le temps, les oc
ca&longs;ions & la nece&longs;&longs;ité le requierent, &
qu'il arriue &longs;ouuent que les nouuelles
loix, & les nouuelles cou&longs;tumes
les E&longs;tats, & les Royaumes plus flori&longs;
&longs;ants, plus &longs;tables, & plus pui&longs;&longs;ants,
me
fau&longs;&longs;es relations rendent la Mu&longs;ique
plus agreable, & plus charmante, lors
que
qui donnent autant de graces aux con
&longs;onances qui precedent ou qui &longs;uiuent,
que l'ombre donne de lu&longs;tre à la lumie
re, ou aux couleurs.
Mais comme l'on experimente que
les Mu&longs;iciens qui
leur fanta&longs;ie, & quelque vieille routi
ne, qu'ils ont appri&longs;e de leurs mai&longs;tres,
&longs;ont tellement preuenus de l'authorité,
ou de la cou&longs;tume, qu'il n'y a plus de
place dans leur e&longs;prit pour la rai&longs;on, &
qu'ils bla&longs;ment certains pa&longs;&longs;ages, à rai
&longs;on qu'ils n'en o&longs;ent pas v&longs;er, ou qu'ils
ne les &longs;çauent pas employer comme il
ment la compo&longs;ition, & qu'ils &longs;oient iu
gez tres-excellens, & receuz pour des
raretez de la Mu&longs;ique par ceux, &longs;ur qui
la rai&longs;on, & la
force que la cou&longs;tume; de me&longs;me l'on
experimente que le peuple qui ne re
garde qu'à fes pieds, & à ce qui e&longs;t ap
parent, n'approuue pas pour l'ordinaire
ce qui va contre &longs;on &longs;ens, & ce qui &longs;em
ble combatre la cou&longs;tume, quoy qu'il
&longs;oit vtile, ou nece&longs;&longs;aire pour le bien ge
neral du public, & que ceux qui gou
uernent l'e&longs;tat, dont l'e&longs;prit penetre
iu&longs;ques au futur, & les con&longs;eils, & re&longs;o
lutions &longs;
blique, comme les rayons du Soleil par
tout le monde, pour con&longs;eruer & aug
menter la gloire, & la &longs;plendeur des
E&longs;tats, iugent qu'il e&longs;t expedient de
changer quelques cou&longs;tumes, & de fai
re de nouuelles loix, qui ne &longs;ont pas
moins vtiles, ou nece&longs;&longs;aires au bien pu
blic, que los pluyes, la neige, la glace, &
les venis à laterre, quoy que les orages
épouuantent les
rours, qui ne &longs;ont pas a&longs;&longs;ez experimen
tez, ou qui n'ont pas a&longs;&longs;ez de iugement
&longs;e de ce temps, qui leur &longs;emble &longs;i rude
& &longs;i fa&longs;cheux, que l'abondance de tou
tes &longs;ortes de fruits, dont ils auront apres
&longs;uiet de leuer les mains au Ciel pour be
nir l'Eternel, qui fait nai&longs;tre de &longs;i agrea
bles accords, de &longs;i rudes di&longs;&longs;onances,
qui fait reü&longs;&longs;ir des &longs;ai&longs;ons &longs;i e&longs;tranges à
de &longs;i grands biens, & qui tire tant de
graces, & de benedictions, pour les ré
pandre &longs;ur nous, dece qui &longs;embloit atti
rer &longs;a malediction &longs;ur nos te&longs;tes.
En effect quand nous trouuons à re
dire aux differentes rencontres, qui ar
riuent aux bons & aux mauuais, & aux
afflictions, & douleurs, dont les gens de
bien &longs;ont atteints, tandis que les mé
chants pro&longs;perent, nous &longs;ommes &longs;em
blables à la lie du peuple, quiiuge &longs;ini
&longs;trement des actions de ceux, dont il
doit &longs;uiure la conduite, & dont il ne
peut rai&longs;onnablement attendre qu'vn
heureux &longs;uccez, &longs;'il a tant &longs;oit peu de
patience.
Car il faut croire que Dieu e&longs;tant vn
tres-bon Pere ne prend iamais les ver
ges pour nous cha&longs;tier, que ce ne &longs;oit
tou&longs;iours pour nous rendre meilleurs,
nos affections des cho&longs;es mortelles, &
peri&longs;&longs;ables, afin de les porter, & de les
attacher à l'Immuable, & à l'Eternel,
& qu'il n'employe nulles di&longs;&longs;onances
dans le grand
tures, qui toutes chantent &longs;es loüan
ges, chacune à &longs;a façon, que ce ne &longs;oit
pour rendre l'harmonie qui en re&longs;ulte,
plus charmante, & plus parfaite.
Or puis que les chordes qui &longs;eruent
aux di&longs;&longs;onances ne
frent auec au&longs;&longs;i peu de contrainte d'en
e&longs;tre le &longs;ujet, comme font les chordes
qui &longs;eruent aux con&longs;onances; & qu'el
les &longs;emblent témoigner ce contente
ment par leurs petits &longs;auts, & tremble
mens, il e&longs;t rai&longs;onnable que tout hom
me &longs;e &longs;ou&longs;mette tres-
contentement à la conduite de la pro
uidence Diuine, & qu'il reçoiue égale
ment de &longs;a tres-iu&longs;te main les di&longs;&longs;onan
ces des aduer&longs;itez, & des maladies, &
les con&longs;onances des pro&longs;peritez, & de
la &longs;anté: ce qui e&longs;t tres-ay&longs;é à faire, &longs;i
l'on penetre plus auant dans le de&longs;&longs;ein
de Dieu que ne
&longs;eulement les douceurs, & les plai&longs;irs
perience leur agrée dauantage que la
&longs;peculation.
Mais ceux qui &longs;ont plus &longs;çauans, &
qui &longs;'e&longs;tudient à la Theorie de la volon
té de Dieu, & de &longs;es de&longs;&longs;eins, dans le&longs;
quels ils entrent &longs;ouuent, comme dans
le &longs;ouuerain Sanctuaire; & dont ils &longs;or
tent apres auec des &longs;atisfactions d'e&longs;
prit qui ne peuuent e&longs;tre expliquées de
la langue des hommes, &longs;ont au&longs;&longs;i con
tents de &longs;ouffrir que d'agir, & d'e&longs;tre le
&longs;uiet, ou l'obiect des di&longs;graces du mon
de, que de &longs;es faueurs, parce qu'ils re
connoi&longs;&longs;ent que Dieu les gouuerne, &
qu'il les a de&longs;tinez pour cette partie de
l'harmonie vniuer&longs;elle, tandis qu'il
duit
ctaue, & à l'vni&longs;&longs;on de la gloire eternel
le, qu'il donnera à tous ceux qui auront
bien tenu leur partie, & qui &longs;e &longs;eront
contentez du lieu qui leur a e&longs;té donné
par le &longs;ouuerain Mai&longs;tre du
de l'vniuers.
Quant à la doctrine de Socrate, il la
faut prendre au me&longs;me &longs;ens; car tant
&longs;'en faut que le
harmonic
cho&longs;es cele&longs;tes, & pour le raui&longs;&longs;ement,
& que le genre Diatonic demeure im
parfait &longs;ans leur a&longs;&longs;i&longs;tance, comme l'on
verra dans des di&longs;cours particuliers.
La quatrie&longs;me obiection e&longs;t, ce &longs;em
ble, plus difficile que les precedentes,
car il e&longs;t vray que le degré Enharmoni
que, c'e&longs;t à dire la Die&longs;e, ne &longs;ert pas or
dinairement pour pa&longs;&longs;er d'vne con&longs;o
nance à l'autre, dautant qu'elle n'en e&longs;t
pas la Quant au degré Chro
matique, à &longs;çauoir au demiton mineur,
il e&longs;t la difference des deux Tierces, &
des deux Sextes, c'e&longs;t pourquoy il le
faut receuoir comme nece&longs;&longs;aire, puis
que l'on pa&longs;&longs;e de la moindre de ces con
&longs;onances à la plus
en v&longs;e &longs;ouuent, tant aux &longs;imples recits,
qu'aux compo&longs;itions à plu&longs;ieurs voix.
Pour la Die&longs;e, endore qu'elle ne pro
cede pas de la difference des con&longs;onan
ces, comme le degré Chromatique,
neantmoins elle e&longs;t la difference du
mitom
trouuer les con&longs;onances iu&longs;tes aux en
droits du clauier des Orgues parfaictes,
qui ne &longs;'y pourroient pas rencontrer Mais ie parlerav plus ample
ment de cette Die&longs;e au di&longs;cours des de
grez qui &longs;ont nece&longs;&longs;aires à la Diatoni
que, ou dans celuy de toutes les manie
res, dont on peut pa&longs;&longs;er d'vne con&longs;o
nance à l'autre: & bien que ce degré
fu&longs;t au dela de ce que fait la nature, il
ne faudroit pourtant pas le reietter,
puis qu'elle reçoit plu&longs;ieurs ornemens,
& perfections de l'art.
Il n'e&longs;t pas be&longs;oin de parler icy du
Comma, qui e&longs;t la difference du ton
maieur & du mineur, puis qu'il ne &longs;ert
que pour trouuer les con&longs;onances iu
&longs;tes aux endroits où elles &longs;eroient im
parfaites, & pour o&longs;ter la nece&longs;&longs;ité du
temperament de l'Orgue, & des au
tres in&longs;trumens: de là
&longs;ons, & les deux touches, qui ne &longs;ont
éloignées que du Comma, ne doiuent
e&longs;tre contées que pour vne me&longs;me tou
che, & pour vn me&longs;me &longs;on, &
quemment
des, ou touches
me parfait, à proprement parler, pui&longs;
que dans l'Octaue qui commence par
F, le &longs;econd G, e&longs;t pris pour le premier;
& que dans celle qui commence par C,
comme ie fais voir ailleurs dans l'ex
plication de ces deux Octaues.
La cinquie&longs;me obiection prouue plu
&longs;to&longs;t qu'il faut admettre les petits in
terualles du genre Enharmonique, &
me&longs;me ceux de tous les autres genres
que l'on peut inuenter, puis qu'elle e&longs;t
appuyée &longs;ur le ieu de l'e&longs;prit, qui con
&longs;i&longs;te à connoi&longs;tre toutes les rai&longs;ons po&longs;
&longs;ibles. Quant à l'oreille, il &longs;uffit qu'el
le &longs;oit &longs;atis faite de la perfection des
&longs;onances
le genre Enharmonique; & ie croy que
les Compo&longs;iteurs
que la perfection de tous les accords
(qui &longs;ont diminuez, ou augmentez, &longs;ur
les in&longs;trumens ordinaites) recompen&longs;e
abondamment la difficulté que l'on
prend pour la Die&longs;e Enharmonique,
qui peut grandement enrichir la Mu&longs;i
que, &longs;i l'on en v&longs;e dextrement.
Toutesfois &longs;i les Praticiens cr
que l'v&longs;age du genre Enharmonic les
la&longs;&longs;e trop, & les rende ineptes à la &longs;pe
culation des autres cho&longs;es plus &longs;erieu
&longs;es, ou que leurs occupations ne per
mettent pas qu'ils comprennent la de-
nes'en &longs;eruir pas, & peuuent quitter la
Mu&longs;ique pour vaquer à des
plus releuées: quoy qu'il ne &longs;oit nulle
ment nece&longs;&longs;aire de les exhorter à cela,
puis que tant s'en faut qu'ils vueillent
contempler des veritez plus excellen
tes, puis qu'ils ne recherchent &longs;eule
ment pas les rai&longs;ons de ce qu'ils font
dans leurs compo&longs;ition.
Mais cette obiection ne combat nul
lement ceux qui v&longs;ent de la Mu&longs;ique,
comme d'vn doux repos pour &longs;oulager
leur e&longs;prit, & pour les porter à la con
templation de l'harmonie Cele&longs;te, qui
&longs;ert d'entretien aux bien-heureux, &
qui la ioignent au labeur, comme les
peintres ioignent les ombres aux cou
leurs, pour donner de la grace à leurs
&longs;peculations plus releuées, & pour re
tourner auec plus d'allegre&longs;&longs;e à leur
trauail ordinaire.
En effect &longs;i la Mu&longs;ique doit &longs;eruir à
quelque v&longs;age, & &longs;i &longs;a pratique a quel
que fin, elle n'en peut auoir de plus ex
cellente, apres la gloire de Dieu, qui e&longs;t
la derniere fin de toutes les cho&longs;es po&longs;
&longs;ibles, que la recreation des &longs;çauans,
e&longs;prit à la meditation des my&longs;teres de
la Religion, & à la recherche des rai
&longs;ons, qui &longs;eruent pour combatre tous
ceux qui &longs;'oppo&longs;ent à la venté infailli
ble de no&longs;tre Foy, & pour per&longs;uader cet
te verité, & les vertus qui en
à tout le monde.
La derniere obiection &longs;uppo&longs;e la
mauuai&longs;e volonté de ceux qui abu&longs;ent
de la Mu&longs;ique, & qui v&longs;ent à mauuais
de&longs;&longs;ein des petits interualles Chroma
tiques, & Enharmoniques: car le plai
&longs;ir qui en reuient, e&longs;t &longs;i cha&longs;te, & &longs;i pur,
qu'il faut e&longs;tre plus effeminé que Sar
danapale pour &longs;'en &longs;eruir à des v&longs;ages
prophanes, & la&longs;cifs: & l'on experi
mente que le bon v&longs;age de la Mu&longs;ique
n'effemine pas les auditeurs, mais qu'il
les rend plus polis, & plus vertueux, &
que de farouches qu'ils e&longs;toient, ils de
uiennent plus courtois, plus doux, &
plus accords, & con&longs;equemment plus
propres à toutes &longs;ortes d'affaires.
De là vient que l'on dit qu'Orphée
bati&longs;&longs;oit les villes auec les &longs;ons de &longs;on
Luth, parce qu'il raui&longs;&longs;oit tellement les
hommes, qui viuoient &longs;eparez, par &longs;es
rer en&longs;emble, & de faire des villes, &
des citez pour leur retraite, & pour leur
&longs;eiour: mais i'ay parlé plus amplement
de ce &longs;uiet dans vn di&longs;cours particu
lier.
Quant à ce que l'on obiecte de l'inu
tilité des Mu&longs;iciens ordinaites, que l'on
appelle Mene&longs;triers, dont plu&longs;ieurs &longs;e
&longs;eruent pour leur pa&longs;&longs;e-temps, il ne
&longs;ont pas bla&longs;mables, puis qu'ils &longs;e &longs;er
uent de leur indu&longs;trie pour entretenir
leurs familles, car encore qu'ils ne
pas &longs;i vtiles que les autres arti&longs;ans, on
les peut neantmoins tolerer dans les
Republiques, puis qu'ils ne font tort à
per&longs;onne, & que chacun peut reccuoir
quelque partie du plai&longs;ir innocent, qui
procede de leurs &longs;ons, & de leur har
monie.
Quant à ceux qui &longs;eruent à chanter
les loüanges de Dieu, on ne &longs;çauroit
leur donner trop de loüange, puis qu'ils
font l'office des Anges, & qu'ils repre
&longs;entent le Paradis dans ce monde, &
l'Egli&longs;e Triomphante dans la Mili
tante.
C'e&longs;t pourquoy ils peuuent auec tou-
les iours & les nuicts à trouuer de nou
ueaux chants, & de nouueaux char
mes dans les trois genres de Mu&longs;ique
pour éleuer tous les mortels à la con
templation des cho&longs;es diuines, & pour
échauffer & embra&longs;&longs;er leur volonté du
de&longs;ir de la Ieru&longs;alem cele&longs;te, & de l'a
mour de Dieu, afin que toutes les crea
tures, & particulierement la Mu&longs;ique,
nous &longs;eruent de degré pour paruenir à
la gloire eternelle, & pour nous vnir à
celuy, dont nous e&longs;perons toutes &longs;ortes
de biens, & de contentemens.
I'exhorte donc tous les Mu&longs;iciens du
monde à n'employer leurs
quà chanter les loüanges de Dieu, &
à &longs;'exciter les vns les autres à le louer
par ces paroles du Prophete Royal:
nunc b
mini, &c.
des Leuites, pour aduertir les autres,
tandis qu'ils pa&longs;&longs;oient les nuicts entie
res dans le Temple de
res & orai&longs;ons: & que l'on peut expri
mer par cette
l'vn de mes amis excellent Poëte, &
Theologien a compo&longs;ée.
Qui &longs;eruez purement l'Autheur de l'vniuers,
Er connoi&longs;&longs;iz la main qui lance le tonnerre,
Fauoris du Seigneur, qui vous ouure les yeux,
Venez chanter &longs;a gloire, & &longs;oyez &longs;ur la terre
Ce que pour le benir les Anges &longs;ont aux Cieux.
Saints Mini&longs;tres éleuz entre le peuple éleu, (pleu,
Qui comme &longs;es &longs;oldats veillez à &longs;es portiques,
N'en lai&longs;&longs;ez approcber &longs;ilence ny &longs;ommcil,
Et portez ju&longs;qu'au Ciel le bruit de vos Cantiques
Tant que le &longs;cin des eaux nous rende le Soleil.
beaux,
C'e&longs;t lors qu'il faut veiller auecque ces flambeaux,
Dont les rayons dorez illuminent &longs;es voiles,
Et leuant tout en&longs;emble, & vos yeux & vos snains
Publier &longs;a grandeur à l'enuy des étoiles,
Et vous rendre vn exemple au re&longs;te des humains.
Qui cognoi&longs;t le vray prix & du mal & du bien,
Te prepare vn loyer digne de &longs;a ju&longs;tice,
Qu'vn bon-heur eternel réponde à tes ferueurs,
Que quand tu le benis, luy-me&longs;me te beni&longs;&longs;e,
Et donne à ton amour &longs;es plus cheres fancurs.
e&longs;tant tirées d'vn mouuement égal, on
à'vne force égale par les deux extremi
tez, ou par vne &longs;eule extremité &longs;e rom
proient, & par quel lieu elles &longs;e rom
proient
IE &longs;uppo&longs;e qu'vne chorde d'or, d'ar
gent, de cuiure, de fer, ou de quel
que autre matiere que l'on voudra, &longs;oit
il faut voir &longs;i elle &longs;e rompra, & par quel
le partie elle &longs;e rompra.
Premierement, quelques-vns tien
nent que cette chorde ne peut e&longs;tre
puë
&longs;on qu'elle &longs;e rompe par vne partie que
par vne autre; & adjou&longs;tent que &longs;i elle
&longs;e rompoit, il faudroit qu'elle &longs;e diui&longs;a&longs;t
en toutes &longs;es parties. Ce qui ne peut
arriuer, autrement il &longs;e feroit vne diui
&longs;ion d'vne infinité de parties; ce que ie
veux expliquer par d'autres exemples,
par le&longs;quels l'on comprendra mieux
Ie commence par vne boule de fer
enfermée au centre de la terre, qui au
roit &longs;on centre conioint audit centre,
ou qui auroit &longs;es parties également ra
res, ou conden&longs;es: Car bien que toute
la terre fu&longs;t vuide, & qu'elle n'eu&longs;t que
l'écorce de &longs;a &longs;urface, neantmoins ce
fer ne pourroit monter en haut d'vn
co&longs;té ny d'autre, parce que n'y ayant
point de rai&longs;on pourquoy il monte plu
&longs;to&longs;t par vn co&longs;té que par vne autre, il
&longs;eroit
ce lieu, encore qu'il y eu&longs;t e&longs;té enfer
mé auec
l'empe&longs;che de monter.
Quelques-vns rapportent ce repos
violent, & ce defaut du mouuement à
la crainte du vuide, qui &longs;e feroit au cen
tre de la terre, &longs;i les parties du Globe
de feu montoient toutes en&longs;emble, ny
ayant pas plus de rai&longs;on qu'vne certai
ne partie commence &longs;on mouuement,
que quel qu'autre partie que ce &longs;oit.
En effect nous voyons d'e&longs;tranges ac
cidens dans la nature; qui arriuent pour
empe&longs;cher le vuide: comme quand vn
peu de poudre enfermée dans vne mi-
montagnes, & iette les ba&longs;tions entiers
par terre; ce que l'on peut rapporter à
la fuite de la penetration, qui e&longs;t au&longs;&longs;i
contraire à la nature, ou du moins qui
&longs;urpa&longs;&longs;e autant &longs;es forces, comme le
vuide.
L'on peut rapporter plu&longs;ieurs exem
ples &longs;ur ce &longs;uiect, car &longs;i l'on fait chauffer
vne bouteille vuide, & que l'on mette
&longs;on col dans l'eau, elle mont era dans la
bouteille contre la proprieté qu'elle a
de de&longs;cendre, d'autant que quand l'air
échauffé &longs;ent le froid de l'eau, & d'vn
autre air plus froid, il &longs;e re&longs;&longs;erre, & &longs;e
conden&longs;e, c'e&longs;t pour quoy l'eau monte
pour remplir le vuide que fait l'air, qui
&longs;e retire dans vn moindre lieu.
L'on rend la me&longs;me rai&longs;on des deux
co&longs;tez d'vn &longs;oufflet parfaitement bou
ché, & fermé, lequel on ne &longs;çauroit
ouurir; de deux pieces de bois, de mar
bre, ou d'autre matiere parfaitement
planes, le&longs;quelles e&longs;tant mi&longs;es l'vne &longs;ur
l'autre ne peuuent e&longs;tre &longs;eparees, &longs;i on
les tire perpendiculairement, car on les
peut &longs;eparer par vn mouuement hori
zontal, auquel il n'y a nul peril du vui-
qui &longs;'enfle, de peur que l'air échauffé ne
lai&longs;&longs;e du vuide en &longs;e conden&longs;ant: des
tonneaux, ou des bouteilles, qui ne
perdent point leurs liqueurs, encore
qu'elles &longs;oient ouuertes en bas, dautant
que s'il en tomboit quelque goutte, il
&longs;e feroit du vuide au fond du vai&longs;&longs;eau,
parce que l'air ne peut &longs;ucceder. Quoy
que s'il &longs;e fait quelque rarefaction dans
la liqueur, il en peut &longs;ortir quelque par
ties, &longs;ans qu'il &longs;oit be&longs;oin que l'air y en
tre.
Il y a mille autres effects que l'on peut
attribuer au de&longs;ir que la nature a de fuir
le vuide, ou au de&longs;ir quelle a que &longs;es
parties &longs;oient vnies, dont l'experience
&longs;e void aux tuyaux courbez de verre, de
fer, ou d'autre matiere: Car &longs;i l'on men
l'vne de leurs extremitez dans vn
dans vn tonneau, dans vne fontaine,
&c. & que l'autre extremité de dehors
&longs;oit plus ba&longs;&longs;e que la liqueur de dedans,
&longs;i to&longs;t que l'on aura tiré la liqueur auec
la bouche, ou que l'on aura remply le
tuyau d'vne &longs;emblable liqueur, ou de
telle autre que l'on voudra, le &longs;iphon
coulera perpetuellement iu&longs;ques à ce
pris les trois e&longs;peces de Quarte, comme
i'ay dit ailleurs.
L'on pourroit encore &longs;'imaginer qu'ils
ont fondé toutem Mu&longs;ique &longs;ur le Tre
tachorde, à rai&longs;on que leurs premiers
in&longs;trumens n'auoient que 4. chordes,
dont on peut tirer toutes &longs;ortes de
perimente &longs;ur les
les
&longs;i tout ce que l'on peut &longs;'imaginer, com
me ie diray dans le liure des In&longs;tru
mens.
Il ne faut pourtant pas &longs;'arre&longs;ter à ce
nombre de chordes, &longs;oit qu'ils ayent
voulu repre&longs;enter le nombre des éle
ments, ou les 4. &longs;ai&longs;ons de l'année, ou
quelqu'autre quaternaire de cho&longs;es par
leurs 4. chordes, ou qu'ils les
dautant que l'on &longs;çait que plu&longs;ieurs au
tres ont mis 7. chordes &longs;ur leurs in&longs;tru
mens, comme
des Tableaux de Philo&longs;trate, & en plu
&longs;ieurs reuers de medailles; & que les
autres ont vsé de 8. ou 9. chordes, &
les autres de trois &longs;eulement, comme
Mercure, dont parle Diodore: mais ie
parleray plus amplement du nombre
de ces chordes dans vn liure particu
lier.
Car ie veux employer le re&longs;te de ce
di&longs;cours à l'examen du quaternaire,
qu'ils ont peut e&longs;tre choi&longs;i, parce qu'il
repre&longs;ente tous les nombres, dautant
que &longs;es parties e&longs;tant adiou&longs;tées font
dix, qui finit, ce &longs;emble, tous les nom
bres, puis qu'il comprend le nombre
pair, & l'impair, le quarré, le cube, &
le premier compo&longs;é, comme remarque
Ari&longs;tore dans le; Proble&longs;me de la 15.
&longs;ection, où il dit que le dix e&longs;t la fontai
ne, & le principe des nombres, parce
qu'il e&longs;t composé d'vn, de 2, de 3, & de
4, que les Thraces ne pa&longs;&longs;oient nulle
ment en
memoire &longs;i courte, ou l'imagination &longs;i
foible qu'ils ne peu&longs;&longs;ent
ques à 4. ce qui n'e&longs;t pas vray &longs;embla
ble, attendu que les 5. doigts de la main
apprennent du moins à conter iu&longs;ques
à 5. & ceux des 2. mains iu&longs;ques à dix;
où qu'ils ayent voulu &longs;ignifier que l'on
peut trouuer toutes les parties tant ali-
tes du dix dans le quaternaire, car l'on
y trouue premierement 1. 2. 3. & 4; &
puis 5. en adiou&longs;tant 1. à 4. ou 2. à 3; &
6. en adiou&longs;tant 2. à 4; 7. en
4. à 3; 8, en adiou&longs;tant 1, 3, & 4; 9, en
adiou&longs;tant 2, 3 & 4; & finalement dix,
en adiou&longs;tant 1, 2, 3 & 4.
Ari&longs;tote rapporte encore vn autre
priuilege du nombre denaire, à &longs;çauoir
qu'il a dix proportions, ou analogies,
dans le&longs;quelles 4. cubes &longs;ont
ce qui e&longs;t &longs;i mal ai&longs;é à expliquer, que
Pierre de Appono y a trauaillé 4. ans,
au bout de&longs;quels il dit, qu'vne lumiere
particuliere luy fei&longs;t conceuoir que dix
fois dix, c'e&longs;t à dire 100. contiennent
les 4. premiers cubes, à &longs;çauoir 1, 8, 27,
& 64, le&longs;quels e&longs;tant adiou&longs;tez font
cent: mais outre qu'il n'explique pas,
comment le
4. cubes, & qu'Ari&longs;tote ne parle pas du
nombre de cent, mais de celuy de 10. il
ne
tient
expliquer des 10. termes qui &longs;e &longs;uiuent
en
commençant par l'vnité: par exemple
256, & 512, dont le premier, le 4, le 7, &
& le dernier &longs;ont 4. cubes, par le 8. du
9. des élemens, s'il e&longs;toit &longs;eulement
que&longs;tion de 10. termes analogiques, &
proportionels: mais puis qu'Ari&longs;tote
parle des 10. analogies, il faut les trou
uer dans le nombre denaire, ou confe&longs;
&longs;er qu'il n'a pas parlé proprement, ou
qu'il n'a pas bien entendu le mot d'a
nalogie, car il faut 12. termes pour fai
re 10. analogies.
C'e&longs;t pourquoy
le &longs;ens de ce Proble&longs;me pris à la rigueut
qu'en di&longs;ant que les 10. Analogies
pri&longs;es
les qui ont les 10. nombres qu'il con
tient, qui &longs;ont les racines, & la vertu
des 10. analogies qui &longs;uiuent, dont. la
premiere e&longs;t de l'vnité, qui e&longs;t &longs;a raci
ne, &longs;on quarré & &longs;on cube: la 2. e&longs;t de
la me&longs;me vnité, qui &longs;ert tou&longs;iours de
premier terme à chaque proportion,
comme l'on void icy 1, 1, 1:1, 2, 4:1, 3,
9:1, 4, 16:1, 5, 25:1, 6, 36:1, 7, 49;
1, 8, 64:1, 9, 81:1, 10, 100.
Par où l'on reconnoi&longs;t que la dernie
re analogie &longs;e termine au quarré de 10.
cines des 4. cubes, qui font au&longs;&longs;i le
bre
comme dans &longs;a &longs;ource, & dans &longs;on ori
gine. Or ie veux encore remarquer
quelques autres cho&longs;es du
ternaire, & du denaire: par exemple,
que la premiere, ou la moindre partie
de 4. e&longs;tant adiou&longs;tée à 4. fait autant
que &longs;es 2. autres parties du milieu 2. &
3. adiou&longs;tées en&longs;emble, à &longs;çauoir 5. &
con&longs;equemment que ces 2. additions
re&longs;tituent le nombre denaire. En apres,
que 4. e&longs;t &longs;equitierce de &longs;es parties ali
quotes, & con&longs;equemment qu'il con
tient la rai&longs;on de la Quarte, ou du Te
trachorde, dont nous auons parlé: 3.
que toutes &longs;es parties, à &longs;çauoir 1, 2, &
3. e&longs;tant adjou&longs;tées font 6. qui e&longs;t &longs;e&longs;
quialtere de 4; & parce que ces 2. rai
&longs;ons font la rai&longs;on de l'Octaue,
dire que 4. repre&longs;ente toute la Mu&longs;i
que.
Quant à 10. (qui contient tellement
tous les autres nombres, que ceux qui
&longs;ont par delà ne &longs;ont autre cho&longs;e que la
repetition des precedens) &longs;es parties
font 45. qui e&longs;t quadruple &longs;e&longs;quialtere
de 10. lequel e&longs;tant adiou&longs;té au&longs;dites
parties fait 55. qui e&longs;t &longs;e&longs;quitiere de 45.
mais il e&longs;t &longs;e&longs;quiquarte de &longs;esparties ali
quotes qui font 8. au&longs;quelles e&longs;tant ad
iou&longs;té, il fait 18. qui e&longs;t double &longs;e&longs;qui
quarte de 9. à 4.
Or encore que l'on ne pui&longs;&longs;e trouuer
la rai&longs;on des cho&longs;es naturelles dans les
nombres, parce que nous ne connoi&longs;
&longs;ons pas les principes naturels, ils ont
neantmoins de merueilleu&longs;es rencon
tres, qui peuuent &longs;eruir de conduite à
l'e&longs;prit, pour contempler la nature des
cho&longs;es, car cha&longs;que nombre a quelque
proprieté particuliere, qui ne peut con
uenir aux autres, c'e&longs;t pourquoy ilpeut
&longs;eruir de charactere pour repre&longs;enter
chaque e&longs;pece, & cha que indiuidu.
Par exemple, l'vnité e&longs;t propre pour
nous faire conceuoir la Diuinité, le
bre
le double, c'e&longs;t à dire 240. & le me&longs;me
240. dont les parties aliquotes font le
triple, vn moins, & tous les autres
nombres abondans peuuent &longs;ignifier
les natures les plus fecondes, & les
parfaite amitié de 2. per&longs;onnes,
que les parties aliquotes de 220. font
284. & celles de 284. re&longs;tituent 220.
comme &longs;i ces deux nombres n'e&longs;toient
qu'vne me&longs;me cho&longs;e.
Or il importe fort peu &longs;i ie n'ay pas
rencontré la vraye rai&longs;on pour laquelle
ils ont plu&longs;to&longs;t choi&longs;i ce
des qu'vn plus grand,
que nombre que l'on en prenne, le tout
reuient à vne me&longs;me cho&longs;e, pourueu
que l'Octaue, & lesautres con&longs;onances
&longs;oient parfaites.
me &longs;uppo&longs;e Ari&longs;tote dans le 27. Proble&longs;
me de la
propres à exciter les paßions de l'homme
que les couleurs, les &longs;aueurs, & les odeurs
&c. & pourquoy les &longs;ons ont cette vertu
& cette pui&longs;&longs;ance.
ARi&longs;tote nous donne &longs;uiet de di
courir de cette matiere, lors qu'
que de tous les obiects des &longs;ens il n'y a
que le &longs;on qui &longs;oit propre pour former
les mœurs, à rai&longs;on qu'il con&longs;i&longs;te dans
vn mouuement, qui ne &longs;e remarque pas
dans les couleurs, dans les odeurs, ou
dans les &longs;aueurs, & que les actions ont
vn &longs;emblable mouuement, de &longs;orte
qu'il prend l'imitation pour
de &longs;a &longs;olution, qui doit, ce me &longs;emble,
s'expliquer en cette maniere. Le mou
uement des &longs;ons e&longs;t &longs;emblable aux
actions, par le moyen de&longs;quelles on ac
quiert les habitudes de la vertu, & par
le&longs;quelles on e&longs;t
con&longs;equemment ils &longs;ont propres pour
exprimer, & pour former, & con&longs;eruer
les mœurs, pui&longs;que chaque cho&longs;e e&longs;t
engendrée, & con&longs;eruee par &longs;on &longs;em
blable.
En effet l'on experimente que nos
actions &longs;e font par le mouuement, qui
produit vne habitude, lors qu'il e&longs;t &longs;ou
uent repeté: de là vient que l'on
à chanter par habitude: ce qui n'ar
riue pas aux autres &longs;ens, qui &longs;uppo&longs;ent
leurs obiects tous faits, mais chacun
peut
le: ce qui n'arriue pas aux couleurs,
aux odeurs, & aux &longs;aueurs, qui &longs;ont
hors de nous, & qui ne &longs;ont pas dans
no&longs;tre pouuoir: De là vient que nous
aymons mieux les &longs;ons, parce qu'ils dé
pendent, ou qu'ils peuuent dependre
de nous, cette dependance nous for
çant qua&longs;i à aymernoz effects, comme
l'on experimente aux parens, qui
ment
que difformes, que ceux des autres, en
core qu'ils &longs;oient plus beaux. Ce qui
arriue &longs;emblablement à ceux qui font
des liures, des tableaux, ou d'auties on
urages à rai&longs;on qu'ils dépendent d'eux:
or l'on remarque cét amour, & cette
affection que l'on a pour les &longs;ons; lors
que l'on chante quelquefois &longs;ans pen
&longs;er à ce que l'on fait, quoy que l'on imi
te les chants que l'on a oüys.
Quant aux couleurs, on les tient qua
&longs;i in differentes, à rai&longs;on qu'elles ne de
pendent pas de nous, & qu'elles n'ont
nul
& à noz pa&longs;&longs;ions, comme ont les &longs;ons,
qui &longs;eruent à exprimer les douleurs, les
plai&longs;irs, la cholere, & les autres affe-Par
où l'on peut
ciens fai&longs;oient chanter leurs Loix, dont
il e&longs;t parlé au 15. & au 28. Proble&longs;me
de la
loient leurs chan&longs;ons
que l'on retient plus ay &longs;ément ce qui &longs;e
chante, parce que le mouuement du
chant e&longs;tant plus grand, & mieux reglé
que celuy de la parolle, dont on v&longs;e or
dinairement dans les di&longs;cours, fait vne
plus forte impre&longs;&longs;ion &longs;ur l'e&longs;prit des au
diteurs, & particulierement &longs;ur les en
fans, au&longs;quels ont peut apprendre les
Loix auant qu'ils les pui&longs;&longs;ent compren
dre par rai&longs;on, parce que leur e&longs;prit, &
leur memoire e&longs;t &longs;emblable à vne ta
ble d'attente, la quelle e&longs;t &longs;u&longs;ceptible
de toutes &longs;ortes de couleurs.
De là vient qu'ils
ce qu'ils ont appris en leur ieune&longs;&longs;e,
les parens, & les mai&longs;tres doiuent v&longs;er
à leur aduantage, afin de leur imprimer
les Loix, & la crainte de Dieu, qui doit
e&longs;tre le fondement de toute leur vie, &
de leurs actions, puis qu'elle e&longs;t la fon
taine de la vie, dans les Prouerbes cha
pit.14. & qu'elle e&longs;t le commencement Or pui&longs;que les mœurs &longs;e
forment par les actions, & que les
&longs;e font par des mouuemens, il faut v&longs;er
des &longs;ons, qui imitent le&longs;dits mouue
mens: ce qui e&longs;t difficile à connoi&longs;tre,
& à executer, car il faut &longs;çauoir les
chordes, qui
l'e&longs;prit les vnes que les autres, & com
bien de fois chacune doit e&longs;tre touchée
pour paruenir au de&longs;&longs;ein que
po&longs;e, & con&longs;equemment quelles chor
des il faut lai&longs;&longs;er, & de quels interual
les on doit v&longs;er, car les vnes &longs;ont pro
pres à l'amour, les autres à la tri&longs;te&longs;&longs;e, &
les autres à la ioye, & à la cholere.
Mais auant que de pa&longs;&longs;er plus outre,
il faut remarquer que la que&longs;tion pro
po&longs;ée par Ari&longs;tore peut e&longs;tre reuoquée
en doute, parce que l'on experimente
que les couleurs, les &longs;aueurs, & les
odeurs ont vn grand pouuoir &longs;ur nos
pa&longs;&longs;ions, car comme vn tableau, ou vn
vi&longs;age tri&longs;te, & mal proportionné nous
fa&longs;che, & nous déplai&longs;t, de me&longs;me les
excellents tableaux, & les beaux vi&longs;a
ges nous raui&longs;&longs;ent de contentement, &
l'on rencontre des tableaux du vi&longs;age
de no&longs;tre Sauueur, que l'on ne peut
de
que &longs;orte de crainte, & de frayeur: ce
qui arriue &longs;emblablement lors que l'on
enui&longs;age de certaines per&longs;onnes, dont
le front, les yeux, & les autres parties
du vi&longs;age &longs;ont remplies d'vne &longs;i grande
maie&longs;té, & ont vne &longs;i grande pui&longs;&longs;ance,
qu'ils impriment tels
veulent, &longs;oit de crainte, & de reueren
ce, &longs;oit de réioüi&longs;&longs;ance, ou de tri&longs;te&longs;&longs;e,
&longs;ur ceux qui les
De &longs;orte que l'on peut dire que l'im
pre&longs;&longs;ion qui &longs;e fait dans l'ame par les
yeux e&longs;t du moins au&longs;&longs;i pui&longs;&longs;ante que
celle qui &longs;e fait par les orcilles. L'on ex
perimente &longs;emblablement que les &longs;a
ueurs, & les odeurs ont vne grande
pui&longs;&longs;ance &longs;ur l'e&longs;prit, car la &longs;aueur ame
re, & l'odeur puante nous fa&longs;chent ex
tremément: & &longs;i l'on remarquoit au&longs;&longs;i
exactement les differens degrez des &longs;a
ueurs depuis la plus amere, & la plus
fa&longs;cheu&longs;e iu&longs;ques à la plus douce, & la
plus agreable, comme
differens degrez des &longs;y&longs;temes de la Mu
&longs;ique, l'on trouueroit, peut-e&longs;tre, qu'el
les ont des effects au&longs;&longs;i grands &longs;ur l'e&longs;-
&longs;equemment on pourroit e&longs;tablir des
rai&longs;ons, & des proportions harmoni
ques entre les &longs;aueurs, & les odeurs,
me
En effet les differentes odeurs ap
portent de grands changemens aux e&longs;
prits, comme l'on experimente dans
les Egli&longs;es, dont les &longs;uffumigations, &
les
& dans les Ho&longs;pitaux, dans les pri&longs;ons,
& dans les autres lieux renfermez, qui
rendent les e&longs;prits lents, tri&longs;tes, & he
betez, & qui font mal au cœur: & lors
que
d'œillets, de mariolaine, de ia&longs;min, de
giroflées, & de ro&longs;es, la vapeur, & les
douces fuméesde ces fleurs qui embau
ment l'air, charment l'e&longs;prit de leur
douceur, & l'enchantent au&longs;&longs;i douce
ment que les concerts les plus raui&longs;
&longs;ants: de &longs;orte que les odeurs, au&longs;&longs;i bien
que les &longs;aueurs, & les couleurs, peuuent
di&longs;puter, & débatre de la préeminence,
& de la pui&longs;&longs;ance qu'elles ont &longs;ur l'e&longs;
prit de l'homme contre les &longs;ons; bien
qu'ils &longs;oient beaucoup plus excellents,
&longs;il'on con&longs;idere le di&longs;cours, au&longs;quels ils
iey des &longs;ons, & non de la parolle.
Il faut neantmoins conclurre que les
&longs;ons, & les chants &longs;ont plus propres que
les obiects des autres &longs;ens pour exciter
les pa&longs;&longs;ions, dont Felix Accarombon
rapporte la cau&longs;e aux differents mou
uemens, c'e&longs;t à dire aux me&longs;ures
& briefues des chan&longs;ons, à rai&longs;on que
le mélange des temps imite les actions
qui produi&longs;ent les pa&longs;&longs;ions. Mais la
&longs;eule melodie a de la force &longs;ur les pa&longs;
&longs;ions, encore que les differentes notes
ne changent point de me&longs;ure, comme
l'on
te, & de la Tierce mineure, qui exci
tent la tri&longs;te&longs;&longs;e, & à tous les chants qui
fini&longs;&longs;ent par les
&longs;es: quoy qu'il &longs;oit certain que les dif
ferentes me&longs;ures adiou&longs;tent vne gran
de force à la melodie
dit ailleurs, & que la rythmique ayt
toute &longs;eule beaucoup de pui&longs;&longs;ance &longs;ur
l'e&longs;prit &longs;ans la melodie, comme l'on re
mar que aux battemens du tambour, &
dans plu&longs;ieurs autres mouuemens.
Or la rai&longs;on de cette pui&longs;&longs;ance que
les &longs;ons
ils frappent le tympan, ou la membra
ne de l'oreille, & con&longs;equemment les
e&longs;prits de l'oüye: par exemple, lors que
l'on chante par l'interualle de la Sexte
mineure en montant pour exciter la
tri&longs;te&longs;&longs;e, les e&longs;prits &longs;ont premierement
frappez 5. fois par le &longs;on graue, & puis
8. fois dans vn temps égal par le &longs;on ai
gu, c'e&longs;t pour quoy il faudroit con&longs;ide
rer pourquoy 8. coups, ou le
dont la force e&longs;t comme 8, a la pui&longs;&longs;an
ce d'exciter la tri&longs;te&longs;&longs;e, lors qu'il &longs;uit im
mediatement apres le battement, dont
la force e&longs;t comme 5: ce que l'on peut
&longs;emblablement con&longs;iderer dans les au
tres interualles.
Quelques-vns &longs;imaginent que les
loit toucher les vnes apres les autres
pour exciter toutes &longs;ortes de pa&longs;&longs;ions,
& qu'ils auoient e&longs;tably des loix pour
ce &longs;uier, parce qu'ils li&longs;ent dans Platon,
& dans Ari&longs;tote qu'ils auoient vne ma
niere de Mu&longs;ique pour exciter la cho
lere, & vn autre pour l'appai&longs;er: & que
Timothée mettoit Alexandre le
en cholere quand il chantoit, ou qu'il
mens: mais nous ne voyons nul ve&longs;tige
dans ces Philo&longs;ophes qui pui&longs;&longs;e
peu per&longs;uader qu'ils ayent connu les
pa&longs;&longs;ions, & leurs mouuemens iu&longs;ques
à vn tel point, qu'ils ayent peu e&longs;tablir
des &longs;ons, ou des chants pour émouuoir,
& pour appai&longs;er chaque pa&longs;&longs;ion.
En effect, &longs;'il y eu&longs;t eu des genres,
des e&longs;peces, ou des modes de Mu&longs;ique
du temps de Platon, ou d'Ari&longs;tote, dont
les effects eu&longs;&longs;ent e&longs;té &longs;i &longs;ignalez, & qui
eu&longs;&longs;ent eu vn tel a&longs;cendant &longs;ur les pa&longs;
&longs;ions, & &longs;ur l'e&longs;prit des auditeurs, ils
eu&longs;&longs;ent beaucoup mieux fait d'en&longs;ei
gner cét art aux hommes, que la Mo
rale, & la Politique, dont ils ont traité,
car il n'y a point de Rethorique a&longs;&longs;ez
pui&longs;&longs;ante pour faire quitter l'enuie, la
cholere, l'amour, & les autres pa&longs;&longs;ions,
lors qu'elles &longs;ont enracinées dans l'e&longs;
prit; & les Anciens confe&longs;&longs;ent eux
me&longs;mes qu'ils n'ont point trouué de re
medes pour appai&longs;er les grandes tri&longs;te&longs;
&longs;es: & &longs;ils eu&longs;&longs;ent eu des &longs;ons, & des
chants pour ce &longs;ujet, ils n'eu&longs;&longs;ent eu nul
be&longs;oin de la fiction de leur Nepenthe, &
de leurs boi&longs;&longs;ons imaginaires, pour ap-
pa&longs;&longs;ions. Mais i'ay parié plus ample
ment de cecy dans vn autre lieu, où i'ay
mon&longs;tré que nul des Anciens n'a mieux
entendu la Mu&longs;ique que nous, afin que
l'on ne &longs;oit pas tellement préocupé de
leurs écrits, & de leurs hi&longs;toires, que
&longs;uiue plu&longs;to&longs;t leur imagination, & leurs
fautes, que l'experience, & la rai&longs;on.
Carie ne doute nullement que la Mu
&longs;ique ne &longs;oit maintenant dans vne au&longs;
&longs;i grande
&longs;oit que l'on con&longs;idere l'harmonie de
plu&longs;ieurs parties, ou la melodie, & la
conduite d'vne &longs;eule voix, ou la gran
deur, la bonté, la beauté, & la multitu
de des in&longs;trumens: &longs;i ce n'e&longs;t que l'on
die qu'ils auoient des voix plus nettes,
plus fortes, & meilleures que nous: ce
qu'il faudroit prouuer auant que de le
croire.
&longs;ons, pour e&longs;tre les plus excellentes de tou
tes celles qui &longs;e peuuent imaginer.
PVis que la perfection de chaque
cho&longs;e con&longs;i&longs;te en &longs;on e&longs;&longs;ence, en &longs;es
&longs;on excellence doit e&longs;tre me&longs;urée &longs;elon
&longs;es principes, ou &longs;uiuant la fin, à laquel
le elle e&longs;t de&longs;tinèe, ie dis que la chan&longs;on
qui aura tout ce qui e&longs;t requis à &longs;a
fectiom
née à &longs;a fin &longs;era la plus excellente de
toutes.
Or elle aura toutes &longs;es parties, lors
qu'elle répondra parfaitement àla let
tre & au &longs;uiet que l'on
ra iamais e&longs;tre plus
elle aura le &longs;uiet le plus excellent de
tous, qui con&longs;i&longs;te a décrire les
& les loüanges de Dieu, & l'amour &
l'ardeur dont nous
nellement.
D'où il e&longs;t ay&longs;é de conclurre, que tou
tes les
d'autre &longs;uiet que les profanes, & qui ne
contiennent autre cho&longs;e que les loüan
ges des hommes, qui ne &longs;ub&longs;i&longs;tent le
plus &longs;ouuent que dans les flatteries, &
qui n'ont point d'autre &longs;ou&longs;tien que la
vanité & le
parfaites, puis que la verité leur
&longs;ans laquelle il n'y a nulle perfection, &
quelles &longs;ont priuées du &longs;uiet qui rauit
eternel à tous les prede&longs;tinez, & les
bien-heureux. Quant aux autres con
ditions nece&longs;&longs;aires pour faire des
& des airs raui&longs;&longs;ans, i'en parleray dans
vn liure particulier, carie veux finir cet
tuy-cy par ces vers qui
chanter les loüanges de Dieu.
Hyuer couronné de glaçons,
E&longs;té qui meurit les moi&longs;&longs;ons,
Printemps qui fait fleurir les ro&longs;es,
Gre&longs;les, neiges, broüillards épais
Loüés le Seigneur à iamais
Celebrez &longs;on nom adorable,
Tout ce qu'il produit e&longs;t parfait
Et cét vniuers admirable, (fait.
De &longs;on diuin pouuoir n'e&longs;t qu'vn petit ef
Theatre famcux des naufrages
Mer dont les flots impetueux
Viennent d'vn pas re&longs;pectueux
Bai&longs;er le &longs;ablon des riuages,
Creux & va&longs;te empire du venti,
Dont le calme e&longs;t &longs;i deceuant,
Molle ceinture de la terre,
Lien de cent peuples diuers
Champ de la paix & de la guerre,
Beni&longs;&longs;ez à iamais l'Autheur de l'vniuers,